L ENTREE EN COMMUNAUTE
voyait, esprit perspicace et réfléchi, que cette tutelle gouvernementale ne tarderait pas à se réduire, pour les Associations qui s'y soumettraient, à une série de mesures vexatoires, minutieuses et restrictives, ou même directement oppressives de la liberté.
Pour la réalisation de son projet, un local, au préalable, lui était nécessaire. Gomment, en efl'et, inviter des collaborateurs à s'unir à lui s'il n'avait à leur offrir un toit pour les abriter ?
Après des investigations longues et fatigantes, il ne découvrit rien de mieux que l'ancien couvent des Carmélites d'Aix, dont une partie était alors en vente.
Situé à l'extrémité du grand cours, actuellement cours Mirabeau, et presque au centre de la ville, ce couvent possédait une belle église, en forme de croix grecque, bâtie, cent vingt ans auparavant, dans le style de la Renaissance, sur les plans du célèbre Pujet, avec une coupole ovale très élancée et fort élégante (i).
A l'époque où ces saintes filles vivaient dans ce monastère, l'église était accessible au public ; mais, en arrière du maître-autel, le chœur réservé aux sœurs cloîtrées, restait caché aux yeux des fidèles. Le dernier supérieur ecclésiastique de ce Carmel avait été l'oncle même de l'abbé de Mazenod, le chanoine Charles-Fortuné, alors vicaire général de l'archevêque.
Pendant la Révolution, l'immeuble fut confisqué et mis en vente, comme bien national. Des acquéreurs ne se présentèrent que pour les salles ayant servi d'habitation.
L'église demeura propriété communale.
Changée d'abord en magasin, ou entrepôt, elle devint ensuite une sorte d'amphithéâtre, où les dompteurs de fauves montraient à la foule les bêtes féroces et curieuses de leurs ménageries.
Puis, abandonnée aux intempéries des saisons, comme tant d'autres édifices volés ; exposée aux injures du vent et de la pluie que nul obstacle n'empêchait d'y pénétrer ; lézardée dans tous les sens et jamais réparée, elle avait fini par tomber dans un état de délabrement lamentable.
Le jeune prêtre qui, plus tard, évêque de Marseille, érigerait, dans cette populeuse cité, la plus somptueuse cathédrale du xix*^ siècle, et, sur la colline de Notre-Dame de la Garde, la magnifique basilique qui domine la mer immense ; celui qui, par ses Oblats, répandus dans le monde entier, devait, sous tous les climats, ramener à leur splendeur primitive tant de sanctuaires en ruines et en construire tant de nouveaux
(i) Cf. Roux Alphéran, Les Riiea d'Air, in-40, Aix, 18^6-1848, t. II. p. 228 sq.
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à la gloire de Dieu ou de son Immaculée Mère, allait préluder à sa destinée d'infatigable bâtisseur d'églises, par la restauration de celle du Carmel de sa ville natale.
Ce serait une difficulté de plus ajoutée à celles qui s'amoncelaient devant lui : mais ce surcroît de travail et de peines n'était point pour le faire reculer d'un pas. Rien ne le découragerait.
En i8i5, l'ancien couvent appartenait à une M""^ Confier. Elle y avait installé un pensionnat de demoiselles. L'institution végétait. Les élèves n'étaient pas assez nombreuses pour remplir ce vaste local. La partie inoccupée pourrait commodément, par des murs de séparation, être isolée du pensionnat. De cet arrangement résulterait une maison distincte, communiquant avec le chœur qui serait sa chapelle particxilière. Les chambres disponibles suffiraient au début pour loger les premiers collaborateurs. Dans la suite, ce pensionnat cessant d'exister, ou se fixant ailleurs, on aurait la possibilité d'acquérir le reste, et de se trouver plus au large.
