DIANO MARINA
JNonvel exode.
Dans rai)rès-midi même de ce jour terrible, les juuioristes français repartaient pour la France. On les abrita, d'abord, dans nos maisons de Notre-Dame de l'Osier et de Notre-Dame de Bon-Secours ; puis, dans celle de Notre-Dame des Lumières, dont les portes s'ouvrirent encore à une nombreuse jeunesse. Deux ans après, elle y célébra dans l'allégresse le cintjuantième anniversaire de la fondation du premier juniorat.
Les junioristes italiens furent envoyés à Rome, et recueillis dans notre maison de Saint-Pierre-ès-Liens, assez grande et assez bien aménagée pour contenir deux communautés simultanément. Elles ne se gênaient en rien dans leurs mouvements resjjectifs, ayant chacune son quartier à part, son escalier séparé et sa cour de récréation. Elles ne se rencontraient (pi'au réfectoire pour les repas, et à la chapelle pour les offices.
Aux jours de fête, les voix d'enfants, fraîches et pures, s'unissaient aux voix jîlus graves des étudiants en philosophie et en théologie, pour louer Dieu. Il résultait, de ce mélange, des chants pleins de grâce et de beauté : chants aux riches accords et aux harmonies suaves.
Pour les classes, les junioristes allaient au collège Massimo, le plus renommé des établissements d'instruction secondaire, et qui comptait près de six cents élèves appartenant aux meilleures familles. Ils s'y distinguèrent par leur application, leur bonne conduite et leurs succès. Non seulement ils obtinrent des prix et des médailles dans les concours généraux, comme leurs aînés à l'L^niversité grégorienne, mais plusieurs prirent les grades académiques, ce qui devait permettre ]j1us tard d'ouvrir soit un autre juniorat, soit un collège, sans crainte des tracasseries gouvernementales.
Suivant l'usage italien, tous, même les plus petits, portaient la soutane et la douillette, ce qui leur donnait un air de gravité précoce, contrastant avec leur âge et leur vivacité naturelle.
Leur nombre augmentant sans cesse, il fallut, en 1892, ])our ne ])as mettre obstacle au développement du scolasticat qui croissait aussi, les transférer dans un autre local : la villa del Drago, entourée d'une vaste cour ombragée de grands arbres, située entre la gare et la porte Saint- Laurent.