LITTÉRATURE HISTORIQUE
La censure ne permet pas d'annoncer un ouvagefort inoffensif, fort étranger aux circonstances graves du jour, mais où l'inquisition n'est pas célébrée. Ce sont les Mémoires de don Juan Van Halen , chef d'état-major d'une des divisions de l'armée de Mina, en i8a2 et i823 (i).
Dans un temps fécond comme le nôtre en grandes
catastrophes^ et où l'importance des individus disparaît
presque entièrement devant la gravité des faits , il faut
que l'histoire d'un homme se recommande par une ré-
(i) La première partie , contenant le re'cit de sa captivité dans les cachots de l'inquisition d'Espagne en 1817 et 1818, de son évasion , etc ', accompagnée des pièces justificatives ^ et ornée du portrait de Fauteur, des fac'simile des signatures des inquisiteurs, etc. I Tol. in-B**, prix : 7 francs. Chez Jules Renouard , libraire , rue de Toumon,. n. 6. ( La seconde partie est sous presse, et paraîtra très-prochainement. ]
union â*èfio€mtm bien élnuigeft et ptr wm taie bien oriipuiakypoiir ne poiiapasMriiiapeiçiie. C*( sons cet aspect qne te piéflenteat les Mémoires de D. Joan Tan Halen.
Associé 4 toot ce qne l'Espagne renfeimait de citoyens secrètement nnis pour ùârt triompher la cause de la liberté ; jeté dans les cacbots de rinqiiisîtîon, ci, par une exception cmdle, sonmîs à la question, alors qoe depuis un siècle l'inquisition laissait reposer ses instramens de torture; délirré d'une manière miraculeuse; pais brarant, pendant quatre mois, les inquisiteurs au sein même de la capitale jusqu'à ce qne TexpatriatioB le conduisît, aecompa^é d'un ami détoné, snr le rira^ d'Angleterre : voilà, en quelques mots, la première période de la rie de Van Halen.
La seconde partie offrira des scènes d'un intérêt différent. On y Toit Van Halen à Pétersboorg , à Moscou , à Téflîs , combattant, à la tête d'une colonne russe , sur les sommets du Caucase. C'est là qu'il reçoit la nouTeDe de la réTolution ' de son pays, dont mille lieux le séparent.
n s'empresse de partir accompagné des yœux du général Yermolow, dont il arait conquis Pestime, et, après quarante jours de luttes contre la police autrichienne , il arriye au pied des Pyrénées , prêt à yerser de nouyeau son sang pour sa patrie.
Rentré en Espagne , à peine uni à la sœur de Quiroga, on le Toit défendre sans relâche , en Catalogne, la cause pour laquelle il ayait déjà tant souffert, et payer son déyouement par un nouyel exil.
Le récit d'événemens si multipliés, si variés, si poétie ques, ne peut être indigne de l'attention du public. On
sentira y après la lecture de cet oiiyrage , que Tauteur a faitpreuTe de boD esprit, en ne cherchant pas à releyer, par des omemens étrangers , la simplicité du récit. Quant aux pièces justificatives, on aurait pu, sans doute, le« multiplier davantage ; mais on a voulu se borner à cdies qui ont paru indispensables , ou qui présentent par elles-mêmes un puissant intérêt.
Si les deux premières parties de ces Mémoires reçoivent un accueil favorable, nous espérons que l'auteur publiera la troisième , dont la dernière guerre de Catalogne doit former le principal objet.