‹ Cent ans d'apostolat dans les deux hémisphères (volume 5)Chapitre 33 sur 83 · ATHABASKA. FOND-DU-LAC · texte numérisé non relu

ATHABASKA. FOND-DU-LAC

Le long de la rivière "La Paix.

Pendant que, par les soins du P. GroUier, le catholicisme se répandait, vers le nord et vers l'est, jusqu'au fort Churchill sur la baie d'Hudson, le P. Faraud évangélisait les sauvages Castors, disséminés à l'ouest du lac Athabaska.

Pour les atteindre, il remonta la branche occidentale du Mackenzic, la rivière La Paix, que les Montagnais appellent aussi la Grande-Rivière- Rouge, ou Vermillon, Tsi-tchôr-dessé.

La rivière La Paix.

Elle n'a pas moins de dix-sept cents kilomètres de longueur, avec une largeur, parfois, de trois à quatre kilomètres, et des rives majestueuses. Elle baigne successivement de magnifiques forêts et des plaines fertiles. Le sous-sol de sa vallée recèle des richesses minérales considérables : houille, asphalte, soufre, gypse, fer et même des gisements d'or.

Vers le milieu du xix^ siècle, ces trésors étaient encore insoupçonnés. Le Missionnaire, d'ailleurs, ne s'en souciait pas. Ce qu'il cherchait, c'étaient les âmes, infiniment plus précieuses.

Premier apôtre de ces contrées si peu connues, alors, le P. Faraud se rendit aux deux principaux postes de traite : le fort Vermillon, où il

fonda la mission de Saint-Henri, et le fort Dunvégan, où il établit celle de Saint-Charles.

Déjà au courant de ses travaux à la Nativité, les Castors l'accueillirent avec des transports de joie : démonstrations plutôt extérieures. Quand il fallut en venir à la pratique de la morale chrétienne, les difficultés s'amoncelèrent.

Renoncer aux superstitions de tout genre, aux jeux de hasard, causes de disputes et de batailles, à l'immoralité surtout, était dur. Beaucoup même refusèrent de laisser baptiser leurs enfants, sous prétexte que, si ceux-ci tombaient malades, les remèdes de leurs jongleurs, ou sorciers, seraient, désormais, inefficaces pour eux.

Quelques-uns, cependant, par leur conversion sincère consolèrent l'apôtre. Les employés de la Compagnie aussi se montrèrent dociles à ses enseignements, et profitèrent de son ministère.

Ainsi commencé, le bien augmenta, dans la suite, à chaque visite du Missionnaire. Rien ne le décourageait. Les obstacles, au contraire, excitaient son ardeur.

Son retour au lac Athabaska lui demandait plus de vingt jours de marche, à la raquette, parfois sous des tempêtes de neige d'une violence inouïe. Dans ce parcours d'un millier de kilomètres, à pied, au milieu de très graves dangers, il faillit périr, plusieurs fois, de misère, de faim et de froid.

Le souvenir de ces terribles expéditions ne l'empêchait pas de les renouveler.

Dieu récompensa tant de constance et de générosité : de nombreuses brebis égarées entrèrent au bercail.

Fourrure de prix.

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