SAINT-BONIFACE
Trois mois environ, le P. Bermond demeura à la baie des Canards, employant ses journées à enseigner les prières aux sauvages, et à les catéchiser. Il n'en revint que dans les premiers jours de juin, et y retourna vers la fin de juillet, pour y rester trois mois encore. L'année suivante, il y bâtit une chapelle et une maison.
Il songea également à créer un autre poste, sur la rive méridionale du lac Manitoba, station intermédiaire entre la baie des Canards et Saint-Boniface. Il appela cet établissement Notre-Dame du Lac, y passa l'hiver, et l'embellit d'une jolie résidence. Le P. Tissot l'y rejoignit, au mois de décembre 1849, et y séjourna jusqu'au printemps de 1850.
Quoique Sauteux, les sauvages fréquentant la baie des Canards et les bords du lac Manitoba paraissaient animés de dispositions moins hostiles que ceux de Wabasimong ; mais ils étaient, cependant, fermés aux idées surnaturelles, et donnèrent peu de satisfaction aux apôtres qui se dévouaient pour eux.
Après une visite qu'il leur fit, le P. Aubert écrivait à son frère :
— Missions peu consolantes !... Que sera l'avenir ? Dieu le sait. On doit savoir attendre l'heure de la Providence. A mon avis, il vaudrait mieux diriger les nouveaux Missionnaires vers les tribus qui désirent la lumière, plutôt que de les immobiliser parmi des sauvages qui se raillent de la religion, et ne la considèrent que comme un moyen d'avoir, sans travailler, de quoi manger, boire et se vêtir.
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Sur la grève des lacs. — Chiens traînant un canot.