‹ Censure de 1827Chapitre 76 sur 91 · POLÉMIQUE · texte numérisé non relu

POLÉMIQUE

Les brochures politiques continuent , ainsi qu'on vient de le voir dans la lettre précédente , d'être religieusement mises à l'index. Cet .index est la conséquence directe du principe que, dans les gouvememena eoigmte celui d^ l'Angleterre et le notre , la discussioa est le droit des sujets et le besoin du pouvoir.

M. Adaten Féline. Reflxxkmvs sur le ko^et ms NOMMER DE NOUVEAUX PAIRS. — Cet écrit voit le joiiT ; il mérite d'être lu. La question que l'auteur s'est propo&éç y est examinée avec logique et sagesse ; je le rtoonmaande » moaoïsieur, à vos médîtatioiis.

M. Jal. Lettre à M. le comte de Corlkère. — ^Les jmir^ naux littéraires ne sont pas, comme on peut croire, épargnés par la censure. M. Jal publie les rognures de la Pandore , dans une lettre , dont le style rappelle les formes de Courier. On y trouve en abondance les anecdole» piquantes ^t les traits acérés.

Électeurs de Rouen. L -usage des publications gratuites et des dissertations locales sur les affaires se propage d'une manière remarquable. C'est un des plas utiles progrès de l'esprit public , un des meilleurs témoignages 4^ la manière rapide dont notre gouvernement s's^ermit. Les électeurs de Rou^n ont adressé à laen» eoHdgue» 4e tout le âéparteip«at de .la. Seioe-

(45) Inférieure une bro€liiire|>leiiie de coosiciérationa fortes et décisives 5 pour les détepnrineràse faire ioscrirô sav les listés ékctoralesJ C'est un exièinple que Rouen mé-^ ritatt de donner : le connneoroe et Tindustrie sont amis des conslitutioiis libres , parce que ces grands intë«* rets ont1»esoin d'ordre et de slabilîtë.

Électeuhs bu Chbb. Une lettre aux électeurs du Cber, courte et yébémente, a été répandue dans ce dépfiartement. Elle commence pai* ees mots : « Mesy> sieurs, un bôrrible ccmiplot vbul» menace; » et se ter-» y mine par ceux-ci : « Ëtedtenrs^ vous êtes Françaisl La » patrie , FJionneur, et Votre intérêt particulier tous » ordonnent de ne négliger aoéune détnÀrcbe pour être » inscrits sur tes listes électorales ! » ^

M. VîTET. AiiMri-''mT, DïEU t'aidera. ■^— Cet: écrit est la première publication d une société dé jeunes bommes qui revient répandre à leurs frais dans le pays des vérité, utiles. Le pilant opuscule ^ qui eA en quelqûer sorte le ^prospëchis des travaux de Tassbcia*^ tion, fait voir avec autant d'esprit que de vigueur la-* tilité de la censure , en ce qu'elle* oblige lés cilioyens à ée laite ube liberté achetée pap des sacrifices et des efforts 9 en pla<îe de ceUe liberté tombée du ciel , que donnait lo régime de la publicité. L'esprit public ne. pouvait ^ti^ éclairé de plus utiles conseils. L'auteur me pardonnera de l'avoir nionuné: L'atlachani bkto* zien des Etats dé Blois n'a iiul motif de déàat oue# un bon ouvrage et une bonne action.

M. Hyde de Neuville. Inconséquences ministéniEiiLEs. — Cet écrit est une nouvelle publication gratuite des Jlmîs de la liberté de la pressée La vigueuii des kostilitës de Tant^ur contre* le cabinet en fait un

écrit piquant ; le nom de M. Hyde de MeoYille , un écrit considérable ; l'exposition de ses doctrines un important manifeste. C'est en eflet proprement le manifeste de cette opposition nouyelle qui , réunissant dans un même intérêt les débris de tous nos partis anciens, la défense des droits du pays et de ceux du trône^ travaille à sauver la religion de ses parasites destracteurs; la monarcbie, de ses infidèles gardiens ; la France, de ses guides téméraires. M. Hyde de Neuville développe , avec 1 autorité de son caractère noble et fidèle, la profession de foi de tous ces hommes qui sont religieux comme la déclaration de 1682 , libéraux comme la Charte, royalistes comme nos sermens. Cette opposition, c'est la France. Car là se confondent, dans rimminence d'un danger commun j toutes les chinions et tous les rangs. Et on ne sait ce que L'on doit admirer le plus , d'un pouvoir qui se formalise de semblables doctrines et les combat, ou. de ministres, qui osent frapper des dbgraoes du trône dd tels serviteurs, de tels adversaires. Des inconséquences ministérielles^ celle-là est la plus grande.

