CHAPITRE XXI
Leith (Edimbourg)
Si Les pharisiens d'Ecosse.
Centralisant tout le commerce de l'Angleterre avec la Russie et les contrées septentrionales, Leith, port d'Edimbourg, peut être appelé le Liverpool du Nord. Déjà remarquables par leurs dimensions, en 1860, ses docks étaient sur le point d'acquérir des proportions plus considéral)les encore. D'après un projet à la veille d'être mis à exécution, ils couvriraient une superficie de cinquante hectares. Ces travaux amèneraient une foule d'Irlandais. Il était donc urgi'nt de fonder une maison de Missionnaires, pour assurer à ces émigrants les secours religieux.
Sur une population qui s'élevait, alors, à quarante mille âmes. Leith ne comptait que de dix-neuf cents à deux mille catholi((iies. la plupart excessivement relâchés.
— Là, disait un des premiers Pères qui y fui'ent envoyés, j'ai rencontré des gens, qui, pour l'igrioi-aiice dos vérités surnaturelles et pour linconduite, ne le cédaient en rien aux sauvages de rOcéanie.
Privés de prêtres, les catholiciues, au contact des presbytériens, oubliaient même la nécessité du Ha[)têmo, car ces hérétiques, dont ils ne subissaient que trop l'induence, n'attachaient aucune importance au plus indispensable des sacrements.
Quant aux préceptes de la morale, ils devenaient, poui' l;i généralité, lettre morte.
I'r(îsbyt(rieiis el piiiilains poussaient les prati(|iies extérieures de resi)ecl i)our la loi de Dieu, juscpiau i-igorisme le plus ouln- et le plus ridicule. Par exemple, oser, le dimanelie, aller à la promenade, rentli-f une visite, ou jouer «lu piano, constiliiail un erinie aboniinalili'.