‹ Censure de 1827Chapitre 54 sur 91 · AFFAIRES D'ESPAGNE · texte numérisé non relu

AFFAIRES D'ESPAGNE

La situation extraordinaire de l'Espagne ne peut être cachée aux regards du monde. On n'imagine pas surtout l'intérêt du ministère c^ans notre monarchie constitutionnelle, de dérober aux yeux de la France les plaies d'une monarchie despo^ tique qui se meurt. Quel autre danger y aurait-il,

que de nous attacher davâutége aux uKltitutioos qui nous régissent^ et au trône qui nous les a données?

La censure a supprime les nouvelles suivantes r

Madrid f i6 juillets

(Correspondance particulière )

Illlv, à ntoàf heurH^ du isliitih ^ il s^e^lèsa à Sâint-Udè- {gpi^ im long lîonseil.d^ «lois^fiSy sous la pcéatdeuce àa ^oiy .qui a été motivé par des -dépêches très^Iarmantes remues de Catalogne y et dans lesquelles M. Campo-Sagrado annonce, entre autres choses, que les Insurgés carlistes ont établi SIX prisons sous les dénominations de prisons de la Sainte-Inquisition, et'<^ue, dans le pays qu'ils parcourent,, ils arrêtent, à tUre 'd^hérétiques , les personnes lés pins ràpedablcs , et ks csoméiiEint avce eux "pour Iks plbnger dans, les cachots. Le roi^ déns ce cpnseil, pars^:^ fijroir qrdonné d'une manière positire gu'indépendamn^eitt des quatre mille hommes déjà envoyés en Catalogne, on en en» verrait deux mille autres.^ ^Êsis on croit généralement^ d'a-^ près les lettres particulières .que nous recevons de ce p&js, que même six mille hommes ne pourront pas suffire pour rétablir la tranquillité dans cette province , où l'esprit public devient de jour en jour plus favorable aux car* listes.

L'insurrection de la Catalogne n'est pas le seul objet des îAquiétudes de néti^ gouveHieiéènt ; il en a aussi de la part; dès conistitDlîoniids iqid scmt ilébatquésatt petit port de Dénia, dans le royaiun^.dt Val«ac9> «u nombrad»

^o pnvifon^ cominao44ft par k. colonel Di^ Morafès.; à la véritp , ïU a» aont borpés à préniire des vitces qvJils ont «j^pt^meDt payés, et aeaiini renobarqués ensuite. Mais k gouvernement parait avoir dfes données pour croire que c^f;i,p^|it devenir plussémiiK ; aussi e^l-41 question de dé* taçter qt^^e^ques ArPtip^s de Tarmée d'sbsecvation pour les envoyer le long an uos côtés de la Méditerranée.

(Rognure êes Débats du 36 juillet.)

Le ConstUutioruielf J>)us heureux, a pu annoncer et le conseil de Saint-Ildefonse , et Tenvoi qui y a été arrêté de quelques milliers d'hommes en Catalogne. Mais il n'a pu donner les motifs de cette décision , ou le réc^t des événepiç^s qui s'y lient. Sa relation contient des faits nouveaux :

P^ipp objets. .on| .ra^Uvé ^%i% réunion : id'abord les affairf^s die Gatalc^e, qui «baque jour prennent une tèûr^ nure plus critique; car il paraît par }c derliier rapport par^ venu, tant au fninjb^rie d/ç la^[U^jEre qu'à l'intendantigénéFal 4e poliçç , qu^ les c^list^s ont ppustitné une espèce .de gouvernein^n.t p\ ^n grmd .nojiibre de jprisons où ils ^n-*' ferœiqpt tputes lef p^r^çniss ^'opinion .libérale > qu'ils font arrjlter sous prétexte d'Hérésie s lea lois ne ftolit consultées en rien lorsqu'il est question de délits de cette espièce. J, J tvt

Le second objet du conseil , et celui peut-être quî a paru le plus pressant y c'est un rapport du général Louga y an-* n4(U0nt.q9ff plu«^e^rf M^ilB[W& fior^ana .|{avillan coloi|ibien U9ii ité aperçus 1^ Ipitg. des cétes de Valence , et que l'tiii

d'eux, i'étani approche du petit port de Oeaia, j a déiiar^ que deuX' cent cinquante hommes sous le commandement du oolonel Dias^Moralés, l'un des chebde l'ancienne expédition de Tariffa , lesquels , après avoir fait -de grands approvisionnemens de vivres qu'ils ont payés , se sont rembarques sans fiûre aucune espèce de mal aux gens du pays , et toutefois a|Nrès avoir répandu dans le pays un grand nombre de proclamations en £iveur de l'ancienne constitua tion des certes. Ce rapport du capitaine-général Longa était encore fortifié par un autre de M. Recacho, annon- ^nt qu'il a des raisons fondées pour croire que les constitutionuels sont dans l'intention de tenter cet été une expé— dition importante sur quelques points de nos cotes de la Méditerranée.

