AFFAIRE DU CONSTITUTIONNEL ET DU COURRIER
FRATfÇAtS.
Deux journaux avaient été condamnés en pre-
mière instance ; ils en appellent^ c'est leur droit. Leur cause a été défendue hier mardi, parM*Dupin, député de Mamers, et par M* Mérilhou. Suivant l'usage , les feuilles publiques reproduisent les plaidoiries des avocats; le discours dû ministère public a'est pas omis. Les censeurs effacent tout. A ces débats ils substituent les lignes qu'on va lire :
c Après les plaidoiries, la Cour a confirmé la Ttsentance (i) des premiers juges. »
Cette ligne contenait dans sa brièveté une inexactitude : quoique la condamnation ait été maintenue, l'arrêt a été autrement motivé. Cette ligne contient en outre tout un coup d'état. Les juge** mens de Cour souveraine prohibés par la police, la publicité de la défense interdite aux accusés , ces journaux qui sont obligés d'admettre toute réclamation des citoyens, et qui ne peuvent publier leur propre apologie , ce sont là des nouveautés étranges. Encore une fois voyez la misère de l'arbitraire assis au gouvernail quand le vaisseau de l'État est lesté de promesses et de garanties de liberté ! La censure ne saurait demeurer plus
(i) On reproduit avec une respectueuse fidélité Torthographe officielle de la censure. Elle s'y est reprise à deux fois; le mot de jugement avait d'abord été tracé.
loog-temps en présence de la Charte que comme un perpétuel démenti, comme un perpétuel parjure.