‹ Censure de 1827Chapitre 73 sur 91 · THÉÂTRES · texte numérisé non relu

THÉÂTRES

La monarchie de la Charte ne sera plus, comme celle du cardinal Mazarin et de Louis XV, tempérée à tout le moins par des chansons. S'ils rient, ils parleront, disent les régulateurs de nos libertés; et <^ péril passe leur légalité aussi bien que leur courage. Nous sommes astreints au silence pôiir nos affaires; pourquoi ne le serions-nous pas pour nos plaisirs ?

L'Angleterre à d'autres principes. La publicité y constitue le droit coraniun ; et le directeur de Covent- Garden se soumet à laisser vivre la parole^ pi^cisiément comme jEaisait M. Canning, comme feront ses isucccsseurs, comme fait S. M. Georges IV. Dans notre monarchie c<>iis^îtiitîonnélIe, il y à un personnage sacré dont il n'est pas permis aux fouille? publiques d écrire le nom ; ce personnage s'appelle Guilberl Pii^érécourt, directeur de; .I/Opéra-;ÇQmique. Il y a un ordre de traas^tiop^ jsur lesquelles le public ne doit pa» élever 3es Fegards;^Q -est l'établissement dtï majbrat dè^ TOdéoa au profit de M. de Montgenet , directeur de là Pbrté- Salnt-Martîri. II ne faut pas non plus que Ion sache dtfi^'Hf! de loùrdouëix et un employé dû plus haut pa-

(33) rag€ se disputent ce fief... Mais que fais-je , monsieur? relever de telles misères, ce serait se rabaisser jusquelà. Veuillez seulement remarquer que , depuis Tétahlîssement de la censure , tous les théâtres sont en révolution. Tous les commis qui sont là des puissances, leurs maîtresses , leurs garçons de bureau nç sont occupés que d'exploiter la circonstance grave, et d'en extraire des privilèges , des pots de vin , des dominations, aux dépens des plaisirs du public et des progrès des arts. C'est la honte des hontes. Avez-yous oui dire qu'en Angleterre Vhabeas corpus ai* Jamais .été suspendu , et la constitution de l'einpire remise en question à cette fin que des coups d'état pussent être frappés aisément dans l'ombre des coulisses?

Grâces à ces grandes combinaisons , tous les talens disparaissent, un à un ou en masse, de la scène. Les rôles ne sont plus que doublés. Les médiocrités sont au pinacle. Voilà les histrions de la politique rassurés sur la concurrence. Le monde des plaisirs est à l'unis* son du monde des affaires.

TaÉÀTiLE DE LÀ* Gaieté. — Des raisons, qu'il nous serait peutêtre interdit d'expliquer au public^ ayant empêché hier l'insertion de l'article que nous avions préparé sur la première représentation du Rôdeur, au théâtre de la Gaieté^ nous nous bornons à annoncer que ce mélodrame a réussi.

Opéra-Comique. — Les amis des lettres et des beaux-arts se flattent qu'il sera permis à M. Sauvage, non-seulement de donner des opéras traduits, mais encore de représenter les ouvrages des compositeurs français; en un mot, que l'Odéon sera un second théâtre de l'Opéra-Comique, comme il est déjà second Théâtre-Français. Quand on voit le monopole de l'Opé-

rar-Comique ej^loité d'one manière si déploiable par M. Geil» bertde PixérèoGort, un tel désir est bien naturel.

(Rognures du Journal des Débats»)

.Opbea. — L^Olympe de la rue Le Pelletier est ea émoi; une ^grande réTolution se prépare à l'Opéra , et il n'est question de rien moins , dit-on , que de confier à une entreprise partîca* lière la gestion de l'Académie royale de musique et de l'Opéra- Italien, qui administrerait les deux théâtres à ses risques et périls. On ajoute même que rafbire est déjà coodue, et que k dteecteur actuel, M. Lubbert, réuni à M. Comte, a traité arec le gouyemement, qui lui accorde une subrention annuelle de sept cent mille fr., au moyen de laquelle il se charge , pour un temps déterminé, de gérer, conmie il l'entendra, les deux spectacles , lesquels se trouyeraîent ainsi détachés de la direction générale des beaux-arts.

On croit que cette réyolution théâtrale amènera beaucoup de modifications, et on cite des rois, des princesses, des dieux, ^ nynqihes^ qui doivent être condamnés à la retraite.

Il conyient d'attendre des résultats ayant de se prononcer sur le mérite et l'opportunité d'une pareille mesure.

(Rognure du Constitutionnel,)

— M. Crosnîer, administrateur du théâtre de la Porte-Saint- Martin, dous M. de Montgenet, directeur, nous adresse la lettre suiyante :

« MovsiEva ,

. » n m'importe de déclarer que je n'ai pas youlu faire partie de la nouvelle dire.ctlon du théâtre royal de l'Odéon, et que je je regarde comme un devoir de ne pas séparer ma cause de celle du théâtre de la Porte-Saint-Martîn. Veuillez, je vous prie, insérer ma lettre dans un de vos prochains numéros. » Je suis , etc.

»F. Cbosnieb. »

Paris, Saoâft 1827.

(Rognure du Journal des Débats. )

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