Ce sont là les points principaux qui ont occupé le conseil eo question , auxquels s'est joint un troisième moins grave : c'est l'examen d'un pamphlet qui circule avec abondance, qui a été imprimé à Londres , et dans lequel on a établi que le roi de Portugal , don Pierre lY , a des droits incontestables à la couronne d'Espagne.

— On s'est borné à prescrire au ministre des grâces et justice qu'il donnât des ordres à l'intendant-général de police, afin que, par tous les moyens en son pouvoir, il fît immédiatement sortir ces pamphlets des mains du public. (Rognure du Constitutionnel du 26 juillet. )

Cet autre fait a été biffé dans le Courrier français.

Depuis quatre jours , six courriers venant de la Gâtalogne sont arrivés dans cette capitale. Le parti carliste

insurgé continue à faire de grands progrés dans cette provioc«. Une proclamation qui vient d'y être répandue par«tout est parvenue hier à la police. Elle porte ce titre ; « A « tous les mécontens , à tous les mal récompensés , aux ofu fensés^ aux persécutés , et en un mot à tous les Espagnols u <|ui ont à se plaindre de Ferdinand YII , dans toutes les « époques , et pour quelque cause que ce soit. »

(Rognure du Courrier franqais du 26 juillet.)

Jje Journal des Débats^ dans le récit des mêmes XQQuyemens , a vu disparaître soigneusement du dénombrement, des insurgés, le nom des ,confré' ries de village y et il n'a pu transcrire le cri de guerre : Fii^e Charles- Quint , wVe Finquisition , mort aux negros , à bas les ministres , à bas la police ï La monarchie française eût-elle été en péril q[uand tout le monde aurait su que l'armée de la foi prend impunément, à rencontre des ministres castillans , les libertés dont la garde nationale de Paris a été sévèrement châtiée ? Mais du moins quel intérêt a le gouvernement de S. M. à nous celer le simple fait qui suit :

« Par le même courier, on a appris d'une manière posi- 1» tive que l'inquisition a été formellement rétablie dans la » ville de Vergas. »

(Rognures du Journal des Débats du 25 juillet. )

. On ne saisit pas davantage la raison d'état qui

prohibe dans les journaux de la capitale ce que les journaux de province ont pu dire.

Suit un article textuellement extrait de VEcho du midi, que les censeurs de Paris ont supprimé :

« Le roi et la reine , les princes et les princesses , dit Vhcho du Midi, se sont transportés an monastère royal des dames de la Yîsitation pour assister, à rétablissement de la confrérie des sacrés coeurs de Jésus et de Marie, autorûé par une bulle spéciale de SS. le pape Léon XIT. Le roi et la reme et tous les fnlans ont étë'Teçus premiers 'confrères. Le pi^e y fidnr. propager cetl» détotîati ,' à Mtàfcii^ I» èmif Q^ît^tie des iiidu|gf>nces particulières ; et }ç fqî , de sqd côté , pour répondre aux pieuses inteqtÎQns du père cpm;rnun des fidèles, s'est cbargé des frais d'établisssement et dVntretien pour cette confrérie. Les libéraux de France riront peut-être de la piété d'un fils de saint Louis, mais nous aurons compassion d'eux.

