‹ Cent ans d'apostolat dans les deux hémisphères (volume 2)Chapitre 31 sur 69 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Au sud de la Saskatchewan

§ 1 Batoche (1).

I ne centaine de kilomètres au sud-ouest de Prince-Albert, et une dizaine au sud-est de Duck lake, sur la rive droite de la Saskatchewan méridionale, se forma un centre de population, Batoche, ainsi appelé du nom d'un riche Métis français, qui vint, l'un des premiers, y fixer sa résidence.

-Je passai à cette place, pour la première fois, en 1867, écrivait le P. Leduc. C'était, alors, un vrai désert et je me rappelle y avoir fait la rencontre d'un ours noir énorme. Je ne me doutais guère, à ce moment, que quelques années plus tard, nous aurions, en cet endroit, une belle e1 florissante Mission.

Commencée en 1881, elle fut placée sous la protection de saint Antoine.

Les Pères y bâtirent une église convenable, terminée en 1884, ainsi que, le presbytère et même une école. Il y avait, déjà, à cette époque, une population assez nombreuse et entièrement catholique. Elle augmenta, les années suivantes, par l'arrivée de nouveaux colons.

Nous aurons dans la suite à parler de cette ville, à propos des troubles qui éclatèrent dans la Saskatchewan, en 1885. Elle fut assiégée par les troupes du général Middleton et prise par lui.

§ 2 Saint-Louis de Langevin.

I rente-cinq kilomètres au nord de Batoche, et aussi sur la rive droite de la Saskatchewan du sud, se constitua, vers 1885, une autre agglomération. Les Oblats y célébrèrent les offices, d'abord, dans une maison mise à leur disposition par M. J.-B. Boucher, jusqu'à ce que fut achevée la construction d'une véritable église, en 1889. On y ajouta, peu après, un |ircsli\ tère Gonvenable.

(1) Voir la carte, p. 120.

Cette Mission était susceptible d'acquérir un grand développement, vu la fertilité du sol. En cet endroit, allèrent s'établir de préférence les colons de langue française, venus d'Europe et du Canada.

En 1892 l'église, quoique récente, devenait déjà trop étroite.

De là, régulièrement les Pères portaient les secours religieux à un certain nombre de familles, disséminées sur un rayon de plus de cent kilomètres : à Stony Creek, à Fish Creek, ou Anse aux Poissons, à la rivière Carotte, au fort La Corne, à la montagne des Bouleaux et à deux réserves de sauvages Cris.

L'ouvrage donc ne manquait pas. Au contraire, les Missionnaires étaient surchargés, car le nombre des bras ne correspondait pas toujours à l'abondance de la moisson qui se levait, sous le soleil de la grâce, sur ce vaste terrain, cultivé avec tant de zèle par les vaillants ouvriers de l'Evangile.

§ 3 J(egina.

Choisie à la place de Battleford pour devenir la capitale des Territoires du Nord-Ouest, Regina (la Reine), ainsi appelée en l'honneur de la reine d'Angleterre, Victoria, n'existait pas encore, en 1882, époque à laquelle le P. Ilugonard, à la demande d'un canadien-français, vint, en cet endroit, situé à une centaine de kilomètres au sud-ouest de Qu'Appelle, célébrer la Messe pour la première fois.

Au printemps de 1883, le P. Saint-Germain y retourna, pour procurer à un groupe de Métis les secours religieux. Le P. Mac-Carthy lui succéda, en 1885.

Les années suivantes, une chapelle et un presbytère y furent bâtis ; mais, malgré son titre de capitale, Regina ne se développa que très lentement.

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