Le 2 octobre i8i5, en la fête des Saints Anges Gardiens, l'abbé de Mazenod signa l'acte d'achat qui le rendait propriétaire de la moitié de l'ancien , Carmel. Disons ici, pour ne plus y revenir, que, dans le courant de l'année suivante, en 1816, l'autre moitié lui fut également vendue, et, dès lors, sa communauté put s'y développer à l'aise.
Les Premiers Compagnons.
En même temps qu'il se préoccupait du local, il ne perdait pas de vue la question, bien plus importante, du personnel.
Dans cette intention, il priait et se mortifiait, traitant durement son corps. Aux llagellations sanglantes il joignait d'autres austérités, jeûnant, portant le cilice, couchant sur des planches, s'industriant à se torturer.
Le Seigneur fut touché par tant de supplications et d'héroïques sacrifices.
Mais que les voies de Dieu sont impénétrables !... Chose étrange : celui dont la Providence se servit pour lui indiquer ses premiers compagnons, et qui se proposa lui-même pour s'associer à eux, ('-tait un misérable prêtre dissimulant sous les dehors de la veilu les vices les plus infâmes. On <lul bientôt le chasser. (]e malheureux, peu (raniii'es après, mourut dans l'impé-uitence, d'une mort (|u'<»n l'accusa de s'être donnée lui-ini"ine. El c'est lui, néanmoins, (pii di-signa :iu fondait ni- des limnnit's • lignes et capables de le seconder.
Uecruter des confrères était le constant souci dr l'ait!)!- de Mazenod.
L ENTREE EX COMMUNAUTE 8l
Il s'en ouvrait à tous ceux qu'il pensait pouvoir l'aider dans ses recherches.
Un jour, le vicaire de Lambesc, paroisse de deux à trois mille habitants, placée entre Aix et Salon, se présenta à lui. Cet ecclésiastique aux allures décidées, plein de vie et d'entrain, avait entendu parler du projet des missions populaires.
La conversation s'engagea sur ce thème.
Après quelques phrases, ce prêtre lui demanda sans autre préambule :
— Voulez-vous de moi ?
Un peu interloqué par cette question à laquelle il ne s'attendait pas, l'abbé de Mazenod répondit, hésitant :
— Je ne dis pas non... mais l'œuvre réclamera du renoncement... des sacrifices... Étes-vous prêt à tout cela?
— Certainement ! N'en doutez point. Je quitterai mon vicariat, dès que le moment sera venu !... De plus, je suis en mesure de vous signaler d'autres sujets dont le concours vous sera des plus utiles.
— Lesquels ?
— Mais... d'abord, M. Tempier. C'est l'homme de la régularité, de l'ordre et du devoir;... un homme de jugement et de solide piété. Actuellement vicaire à Arles, il édifie chacun par ses vertus, son dévouement inlassable, le soin spécial qu'il prend des enfants et des pauvres.
— Pensez- vous qu'il accepte ?
— En ce qui le concerne, oui ! Mais ce ne sera pas sans peine que vous l'obtiendrez de l'autorité capitulaire. Le supérieur du petit séminaire, M. Abel, dont il a été l'élève de prédilection, et qui l'a précédemment employé déjà comme professeur d'humanité et préfet de discipline, se propose de le redemander pour sa maison, en qualité de directeur spirituel.
— En connaissez-vous d'autres ?
— Assurément!... Vous n'ignorez pas qu'il y a une dizaine d'années, en i8o5, Mgr de Cicé, archevêque d' Aix, fit, comme vous en ce moment, appel à quelques prêtres généreux pour des missions dans les villes et les campagnes. L'œuvre ne dura pas longtemps, car ceux qui s'en mêlèrent, n'ayant entre eux aucun lien bien déterminé, ne tardèrent pas à se séparer, à cause de leurs divergences d'idées et de caractère. Parmi eux, l'on comptait, pourtant, des hommes de valeur et de mérite, entre autres celui qu'on nomme encore le Père Mie. Fidèle à son attrait, il continue à prêcher des missions. Je suis persuade qu'il serait très heureux de s'unir à vous, et vous auriez en lui un précieux auxiliaire.
