M. DE COURTE- VUE
M. le vicomte , je vous demande pardon , mais les intentions de ces gens-là crèvent les yeux. Que signifie donc cette histoire de Galilée , qui prétend , malgré les arrêts de la cour de Rome et des saints évêques , mal- ^*é ses juges qui le condamnent à la prison , qrïe la terre tourne?- Ne voyez-vous pas que cela veut dire leurs progrès des lumières ^ c'est-à-dire les progrès de Tanarchie et du désordre? Que veut' dire, à propos de la girafe 9 cette plaisanterie sur les bêtes qui ne font
Eas de mal ? ParUeu ! M. le vicomte , nous pouvons ien en prendre nôtre part, eVk coup sûr leurs excellences MM. les ministres y sont bien pour quelque chose.
lE PRÉFET.
Ah! monsieur, votre interprétation est une injure; et pour ce qui me concerne, je' vous remercie de Tapplication.
M. DE cbÙRTE-VUE.
Plus
compter le plui trône. L'anarchie est dans tous les cœurs; la liberté c'est la licence, Tégalité c'est le désordre; les enfans se croient de grands hommes , et Tignorance s'est affublée du bonnet de docteur. La corruption est universelle, la philosophie moderne , qu'il ne faut pas con-
(8) fondre avec rancienae, a semé partout ses poisons; le mot REVOLUTION est écrit sur le . front de tous ces hommes de rien qui veulent être quelque chose. Ah!
i'e dois le dii*e , les temps prédits arrivent , le règne de 'Antéchrist se prépare , le libéralisme n'est autrie chose que la grande bête décrite dans TApocaljpse; et an milieu des ruines, entourés des lambeaux du corps social, les défenseurs de la religion et de la légitimité doivent se préparer aux plus effroyables catastrt^es. {Pendant cette tirade j lajigmre de M. de Coarte-Fwe exprime la plus violente agitation^ tandis qme le corps immobile est dans une roideur presque tétanique^ et que taxmnt-bras droit remonte et descend d^mme mer nière régulière et comme mécanique» }
LB PRÉFST.
Allons, allons , M. de Courte- Vue, calmez-vous. Tons n'avez pas toujours vu les choses si en noir, et vos emp#rtemens d'au jourd^ui pourraient faire penser qae TOUS voulez faire oublier vos emportemens d'autrefois.
H. DE GOURTE-VUE.
Allez- VOUS aussi , H. le vicomte , me jeter au nés des discours oubliés ? Savais-je alors ce que je voulais? Aujourd'hui nous le savons, il faut sauver la religM^^ et la monarchie; et pour cela, il faut que la censure soit impitoyable. Biffez^moi toutes ces observations philosophiques , toutes ces discussions sur des droits
S rétendus naturels, toutes ces critiques contre les sages octrines de notre Gazette ultramontaine. Que ces messieurs, tout eu respectant les hommes en place, exercent leur esprit, s'ils en ont, sur les bévues de Tadministration , ils ne manqueront pas d'occupation»
LE PREFET
Je vous remercie de la préférence*
M. DE OOURTE-YDE.
Bu reste ^ tous ces gens-là, il faut les mener comme
des nègreç. ( // pa pour sortir^ et retient sur ses pas» ) A propos / M. le yicomte1| ayez-vous vu mes chevaux 9
LE PRÉF£T| riant.
Moi ! mon Dieu non !