‹ Censure de 1827Chapitre 10 sur 91 · POLÉMIQUE · texte numérisé non relu

POLÉMIQUE

— Plusieurs lirochures ont paru depuis la renaissance de la censure. Le public n'a pas besoin qu'on Fentretienne des belles pages de M. de Chateaubriand. Les écrits du noble pair ne sont pas de ceux qu'on loue , mais de ceux qu'il feut toujours lire et relire. Une cause qui est ainsi défendue né risque pas de périr.

— M. Pages a publié , sous le titre de Lettre à M. de Lourdoueix , président de la commission de censure, une pfailippique remarquable par la chaleur de son indignation. Cette indignation trouve une explication particulière dans les fidts dont l'auteur se plaint. On voudrait pouvoir transcrire ses pages brûlantes de colère et de

mépiis. Editeur de la France chrétienne , jour nal politique du côté gauche , il signale le plus audacieux attentat qui se pu&se^'imaginer.

La censure refuse de viser ses feuilles. Les huissiers lui refusent leur ministère pour sommer les censeurs de faire leur métier. C'est ce que M. de Chateaubriand appelle le déni de censure , le déni d'esclavage. Ainsi voilà un journal supprimé , une propriété particulière détruite 9 une tribune puliflique renversée par le bon plaisir d'un censeur. On ne savait pas que le nous extraordinaire d'une ordonuance royale recevrsdt cette interprétation et cette latitude. 11 est bien d'observer qu'ici il y a renversement de la lettre et de l'esptît âe toutes les lois.

— MM. Méry et Barthélémy , in&tigables à traiter la satire comme le ministère à l'alimenter , ont publié une brochure en vers sur la censure. On ne parlera pas ici de cet écrit. On ne saurait y voir de bonnes pages , si par hasard il y avait une mauvaise action.

Cette expression est-èlle trop sévère pour le tort qu'ont eu les auteurs de maintenir parmi les noms qu'ils poursuivent de leurs traits ceux des honorables professeurs qui ont montré leur respect pour les lettres en refusant leur concours à l'op-

pression de la pensée? Il valait mille fois mieux brûler tout Popuscule que conserver cette page ingrate et iniqtie.»Il y a là une légèreté injurieuse qui sent l'ancien régime. Que ceux qui le combattent avec le plus d'ardeur ne soient pas les premiers à l'imiter.

— M. Alexis de Jussieu , jeune avocat qui porte dans la politique et le barreau un nom célèbre dans les sciences , a fait paraître un écrit mtitulé : Comment se/ont les révolutions. On y trouvera de la verve et de l'ame. Cet écrit se vend au prix modique de 26 cent. L'auteur rapporte que les censeurs ont, pour rentrer le soir dans leurs foyers , des fiacres et des gendarmes à leurs ordres. Si on n'avait pas détruit la garde nationale , ces douze légions aiu^aient pu être employées à protéger les six illustres vies.

— M. de Sal vandy publie ce matin une lettre à M. le rédacteur du Journal des Débats sur l'état des affaires publiques. On sait qu'il prend les choses de plus loin et de plus haut que la censure. C'est tout ce qu'il nous est possiblç de dire d'un écrit qui n'a pas encore paru.

— ^On annonce des brochuresdeM.HydedeNeuville, deM. Jay , de M. deKératry. M. Hydede Neuville a de nouveaux témoignages de dévouement à donner dans les circonstances pénibles où

est la France , et c'est un devoir auquel il ne sait pas mianquer. M. Jay ne se contente pas des colonnes opprimées d'un journal pour faire arriver ses opinions au public. M. de Kératry fera difficilement quelque chose d'aussi puissant de raison et de dignité que l'admirable discours dont la France gardera long-temps le souvenir.

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