‹ Cent ans d'apostolat dans les deux hémisphèresChapitre 15 sur 131 · DE RETOUR DAXS LA PATRIE · texte numérisé non relu

DE RETOUR DAXS LA PATRIE

cette occasion de ténioig-ner sa gratitude, il accueillit Eugène avec une extrême bienveillance, l'invita plusieurs fois à dîner au Ministère, et profita des grandes soirées qu'il y donnait, pour le présenter à beaucoup de personnages officiels, dont l'amitié, pensait-il, lui serait avantageuse. Pour être agréable au fils de son ami, et procurer, en même temps, au gouvernement impérial un serviteur distingué, Portails, étonné que son protégé ne lui adressât aucune demande, lui dit, un jour, du ton le plus engageant :

— Voyons, Monsieur Eugène ! vous voilà en âge de prendre un parti et de suivre une voie. Il ne vous convient pas de rester plus longtemps dans l'inaction. Vous devez vous rendre utile à votre pays et à vous-même. Je suis tout décidé à vous aider. Que désirez-vous ?

— Mais rien, Monsieur le Ministre. Votre bonté me touche. Permettez-moi cependant de ne pas en user.

— Comment!... A quoi donc consacrerez-vous votre jeunesse? Allons ! laissez-moi faire. Je vais vous confier une sous-préfecture, et, peu de temps après, dès que vous serez initié aux pratiques administratives, je vous nommerai préfet. Voilà une belle carrière que je vous ouvre.

Eugène remercia poliment, mais n'accepta pas.

A diverses reprises, le puissant ministre réitéra ses offres. Ne réussissant pas, il pria le cardinal Gaprara, légat du pape, d'intervenir.

Constamment Eugène opposa le même refus.

Son ambition visait plus haut que les faveurs impériales. Il voulait servir Dieu dans la personne de ses pauvres. Les honneurs et les riches émoluments affectés à une préfecture de première classe, lui semblaient fort méprisables, comparés à la gloire d'être le missionnaire des âmes les plus abandonnées.

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