« Voiéi UB autre trait de la pfâié de êé in^tn^cpie s Le collège d'A^cala, établissement jâagnii^iiè. Tient (Féâre rendu jtor Je ro^ af^ ri^Férei^ds p^fes jéaititfft,; i) s'^pd^ik autrefois Çolegio mayor; il feprepd aujourd'l^ui, .avec son ancien nom , sa destination primitive ; ce sera un établissement destiné à perfectionner l'éducation des jeunes gens. Nous ne craignons pas en Espagne les prétendus envalûssemens de l'illustre autant que pieuse comp^ignie dç Jésus : le roi est persuadé que cette société rétablira eUc seule l'amour de la religion et de ses pratiques, de la morale et de l'ordre dans son royaume, i»

( llog»iires du Courrier finales y a5 fuillet. )

Aux . J/Q^^ d^ h Rfinsutie ^ ie til5a^ . dlea . Bbarbotts

qui 4P11S 4Ql^n^6Pt Ja Cbwrté ^ et qni ôbtrétâbli

la /9,çp0riç.b|e esp$ignplQ e^ pi!€m)6(ttantj4e^ Tâiib^

^t44^s d^pnts dj^^Juatitjiitioi^B libres 9 eouTrai):dië

g^r^y^ ban9Lr4$..si J'opiiliiaP libérak fdndait sur k

magnapiq^ité Q^ 1^ s^eMQ dsf^ iBoufbQob d(Eppar4

goe Vespoir d'une îb^Uc^Me éinuUtion ,; tà sf^tf^

tout les voies con^tutionnelles étaieal^ «iiipr^a'"

^ce cjlej^viojiwçbiid absolue ^ appelées les yëies

du bon jsepiS.

Xe Mémorial bordelais donnait , sans les garantir , des noBv^es qui semblaient annoncer que l'Espagne allait sortir Aès vÀlës de l'absblciisme p6ur iéntrer dans celles du bon scÂs* LttS'îottrDaut^lâimbtériéb d'hi>er'toiptt^>^ih^ressent dé piiqtçst^D.fQQtr^ ç«!t*evf4*inftkdu Jlfehic^fwrfi Ainsi, rien n'çftt YMJ dans les hm\\& q«e nous «y^i^ r^ppr^s fei^r matin, d'après cette feuijle; les créancier? fran^afs de TK?pagne auraient tort de se réjouir; les choses vonj trop bien dans ce pajs pour qu'on les change.

fKogriure du tJonsittutionnél du aS juillet. )

A^ÏAIRES i)U CLERGÉ.

ILy a quelques anibéçiàa politique i^tmt febile à manier; Ofi n'twait iafibire qu'à ifes iulsérèts simples et Tiilgaires ; on ne se trouvait pas sa&s cesse

ea présence des choses saintes. On n'avait point de combats à rendre sur le seail des sanctuaires.

C'est là anjourdliui qae sont fixés tous les débats ; et ceux qoi croient que le sacerdoce a toufoors droit au respect public, quti devrait rester en dehors de là mêlée des discussions temporelles dans l'intérêt de sa mission et de sa dignité ;. ceux4à ne marchent que sur des charbons ardens.

Est-ce pour applanir ces difficultés que la censure a entrepris dlnterdire à l'opposition- toute mention des actes du clergé , de sorte qu'un fait qui a trouvé place dans les feuilles de la congrégation et du ministère ne puisse pénétrer dans les feuilles suspectes de dissentiment On veut trier le public pour lui faire part de toutes les choses religieuses, s'assurer que l'auditoire aura toujours une oreille docile, faire un huis-clos de Téglise universelle, he journal des Débats ne peut transcrire, même sans commentaires, le& extraits de la Gazette de Lyon qui posent les principes devant lesquels on veut que la monarchie de Charles X fléchisse , des principes tombés en désuétude depuis le temps de Louis le Débonnaire ?

Toute observation est également repoussée. Les lignes inoffensives que v<Hci sont retranchées du ConstitutionneL

— Oa nous écrit de Rosoj (Seîne-él-Marne) , que M. le desservant de cette paroisse, pour admettre les enfats à l'instnicUon chrétienne , exige des billets de confession des père et mère de ces mêmes enfans. Gela ne se pratique pas dans le restant du diocèse de Meaux, et ne peut que nuire aux pensionnats qui pourraient exister dans cette com— nnine.

Un crime 6&t commis près dé Lyon, Les Débats n'ont pas le droit de,<Ure qi«e le meurtrier avait étudié pour prendre les ordres , maî)s qu'il fwait été chassé du séminaire* Encore quelque chose de plus étrange* Un vol sacrilège est commis à Marseille ; les journaux ne peuvent ajouter cette phrase : on ne doute pas que le voleur ne soit . bientôt sous la rnain de, la justiù^. Aibaî la royauté est intéressée à ce qu'on (Joute d^ l'ac*^ tion de sa justice souveraine, à ce qu'on croie qu'un grand coupable pourra se soustraire aui^ poursuites des magistrats, à ce qu'on espère enfin ^ après le scandale du criine, le scandale de l'impu^ nité ! Pourquoi cette politîqitô nouvelle ? C'est que la censure en sait plus qu^ ne dit le journal sur la qualité du prévenu de c^ sç^crilège larcin , et si un ecclésiastique se laisse entraîner à un attentât , M n'est plus ' permis de désirer ni d'at<* tendre justice. Cette attente constitue une circonstance grave. Voilà bien le droit d'asyle avec

tin rafBnement inconnu aux siècles barbares!

