CHAPITRE XX L'Église de Holy Cross
Quoique Français, le 1*. Jolivct, après (]U('i{jues années de ministère dans les Iles Britanniques, en parlait si parfaitement la langue qu'on eiit difficilement deviné en lui un étranger. Nommé supérieur de la communauté de Liverpool, en i856, et voyant les écoles eatholicpies en pleine prospérité, il dirigea ses efforts vers la réalisation d'un projet conçu depuis longtemps : la construction d'une église monumentale.
Le célèbre Pugin traça les plans. Digne sœur de celle de Leeds. elle serait de style gothique à trois nefs et de vastes dimensions.
Mais comment trouver les ressources nécessaires pour cette colossale entreprise ?
Deux ans s'écoulèrent, en marches et démarches laborieuses. Enfin, arriva le moment où la chose parut faisable.
Dans un meeting organisé à la salle du Concert Hall, dans la Nelson Street, le i®'' février 1809, les orateurs, entre autres M. J.-B. As[)inall. api'ès des éloges chaleureux décernés aux Oblats. [)laidèrent en faveur de l'Œuvre. Leur appel éveilla dans les cœurs un écho sympathiipie. A l'heure même, une souscription s'ouvrit et. en tête de liste, la Société de tempérance voulut figurer par un don de cent livres sterling (2.600 francs) (i).
Le i3 juin, Mgr (îoss, évêquc du diocèse, entouré d'une trentaine de prêtres et d'une foule immense, posait la i)remièi'e pierre.
Au commencement de iSIh), la nef [)rincipale était achevée déjà. Très élancée, et divisée en plusieurs travées par des arceaux appuyés sur des colonnes (U' marbre blanc, elle reçoit une abondante lumière par de larges baies très élégantes (u).
Quelques mois plus tard, le 14 octobre 1860. l'inauguralion avait lieu devant une multitude enthousiasmée.
(i) Cf. Th. Huike, (kilhnlic Idsforij 0/ Liverpool, p. iSg. (2) Cr. The Lanip. du 11 IV-\ rier iHiio.
DANS LES ILKS UHITANMQUES
Dans leurs cuniples rendus, les journaux ilépcii,^nirenl lelte t'-glisc comme l'un des meilleurs spécimens de larchilecture i-elii^ieuse. De l'avis unanime. Liverpool avait le droit d'en être légitimement (iei- : as decidedl)- the best spécimen of ecclesiaslical arcliitechin' of w^hicli
Liverpool. — liiUricui' «le r(i;lisc de lloly ('ross.
Lioerpool could boasl (i). Klle est. en ell'el. sans e(»nle>le. lune des plus majestueuses tpu' rAuglelei'i-e ait l>àlie au xi\* si«'ele. Les piolestants eux-m»^mes ne cachaient ])as leui- admiration. I.e sanctuaire s enrichit, <ians la suite, d'un somptueux autel en -x-rpeutine et en sdhAtre, <pii, à lui seul, n«' coûta [»as moins de «piaranle mille l'rancs.
Alin <|u"à r«'-rection de ce temple mal<''riel si maj^niTupie. eorres- J»<»ndil un n-nouveau de vie suiiialurelle dans la ]iopulalion. 1rs
(l) Cf. Liivrpaol Mrrriirii. <lu i', rxiol.ic iS(xi.
L KGLISE DE IIOLY CROSS
Pères Gobert, Kerby, Fox et Arnoux y prêchèi*ent une grande mission de quatre semaines, depuis le premier dimanche de Carême. 17 février 1861, jusqu'au dimanche de la Passion. Ce fut, selon l'expression de l'analyste, « une pèche miraculeuse de gros poissons, dont beaucoup, âgés de trente à soixante ans, n'avaient jamais été saisis dans les saints filets ». Il y eut plus de quatre mille communiants.
La Société de tempérance étendit, depuis, son influence salutaire. Ses membres se réunissaient une fois par semaine dans l'église de Holy Cross, et, chaque fois, un Père adressait un discours de circonstance aux assistants de plus en plus nombreux. Des quartiers les plus lointains de la ville, hommes et femmes venaient prendre le pledge, c'est-à-dire l'engagement solennel de s'abstenir de toute boisson enivrante : scènes édifiantes et curieuses qui se sont continuées jusqu'à notre époque, et dont nous fûmes témoin encore, ])endant notre séjour à Liverpool, au mois d'août 1913.
Glencree. — La Revue. (Cf. lexlo, p. Giiu.)