DANS LES PROA^XCES
pales églises du distriet. et s'efforça d'entraîner le plus de gens possible dans le schisme.
— Ce qui se passe actuellement à Mantotte, fait tomber les bras, écrivait le P. Séméria à Mgr de Mazenod, le 6 avril 1850.
En effet, avec de Targent et des liqueurs enivrantes, dont il usait lui-même largement, le prêtre interdit avait séduit plusieurs chefs de castes. Or, quand un chef était gagné, toute la caste suivait, d'ordinaire, aussi aveuglément que les moutons du troupeau de Panurge.
Par un acte rédigé devant notaire, tous ces chrétiens dévoyés s'engagèrent non seulement à défendre l'intrus envers et contre tous, mais à le çrarder chez eux, à le loger, à le nourrir, etc.
A l'annonce de ces tristes nouvelles, Mgr Bettacchini. accompagné du P. Le Bescou, arrivé à Ceylan depuis un an, alla, au commencement de la Semaine Sainte, dans cette mission bouleversée, jDour s'opposer au progrès du schisme.
Aussitôt qu'il parut, l'un des principaux révoltés l'accosta avec toutes les apparences du respect, et le pria hypocritement de se rendre à l'église ; puis, il prit les devants, comme pour préparer une brillante réception. !Mais, autom- de la chapelle, le vicaire apostolique trouva cent cinquante hommes armés, et lui barrant le passage.
D'un air arrogant, ces forcenés demandèrent raison de l'injure faite à leur prêtre par cette suspense cpfils qualifiaient de souverainement injuste et twannique. Les catholiques qui avaient suivi l'évêque protestèrent ; on s'échauffa, de part et d'autre, et il y eut des coups de bâton échangés.
Désireux d'éviter l'effusion du sang, Mgr Bettacchini se retira dans une autre chrétienté, à plusieurs lieues de distance. Le dimanche de Pâques, il y publia la sentence d'excommunication contre l'indigne prêtre, source de tout ce scandale, et contre ses adhérents les plus compromis, si, dans le terme de huit jours, ils ne revenaient à résipiscence.
Malgré les foudres spirituelles, le schisme persista.
Au P. Ciamin se joignit, alors, le P. Vix-ier. qui, ayant rapidement appris le tamoul. Taida puissamment dans ce poste difficile. Ensemble ils luttèrent contre l'erreur, et remportèrent plusieurs triomphes éclatants sur l'esprit mauvais. En peu de mois, ils ramenèrent au bercail presque la moitié des égarés, appartenant à douze ou treize bourgades différentes.
Dans le but de mettre obstacle à ces conquêtes pacifiques, le prêtre excommunié appela à son secours un de ses confrères de Gioa. schismatique comme lui.
Heureusement l'arrivée de cet autre semeur de zizanie, loin de nuire à la bonne cause, lui fut ])lutôt favorable, par les excès auxquels il s'adonna.
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Plusieurs l'ois, on le ti()U\;i ivn-. éttiulu par terre. Quant à son bagage théologiquc. il était tks jjlus minces. Ayant su que Pie IX avait dû se réfugier à Gacte, il s'éeria :
— I.e Pape iTest jilus à Rome ! Donc la religion est finie !...
Son incoii(liiitc dégoûta les révoltés eux-mêmes, qui, peu à peu, ou\raiit l( s \(ii\ à la vérité, se rapj)roehèrent des jMissionnaires.
Dès la ])remière année de leur séjour à Ceylan, les Oblats s'oeeupèrent aussi des habitants de l'île de Manaar. Si, comme la tradition le rapporte, plusieurs centaines de leurs ancêtres convertis par saint François-Xavier, subirent le martyre, la ferveur de ces héros ne survivait pas dans leurs descendants fort dégénérés. Ils étaient aussi ignorants (pie ceux de Mantotte : aussi menteurs, aussi dissinuilés. aussi enclins au schisme.
— En ces contrées, écrivait le P. Séméria, le 18 janvier 1849, les Missionnaires d()i\ cnt se tenir continuellement sur leurs gardes, pour n'être trompés que le moir.s jîossible. Qu'ils évitent aussi de s'abaisser trop, et de céder sur \ni seul point, tant soit peu essentiel... On leur manquerait aisément de resjxct 1... Ici. plus (pie partout ailleurs, ils perdraient \ite la considération sans hupielic leur ministère serait paralysé presc|ue entièrement.
Jugement qui ne semblera pas trop sévère, si on le confronte avec celvii de saint François-Xavier. Dans sa soixante-septième lettre, le thaumaturge s'exprime ainsi :
— Les Iiidiciis se sont révélés à moi comme très insouciants des choses (li\in(s. inconstants, très légers, pvxi sincères, peu iidèles et très faux. On ne doit se her à eux. que lorscpi'on \-eut être trompé. La plujDart sont bornés, corrompus, et ont la vertu en horreur. Ce n'est pas, certes, une petite besogne de faire d'eux des chrétiens et de les conserver tels.
Ceux dont le grand apôtre parlait ainsi, étaient les habitants de la côte de Malabar, depuis Goa jusqu'au cap Comorin : mais les naturels de Manaar ne xalaicnt guère mitux :
— Dans rîK'. éeri\ait le P. Séméria. le 8 août ISôO. il y a ])lusieurs chrétientés, où. sans trop de difficultés, serait accueilli le premiei prêtre de Goa (pli consentirait à ])ren(lre ])ossession de leur église, et à les diriger. Les Goanais ont. (raillcuiN. en Kur faxcur un argument puissant : c'est l'argent, dont ils sont assez largement jiourvus, et qu'ils ne craignent pas de dépenser, jjour é\ iter la honte d'échouer dans leurs desseins, quand ils ont résolu de s'établir quelque part.
Néanmoins, les Oblats réussirent à iiii|)os(r le respect par l'austérité de leur conduite, l'ascc-ndant de leur \(rtu et l'ardeur de leur zèle. Si, trempés ])ar les prêtres schi^mati(pies. K^s pauvres chrétiens de Manaar