CITOYENS
Je crois utile de pablîer les fragmens d une lettre que je reçois de la petite cité de Normandie où Guillaume-le-Conquérant prit naissance. On verra que si par hasard ce fut l'illustre bâtard qui porta la liberté en Angleterre , il a laissé derrière lui l'émulation , le zèle j le courage.
Dans tout ce qu'on va voir des. ténèbres profondes où la censure plonge les provinces de France, nos voisins pourront trouver matière à sourire; il y a loin de là au grand jour qui éclaire le plus lointain des comtés, la plus bumble des bourgades d'Angleterre. Mais les efforts dont on va voir le simple tableau , prouvent que Dieu nous forma aussi pour ces biens dont la Grande-Bretagne s'enorgueillit. Puissent toutes les villes profiter de cet exemple, et, en dépit d'une administration qui semble s'inspirer des muets de l'Asie, la France égalera bientôt, dans toutes les carrières, le
peuple qui n'a reçu de la fortune que le don de nous devancer !
MONSIEVA ,
Mes amis et moi nous ne saurions tous témoigner combien rirement nous avons apprécié yotre extrême obligeance à satisfaire à notre demande, et l'offre de nous aider de tous vos moyens à triompher des obstacles que nous pourrons rencontrer dans Taccomplissement des devoirs que nous imposent les circonstances actuelles Dans i'éloignement où nous sommes de la capitale, aidés seulement de quelques correspondances rares, nous ne savons, maintenant surtout, que ce que la censure veut bien ne pas nous laisser ignorer. Quelques produits de la presse nous sont même étrangers, puisque le Journal de la Librairie n'a pas annoncé une seule brodiure politique depuis rétablissement de cette censure. J'ignorais absolument qu'on eût créé à Paris une société pour répandre quelques brochures gratuites dont l'existence même nous était tout-à-fait inconnue. Depuis quelques années nous faisons cependant ici tout ce qui dépend de nous pour ne rester étrangers à rien de ce que la presse produit de meilleur. Nous avons ouvert deux soudcriptions; Tune pour les ouvrages les plus intéressans qui paraissent dans les sciences, les lettres, l'histoire, la philosophie, etc.; elle compte plus de cent souscripteurs. Chaque année, et avec son produit, nous nous sommes procuré plus de 1,000 vol., depuis trois ans qu'elle existe. La seconde est exclusivement destinée aux productions périodiques, indépendamment des feuilles quotidiennes littéraires ou politiques, comine le Glaèe, le Journal des Débats , etc., qui n'en font pas partie. Nous lisons les Remues américaine, encyclopédique, britannique, la Bibliothèque de Genève^ le Bulletin de M. de Férussac, les Annales de V Industrie et des Foj'ages, etc. Ces détails peutêtre déplacés, Kous prouveront. Monsieur, qu'il ne manque à cette contrée, comme à la plus grande partie de la France , que des circonstances favorables pour s'élever à on certaîâ degré d'importance par la culture des sciences et des lettres;
et^am wams me aflnmistialKiB bîenTeiilaDte et profteetnee 4e» seDtimens éleyés, des intérêts raisonnables et de i'accioissement des connaissances utiles , le fond de la Normandie s*ef> forcerait de le disputer en progrès arec les parties de la France les plus avancées en civilisation