En voicî une autre. On se rappelle les hardies déclarations du Moniteur sur la liberté dont les discussions allaient jouir,- à l'ombre de la censure. Il provoquait tout venant au combat , et ne demandait que des armés courtoises. Après la transeription d'un article sur les affairés de Portugal , vous n'avez pu, monsieur, ajouter ce qui suit :

1a reste est con.sacré ù la discussion des droits de D. Miguel à la régence, droits que la feuille officielle déclare légitimes et qoipst^tqtipQnek. Oo sayt qae nplre*}iknce ne nait point de

de notre conTÎetion. IHous n'opposerons auôuh argumekit i ceux du Moniteur,

"Nous nous contenterons de faire observer qu'une qoèstion , traitée \\ y a trois semaines comme une simple éventliaiilé 9 semble tout à coup devenue une réalité contre laquelle l'organe hahiti^el du ministère épuise toutes les forces de sa dialectique.

Si le voyage de D. Pèdre en Europe n'est qu'une chimère , le moment est -il bien choisi pour le présenter conà me un événement qui recèle des tempêtes prêtes à désoler les deux mondes?

Nous croyons que nos lecteurs, comme nous, n'arrîveroat pas, sans un étonne ment mêlé de quelque iiMpiiétude, à la conclusion de la feuille officielle.

(Rognure du Journal des Débats,)

Il est vrai que ces suppressions ne sont pas des inconséquences : les promesses de liberté n'étaient que des railleries. De ceci les preuves abondent.

FAITS

La censure a interdit la publication des faits qui suivent.

— Tous les élèves de la deuxième division à l'école polytechnique ont été consignés indéfiniment il y a quelques jours.

Il est bon que les parens que cette retenue a privés de voir leurs enfans, en connaissent au moins le motif*

Un ancien mihtaire, dans le plus grand dénuement,. a imaginé de réclamer des secours des élèves de l'école polytechnique. Un d'eux s'est chargé de présenter sa supplique. Uue circulaire a été passée dans les salles pour appeler la pitié en ' faveur de ce malheureux. Cette circulaire a été saisie par un des commandans, et un inspecteur des études, trouvant sans doute que l'action généreuse qui venait à sa connaissance mé-

ritalt d'être séTërement punie 9 a imagîaé de priver de sortie Indéfioiment toute la dirision.

Si c'est ainsi que cet inspecteur des études , qui n'est point vnlBÊtàg€y et qui occupe une place que derrait remplir on co* loue! du 9ènie, cherche à foire oubfer lé tîtie et le g^rade qui lui manquent, nous derous plaindre son aèie, qui, dans la circonstance actuelle , ne tend à rien moins qu'à étouffer dans le oemr d'une jeunesse expansive l'un des plus beaux sentimens, celui de la générosité.

( Rognure du Journal dû Commetce. )

— On lit dans la Gazette de Lj-on , 6 août : » On donne pour certains les changemens ct^àpiés dans la diplomatie ; ils sont oceasîauMS par k nomination de M. de Saint-Priest à l'ambassade d'Espagne : M. de Foatenay,actuelleflaent premier secrétaire d'ambassade en Russie 5 serait nommé ministre de Fnanee à Stnttgard, en remplacement de ftl. Georges de Garamao9 qui serait envoyé à Dresde ; M. de la Moussaye, ministre à Munich , remplacerait M. d'AgouIt auprès de la cour des Pays-Bas. On sait que H. d^Agoult doit remplacer M. de Saint- Priest à Berlin.

