AFFAIRES DE LA GRÈCE
Il est remarquable que le ministère ait voulu interdire la parole aux Français alors que sa politique se trouvait exposée à leur approbation et
à leur reconnaissance. Fallait-il que la conscience publique expiât sa victoire? Ou bien, est-il dé-^ montré que l'adhésion de la France soit mortelle , que sa haine seule prête vie?
Quand la censure nous était infligée par le ministère, la couronne ^entrait dans les négociai tions ouvertes pour le salut de la Grèce, et, faisant mieux que de convoyer des notes diplomatiques , les vaisseaux du roi de France couraient seuls sur les mers pour sauver la ville de Thémistocle d'une ruine éternelle. Deux mille soldats de la croix et de la liberté trouvaient à Tombre de notre pavillon national un asile aussi noble et plus^ utile à leur patrie que le tombeau. L'amiral de Aigny réussissait , par sa généreuse constance , k maintenir debout tout ce qui restera d'Athènes et du Parthénon. Par sa complaisance pour les bar* bares , l'Europe avait fait bien dés raines ; nous avons sauvé le& pins illusitres de toutes. L'Aoropolis sera désormais dans la postérité lin monument à là gloire de la France.
Partout déjà on rend témoignage de ce noble triomphe; Nous seuls, ne pouvons. pas le célébrer. Pourquoi-, dira-4^on? Pàroe que la louange sied peu à qui ne pourrait oser lé blâtne. Oa dit mal la gloire et 1 mdépendanoe , qui^d il Êuit . mesurer .chaque mot- aux duoilsi dke la servie
tude, acoomikioder chaque peneée aux exigeneè^ de Y^Ailrakè. N*est-^e pas rendre un serviee gkmeux à b couronne , que de refouler au fmid des cœurs la joie d'une grande et bonne action , qui hoQOi^era dans les sièdes à yenir le génie de la Fmàce et le nom cfe Charles XI
AFFAIRE IVAlGEA.
De ce coté 9 la marine fançaise a jusqu'à ce jour moins de gloire. La stagnation des nouvelles continue, et les mauvais bruits se propagent Mais ces bruits importent peu au salut de la restauration^ qui ne périra point aux plages d'Afrique eomme Saint -Louis; le trône n'eût pas été ébranlé, quand la censure n'aurait pas retranché de votre jpumal , monsieur, les lignes suivantes :
«Oft' annonce <]iie quatorze corsaires a^érienis, «rmé^ If' de i9.i aa eanona cUacon, sont parvemu à sodîr .d'Al-* » ger pour faire excursion sur no|are dommercc. »
( Rognure du Journal des DébaiSy 3a juillet. }
Si la presse était libre , Tadoiinistratioa aurait pa réfuter les alarmes dti coq^rnsevce français, ou bien il n'aurait pu se livrer d'une façon cruelle à une toineuise séourilé. Graee à la censure, le cabinet biffera d'mt joucnal les dorsaifes d'A%er , et il les
luttera courir sur la Méditerranée, ou désoler du moiiis tous les esprits.
Le sort de la monarchie ne tenait pas davantage à la publication des faits qu'on va lire , et notre négoce pouvait aussi bien que notre marine tirer parti de ces judicieuses observations.
— On écrit de Marseille, le i8 juillet:
» Quelles que soient les intentions du gouvernement, le commerce est dans la plus grande anxiété sur le résultat des affaires d'Alger et du Levant; il n'est nullement rassuré par les monologues périodiques du Moniteur, Quoi que l'on puisse dire, les intérêts commerciaux sont généralement compromis. Les Français habitant le Levant ne seront peut^'étre par anssr lneorbux que oevx d'Alger^ qnî but eu deux heures pour évacuer le pajs, quittes powi^ la pert^ de leurs propriétés mobilières^ qui, ainsi que leurs mar«>. chandises, ont été séquestrées.
» Les armemens continuent avec activité dans le port de Toulon : une goélette et dent bricks sont sortis pour aller croiser contre les Algériens ; le vaisseau leScipion, de 74, 0eta bientôt pitH à mettre k la voile. Malgré lu levée àeif BiuriBft, il en xiKiiiqoei ^ou» les- équipages des bkliaeoer qui arrivent ou sortent de quarantaine soat enlevés » on ik même fait partir les jeunes gens qui se disposaient à paaser à l'examen pour être reçus capitaines au long cours. On rç« marque que chaque année la partie de la population qui, par position et par état, devrait se livrer ail service de mer, l'abandonne : tous les enfans des pêcheurë ne snivenl: pas coflktte ancMnaernent leur père ; ik préférant ic iiiett^
( la)
ep apprentissage/ C'est une preuve incontestable du p^u d'avantage dont jouissent les marins, et du vice de la con«« scription maritime, dont on n'est libéré que dans un âge fprt avancé. La pénurie des marins provient également des 25,ooo marins que l'on sait être établis aux Etats-Unis, au Mexique , dans les États de l'Amérique du sud et du Brésil , ou qui naviguent librement et avec de forts gages , tant sous ces pavillons que sous celui du commerce £ran- ^is. » (Précurseur de hjon,)
(Aognure du Constitutionel du 35 juillet. )