Les faits de ce genre se i^ont succède depuis quelque temps d'une façon déplorable. Je vaas ai déjà soumis , monsieur , à ce sujet de graves réflexions sur lesquelles je crois devoir revenir.

Il est arrivé à la milice sainte ce qui arrive^ après les guerres sanglantes , à nos armées. La rë- Tolation av^if dévasté ses rangs , ôli les a recrutés avèd ardeufj ei^ s*ëi:posant à appaiivrir le sacerdoce dans le respect' public' par 'la qualité dés persoiiaes plus qu'on ne le fortifiait par le nombre. Soustraite aux regards de' l'université , l'édu- Câ[<iôn dèé ^ttlinaires , hitive , incomplète , bornée à des études sans rapport arec la vie du mond^ et l'esprit du temps , n'a pu corriger toujours les habitudes de la uàissance e^ leâ tradition^ dé la famille ; ou est trop souvent frappé hors dès villes dti peu d'aménité d'esprit et de manières de ce jetm^ clergé qùî a pour guidés des prélàb dtt ùôm de M. dé^Croy , de rurbànfté de M. dé Quéfen, du talëût de Mi d^ Frkyssînous. Une scienice bornée' auk aspérités de là tH^blogie ne fait qu^etdter lès îiuaginàtions au Keu de les polir. Les ittœiJrs risquent ainsi de k-ester âpres 'comme lefe senfîméns. tJne opinion Souvent déréglée de l'autorité des ^lUs inl^rieurs if entre lés lévites ajouté \}ti ferMëht futlësle à celui dé ^ssiotts qhe

Tâge et la solitude' irritent, sans que légofttà des arts y ramotiP des lètti^as , rhtfbitude dû nioAdé sé^ condeat la peKgion dans le'âiffioilè tîkfftîi dé les tempérer* Une chose tient* du niit^els^ iÈf^esi qtlè les désordres, dont on s'afflige, restent enciôt*é si rares ; m^âs lenr nombre croisBant f évèlé' Tacftroà d'une GauBQ funeste , bt il impbrte d*y chi^l'cher des remèdes.

Je érois être sûr ({ne les ministres dtt Iroisotit frappés de ces iilconvénieàs. Mai^V'déi^le^ picoles qui ne savent que lifrèr le gôlivétaairà la f eiâpète , ils regardent le mal gra!idîi*'^ni$ ch^rchëlr les moyens de le maîtriser^ et quiiïid l^'absteùir devient iihpôssibfe, ils prennent le ^ârti de l'èiifknt qui met la main sur ses yeux , croyant éviter ainsi tous les dangers. Empêcher la France de voir les désordres ou; d^n gémir, pour eux c'est les ré^ parer.

Cependant il y a mieux à faire. Les années s'écoulent , et au milieu de la population s'élève cette milice des autels ^ pleine de rudesse comme de conviction, ardente, croyant fermement à sa souveraineté, ignorant le siècle, étrangère aux mœurs , aux idées , quelquefois aux lumières du troupeau que doivent régir ces jeunes et sévères pasteurs. A côté d eux placez d'autres jeunes hommes, ayant de moins qu'eux l'autorité,

de plus qu'eux le nombre, tout aussi convaincus, tout aussi fenrens , mais parlant un autre langage, 'ayant d'autre but , d'autres espérances , d'autres maximes , un autre savoir, et voyez l'avenir de la France abandonné aux combats de ces deux jeunesses rivales , qui prétendent la gouverner sans partage , et que trop de distances séparent pour qu'il y ait lieu à transaction; alors, Monsieur, vous serez effrayé du sort qu'un aveuglement déplorable prépare à notre patrie , et peut-être penserez-vous que l'administration rendrait un plus grand service à la religion , au pays , à la royauté, en écoutant ces loyales doléances, qu'en inventant l'arbitraire pour les étouffer.

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