— M . Barbé , colonel du 5* régiment de Ugne en garnison d Grenoble, rient d'être rayé des contrôles de l'armée active. C'est un brave militaire qui sert son pays depuis trente-cinq ans. Sa bonne conduite et sa valeur ^'avaient élevé au rang qu'il occupait. Les regrets des chefs et des soldats de son corps l'accompagnent dans sa retraite. Ils ont adouci l'amertume de son chagrin par mille attentions délicates. Encore, le 29 juillet^ on entendit sous ses fenêtres une musique guerrière, admirable sous le rapport du talent des artistes, mais autrement touchante par le sentiment d'affection et d'intérêt qu'elle exprimait. C'est, dit-oD, M. le marquis de Boissac quî remplace M. Barbé. Bï. Evrard, le major du régiment, a aussi été renvoyé* Il w rend à Paris. {Précurseut de Lj^on, 7 août,)

— Le procès d'Ulbach, assassin de la bergère d'ïvry, ayant été réimprimé d'aprèâ les articles des journanx, et vendu dans plusieurs rues de Paris et de la banlieue^ les vendeurs ont été arrêtés et tradufts ce matin devant la police correctionnelle

pour colportage illicite. Un d'eux, remah|4iable |»ar une longue queue à la Prussienne, genre ide coiffure que Toa oroyait toutr à-fait oublié , se défcufiait ayec beaucoup d'énergie, c Ydus deviez saroir, lui a dit M. le président, que Ton aepimfaât^ifnf dre des ioapriaiés sans autorisation. » — t Je|cr«yais^ t«i contraire, a répondu le prétenu, que Je roi nous ayant rendu la liberté de ia presse, aucune permission n*était nécessaire, a Nous ne pourrions exprimer le mouvement d'bilaritè qoe cette répartie a excité dans l'auditoire. Tous les délhiquanB ont été condamnés à svs, jours de prison.

( Rognures du Journal desj?ébats. )

— On nous mande de Damazan , arrondissement d'Aiguillon > département de Lot-et-Garonne :

» Deux estimables pères de famille , aussi réglés dans leurs mœurs que dans la conduite de leurs affaires, jouissant d'une fortune territoriale qui , bien que médiocre , suffisait pour les faire Tivre dans l' aisance , Tiennent de se suicider paur s^alfttlb'cbir de la miséft où \\b «e trouvaient létolts par PimpoSâlMité <rà ils étaient de tirer aucun revenu de leurs Mbos., d^'af^rès h vtleté eu prix des denrées et la stagnation de toute eay[xèce de commerce. L'un d'eux venait d'avoir ses récoltes saisies pour le paiement de ses contributions, et la veille du jour joù il s'est doqné la mort, il a laissé une lettre où il déclare ce qui Ta porté i. cet acte de désespoir ; et l'autre , dans ses derniers entretiens avec ses amis, s'est exprimé de manière à ne permettre aucun doute sur les causes de son suicide. »

Des faits aussi affligeaqs sont une révélation d'un état de tnalaise qui doit provoquer la sollicitude des hommes d'état.

— Le Précurseur de Lyon annonce l'arrivée à Marseille d'un franciscain, ou dominicain, ou capucin, qui fait quarantaine dans le lazaret. « 11 y a , dit ce journal, deux versions sur le compte de ce moine : la première est que, faisant païftie de l'aumônerie de l'ambassadeur de France à Gonstantinople , S. Exe. l'a fait déporter en France pour être envoyé à Rome comme pouvant comprpmettre l'ambassade par la manière avec laquelle il s'exprimait sur le massacre des Grecs, la conduite du diiran et edie des amj)aâsa4eurs des puissances chré-«

tiennes , etc.; la seconde est que ce moine, que Ton dit italien ^ Tient dans cette rille pour y être à la tête de la maîèon des capucins, que Fon y tolère, en attendant qu'ils poissent s'y faire autoriser comme lazaristes. Au reste, le révérend père sortira du lazaret dans quinze jours, et Ton connaîtra positivement alors le motif de son voyage en France. »

— Le voyage du roi dans les départemens du nord procurera à ces départemens un bienfait qui aurait pu, sans cette circonstance , se faire encore attendre long»temps. Un nombre considérable d'ouvriers est occupé depuis quelque temps à réparer les routes que S. M. devra parcourir.

. ' . . (Rognures du Constitutionnel, )

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