‹ Censure de 1827Chapitre 57 sur 91 · GRAND OPÉRA · texte numérisé non relu

GRAND OPÉRA

Il importe à la sûreté de TEtat que les changemens à vue que radmiaistratioD opère daus le personnel de ce vaste théâtre soient environnés de diplomatiques mystères. On va juger de Tutilité de ces procédés circonspects par la suppression que voici :

Une stagnation déplorable se fait remarquer dans nos théâtres lyriques , en ce qui concerne les plaisirs du pu—

bliic. On y est trop occupé d'organisation intérieure, de mutations et de nouvelles distributions de pouvoir, pour avoir le temps de songer à monter des pièces. L'Opéra , et surtout TOpéra-Comique sont en ce nioment dans un état de crise dont il est difficile de prévoir toutes les suites.

L'administration du premier de ces théâtres vient de changer de forme. La place d'administrateur comptable est supprimée; les fonctions qui j étaient attachées ont été réunies à celle de directeur du personnel, dans la personne de M. Lubbert; d'administrateur qu'il était, M.Duplantjs est transformé en caissier; M. , Kreutzer, directeur de 1a musique , est mis à la pension , et n'a point de successeur ; enfin les appointemens de M. Habeneck aîné, l'un des chefs d'orchestre, sont diminués d'un quart, des bruittf très, divers circulent sur ce dernier point : selon les uns ,- M.. Habeneck aurait donné sa démission, et aurait de-, mandé à jouir de la pension de directeur qu'on lui a accordée quand il a quitté l'administration de l'Opéra ; selon d'autres , il aurait fait des réclamations qu'on serait disposé à admettre; d'autres enfin assurent qu'il s'est soumis à la décision qui le concerne purement et simplement.

Le système d'économie qui paraît être adopté a fait songer aussi à des réformes dans le personnel des acteurs. Dérivis , dont l'engagement expire au mois de février prochaîn , a reçu la lettre qui le prévient qu'à dater de cette époque il cessera son service. Mademoiselle Grassari , dont les appointemens avaient été portés à vingt-cinq mille francs , par un engagement récent, éprouvera, dit-on , une réduction de moitié-, attendu le peu de services qu'elle rend au théâtre. La danse subira aussi des suppressions , des diminutions, etc.

(Sa;

Ce n'est pas font: on aasore qneM. Lubbert, qni jusqu'ici s'est montré bon administrateur, a proposé à H. le vicomte de la Rochefoucaulty directenr des beanx-arts, de se dbarger de l'entreprise de l'Opéra , conjointement avec M. Rossini, moyennant une subvention annuelle de sqfi cent miUe francs, et que ces messieurs ont offert de déposer une somme , pour garantie de leur gestion. On ne sait point encore si ces propositions serimt acceptées.

(Rognures de la Revue mitsù:ale. } OPERA ITAIIEN.

Mêmes précautions , même secret dans Tadininistration des plaisirs publics. Le ministère ne permet même pas la louange dans ces questions si graves parce que la louange serait encore delà publicité.

Le Théâtre Royal Italien subit aussi divers changemens. La place de directeur de la musique, qui était remplie par M. Paer, est supprimée, et M. Lubbert reste seul cbaq^ de l'administration de ce tbéâtre, conjointement avec celui de l'Opéra. Mais cet état de choses n'est que transitoire ; il paraît décidé que Barbaja aura le théâtre Italien en entreprise pour son compte. Ce mode d'administration serait le plus convenable pour la prospérité de ce spectacle, parce que Barbaja, ajant d^à l'entreprise de plusieurs grands théâtres en Italie et en Allemagne , pourrait varier à chaque instant tes chanteurs, seul moyen de succès, puisqu'on ne peut introduire eette variété dans le répertoire. Ce serait d'ailleurs la seule occasion qui pourrait nous procurer le plaisir d'en-

tendre La Blache, David, Rnbîni et ce qu'il y a de bons

chanteurs en Italie.

(Rognures de la Re^ue musicale. )

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