‹ Cent ans d'apostolat dans les deux hémisphères (volume 2)Chapitre 37 sur 69 · DANS LE SUD DE L ALBERTA · texte numérisé non relu

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pauvre, seul et sans aide, mais travaillant sans relâche, et avec un désintéressement absolu, à l'œuvre qui lui est confiée.

Pour fortifier le poste militaire, le Gouvernement se mit à bâtir de vastes casernes qui lui coûtèrent plus d'un million. Aussitôt la ville prit un accroissement notable.

Puis, autre cause de développement inespéré, on découvrit, presque inopinément, à une cinquantaine de kilomètres à l'est de Macleod, des mines de charbon considérables et riches de promesses. Sans retard, une puissante Compagnie en fit l'acquisition. Immédiatement, on conçut le projet d'un embranchement de chemin de fer, qui se rattacherait au Canadien Pacifique. A peine conçu, ce projet fut réalisé.

§ 7 Lethbridge,

Près de ces mines de charbon, une ville naquit, comme par enchantement, grandit avec une rapidité prodigieuse, et fut bientôt connue sous le nom de Lethbridge.

Vite, il y eut, là, d'assez nombreux catholiques, en majeure partie Irlandais. Ils demandèrent, avec instance, qu'un prêtre se fixât parmi eux.

Dans l'impossibilité d'obtempérer tout de suite à leurs justes désirs, le P. Vantighem accepta d'aller régulièrement les visiter, de Macleod. Sous sa direction, un comité se forma dans le but de bâtir une jolie chapelle en pierre, avec tribune, sanctuaire et clocher.

Dans les environs de Lethbridge.

Cette église est l'honneur de la ville au charbon, écrivait le P. Foisy, le 7 avril L889. C'est un vrai bijou pour un pays comme celui-ci.

En même temps, deux écoles étaient ouvertes : l'une à Lethbridge rt l'autre à Macleod.

Elles marchent déjà si bien, écrivait encore le P. Foisy, qu'elles l.mt envie aux protestants, dont plusieurs y envoient leurs enfants, plutôl qu'à celles de leur secte, érigées avant les nôtres, mais qui leur donnenl moins de sa1 isfaction.

§ 8 Pincher Creek-

An pied des montagnes Rocheuses, à une quarantaine de kilomètres au sud-ouest de Macleod, se formait aussi une ville nouvelle, dans un site vraiment délicieux.

Un climat doux, un sol fertile, des eaux en abondance, du bois de construction et de chauffage, de vastes prairies naturelles, excellentes pour Té levage des chevaux et des bêtes à cornes, tous ces avantages appréciables y attirèrent des colons, en majorité catholiques.

( »n s'empressa donc d'y construire une chapelle qui, le 29 juin 1885, tut solennellement bénite et inaugurée par le P. Leduc. Toute la population accourut à cette cérémonie. Le ministre anglican lui-même voulut contribuer à la pompe de la fête, en prêtant gracieusement son harmouiiiin.

Comme sujet d'instruction, l'olliciant choisit la primauté de saint Pierre. Devant les catholiques et les protestants, il commenta les paroles de l'Évangile : « Tu es Pierre, et, sur cette pierre, je bâtirai mon Eglise. » KUes lui fournirent l'occasion de dire de bonnes vérités, condamnant la révolte de Luther et de Calvin, non moins que celle d'Henri \1II et autres.

En prêchant, il remarqua l'un des auditeurs qui semblait prêter une attention très soutenue, et qui, à la collecte, déposa dans le plateau uni' généreuse offrande.

Après la cérémonie, le P. Leduc apprit que cet auditeur si attentif, n'était ni plus ni moins que le ministre méthodiste de la localité.

Le lendemain, le ministre anglican demanda aux Pères une place dans leur voiture, pour se rendre, avec eux, jusqu'à Macleod.

Tout le long de la route, il les entretint de questions religieuses.

Membre de la haute église et ritualiste avancé, il anathématisait sans pitié les méthodistes, les presbytériens et les autres adeptes des diverses sectes dissidentes. Il défendait absolument à ses ouailles

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•d'assister aux oiïices de ces transfuges ; mais il leur permettait, en son absence, d'assister à ceux de l'église catholique.

■ — L'Église catholique, disait-il aux Pères, est l'Eglise mère, et la haute église d'Angleterre, la high Church, en est une branche : la plus belle, assurément.

■ — Belle branche, répondirent les Pères ; belle comme une branche desséchée, puisqu'elle s'est violemment séparée du tronc qui lui communiquait la sève et la vie.

■ — Que voulez-vous ! repartit leur interlocuteur. Moi, fils d'un ministre anglican et d'une mère catholique, je connais votre foi... Je m'en constitue le champion contre les attaques des presbytériens et des méthodistes ; mais, élevé dans la high Church, je donnerais volontiers mille dollars pour avoir la foi que vous avez, exempte de tous doutes et de toutes perplexités.

Dans la suite, ce ministre anglican conserva les meilleures relations avec les Pères ; il allait souvent les visiter, et les Pères lui rendaient également visite, de temps en temps, dans l'espérance de l'amener à la vraie foi. Dieu, certainement, frappait à coups redoublés à la porte de cette âme.

Composée en majeure partie de Canadiens français, la petite ville de Pincher Creek ne cessa de donner des consolations aux Missionnaires. Elle devint réellement un charmant séjour, même une coquette station.

On songea donc à en faire un sanatorium, où les Pères, usés par les labeurs d'un long et pénible apostolat, viendraient se recueillir dans la solitude, se livrer aux douceurs d'une pieuse contemplation, refaire leurs forces physiques, ou se préparer, dans cet ermitage, au grand voyage de l'éternité.

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