‹ Cent annees de rivalite coloniale- L'affaire de MadagascarChapitre 17 sur 32 · L.V QUESTION l)i:S KXKQIMI H · texte numérisé non relu

L.V QUESTION l)i:S KXKQIMI H

posée : si, en eird, nous pouvions tolérei-, (l;ins un i.'spnt (le concilia lion peut-être excessif, que les consuls déjà installés fussent admis à continuer leurs fonctions sans avoir besoin d'une nouvelle investiture ', il était impossible d'admettre que le capitaine Ilaggard, arrivant à Madagascar postérieurement au traité de 1885, ne tînt aucun compte; du nouvel état dr choses. Aussi M. de Vi- Icrs ne liit-il pas médiocrement surpris de ne recevoir aucune notification concernant M. Haggard, dont l'arrivée il Tamatave no lui fut révélée que par la rumeur publique.

A une demande de renseignements ([u'il adressa à Rainilaiarivony, celui-ci répliqua qu'il avait accordé directement l'exequatur au consul anglais, car un consid n'étant ((u'un agent commercial dépourvu de tout caractère politi([ue ou diplomatique, la délivrance des exequatur ne concernait en rien la résidence générale'-. La thèse était insoutenable; si on l'admettait, tout l'avenir de notre poli^ tique se trouvait compromis. M. de Vilers le comprit immédiatement et se décida à agir avec vigueur. « Après avoir feint de ne pas me comprendre, écrivit-il à Paris, Rainilaiarivony est revenu sur la lettre interprétative de MM. Miot et Palrimonio. lia également invoqué, à l'appui de sa thèse, la dé-péche de ^I. de Frej'ciiict du 27 décembre 1885. Je ne crois pas qu'il cèdi' de bonne grâce. Selon toute probabilité, nous serons obligés d'en venir

1. Colle loli'rance C'iait cerlainpiiienl abusive; mieux ei'it valu (li'clarer caduques lout les exequatui' ili'livrés |)ar rancien gouvernement malgache et exiger, pour tous les consuls, une inveslilure nouvelle ilonnôe par les autorités françaises. C'est ainsi qu'on avait proc(}do jadis à Alger sauf pour le consul anglais, (|ui s'y était refusé) et plus tard en Tunisie. La limidilé dont le gouvernement fil preuve à Madagascar ne facilita lias le règlement de celle all'aire.

2. M. de Vilers au l'éparlenienl, ■> janvier 1887. — Correspondance invdile.

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aux imsiircs di' cocreiliini diplumalique ou cllfCtive '. » Et il indiquait comme mesure de coercition possible à employer sans proA'oquer de rupture ouverte, l'occupation de 1,1 presqu'île d'Ambre tout entière. Toutefois, persuadé (pie l'assurance de Rainilaiarivony venait de ce qu'il voyait ses propres desseins s'accorder avec ceux de la politique anglaise, il priait li' gouvernement français d'obtenir du Foreign Office qu'il mît le capitaine Haggard en demeure de conformer sa conduite à l'esprit comme à la lettre du traité de 1885.

Dès la réception de cette lettre. ^I. Flourens, ministre des Affaires étrangères, invita M . ^^'addington à faire, dans le sens indiqué, une démarche auprès de lord Salisbury"-. (il mars). Celui-ci lui répondit que l'affaire étant toute nouA^elle pour lui, il demandait le temps de consulter les avocats de la couronne. Après plusieurs rappels de notre ambassadeur, le chef du Foreign Oflice se décida enfin à donner sa réponse : elle était purement et simplement négatiA^e. Lord Salisbury se bornait à déclarer « que M. (le Freycinet,par sa circulaire de décembre 1885, aA'ait garanti aux puissances le maintien des conventions antérieures; que ces conventions établissaient pour l'Angleterre le droit de traiter directement avec la reine des Hovas, et que par conséquent il était dans son droit en refusant de rien changer à l'ordre de choses établi '.

Ce refus officiel ne pouvait être définitif : il eût manifesté d'une manière trop flagrante le mauvais vouloir de la Grande-Bretagne, et tout porte à croire que, dans la

1. M. (le Vikrs au Département. 20 janvier 1887. Correspondance inédite.

•2. A la suite du rejet par la Cliambre des communes du bill du Ilcjiiie rule. pr(?senté par M. Gladstone (8 juin 188(1) et des élections qui en furent la conséquence, un (cabinet conservateur, présidé par lord Salisbury, avait remplacé le ministère libéral de M. (lladstone.

3. M. Waddinfflon à M. Flourens, 29 avril 1887. Documeûls inédits.

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