CHAPITRE XV Lyon
Peu après la période aiguë des expulsions, la Congrégation fonda une maison nouvelle, à Lyon, la ville de saint Irénée et de saint Pothin, toujours si dévouée à l'Immaculée Conception de la Sainte Vierge, et berceau de l'œuvre si méritante de la Propagation de la Foi.
Les commencements en furent modestes, comme celui de toutes les choses voulues de Dieu, mais la semence était bonne, et les bénédictions du Ciel ne manquèrent pas.
Depuis plusieurs années, les Oblats y étaient très avantageusement connus par des travaux qui avaient eu un grand succès.
Citons, entre autres, la mission prêchée par les Pères Lavillardière, Trotobas, Pichon et Pays, pendant le carême de 1883, dans l'importante paroisse de Saint-Bernard, qui longe le grand boulevard de la Croix- Rousse, et ne comprend pas moins de douze mille âmes.
Durant quatre semaines, l'affluence alla croissant, à tel point qu'on ne pouvait plus trouver place dans un vaisseau qui contient aisément plus de trois mille personnes.
— Dans ce centre essentiellement ouvrier, écrivait le P. Lavillardière, le bon Dieu nous a accordé la grâce d'opérer un bien inouï, (pic Lui seul saura jamais, et que nous n'eussions pas soupçonné être appelés à accomplir dans une si large mesure... Au labeur fécond des confesssions flOUS avons consacré des journées entières... Cinq fois nous avons convoqué spécialement les hommes. Ces réunions exclusives turent toujours nombreuses et recueillies. Des individus y apparaissaient qu'on n'avait jamais vus à l'église. Nous en ion naissons plusieurs qui, pour s y rendre, faisaient.
chaque soir, un trajet considérable, de Perrache, par exemple, c'est-à-dire, qui traversaienl la ville dans toute sa longueur.
A plusieurs reprises, on constata, du liant de la chaire, et disséminés
• lans la foule, des messieurs prenant «les notes sur des carnets. Étaient-ce «les agents de la polie, secrète, chargés de surveiller les Missionnaires J C'esl possible. En tout cas, si quelques dénonciations turent formulées,
elles n'eurent aucune suite.