— En elïet ! Il v a là une démarche à tenter.
Sa LA FONDATION
— Je connais, en outre, un des meilleurs curés de ce diocèse, possédant des aptitudes exceptionnelles pour la prédication et doué de toutes les qualités physiques qui font le missionnaire complet : taille avantageuse, voix puissante, santé robuste. C'est l'abbé Deblieu. En votre compagnie, il deviendrait un véritable apôtre... Ainsi, avec ces trois prêtres, vous et moi, nous serions cinq. N'est-ce pas assez pour commencer ?
— Oui, certes ! c'est suffisant pour un début. C'est déjà presque la moitié du chiffre douze que Notre-Seigneur s'était fixé à lui-même. Je ne saurais trop vous remercier de m'avoir fourni ces indications aussi détaillées. Sans délai, je vais écrire à ces messieurs.
Cinq apôtres, pour commencer, c'était bien quelque chose.
Etaient-ils réellement cinq ? Plutôt quatre. A cette heure, l'abbé de Mazenod ne se doutait pas, hélas ! que, parmi ces cinq, il y avait un Judas : celui-là précisément qui lui parlait. Mais les autres étaient bons, même excellents.
Un vieux proverbe dit : Si le diable vous donnait un sage conseil, il faudrait le suivre, quoique de lui.
Cependant l'abbé de Mazenod avait trop de prudence, pour se fier aveuglément aux recommandations d'un inconnu. Les informations qu'il prit au grand séminaire et à l'évêché lui prouvèrent qu'il n'avait pas été trompé. Dès lors, il n'hésita plus. Le 9 octobre i8i5, il adressait à l'abbé Tempier, avec lequel il n'avait eu jusqu'alors que de très rares relations, une lettre toute de feu, bien propre à toucher un cœur sacerdotal :
— Mon cher ami, lisez ces lignes au pied de votre crucifix, dans la disposition de n'écouter que Dieu, ce que l'intérêt de sa gloire et le salut des âmes exigent d'un prêtre tel que vous...
Après cet exorde qui en appelait, de prime abord, aux sentiments les plus élevés et les plus surnaturels, il traçait un tableau saisissant du déplorable état, au point de vue spirituel, des pauvres habitants des campagnes. Il regrettait la faiblesse des moyens opposés à tant de maux, et, rappelant les paroles du Pape, affirmait que seules les missions ramèneraient les peuples à la foi des aïeux. Puis, en lui annonçant (ju'il avait jeté les fondements d'un établissement de missionnaii'cs.il l'invitait, delà façon la plus pi-essante. à venir prendre r;ing parmi eux.
Etait-ce distraction ou calcul? il n'avait i)as signé sa letti-e. L'abbé Tempier, un instant perplexe, su[)posa vite qu'elle ne jjouvait être (jue de lui. En ayant acquis bientôt la certitude, il s'empressa de répondre :
— (Uir Dieu soit hr-ni tli; vous avoir iiispiiN' ce projet! .le partage
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absolument vos vues, et, bien loin d'attendre de nouvelles instances, je vous avoue, au contraire, que si j'avais eu connaissance de votre dessein, je vous aurais prié le premier de me recevoir dans votre Société... Il est vrai que je ne découvre pas en moi le talent de la parole nécessaire à un missionnaire ; mais alius sic, alius vero sic. Ce que je ne ferai pas dans de brillants discours, je le ferai dans des catéchismes, dans des conférences, dans le Tribunal de la pénitence, et par tous les autres moyens qui pourront contribuer au règne de Jésus-Christ dans les âmes. Rien n'est bas ni pénible pour cela... Je vois d'ailleurs ce que vous recherchez le plus dans le choix de vos collaborateurs : vous voulez des prêtres disposés à marcher sur les traces des apôtres et à travailler au salut des âmes sans espérer d'autre récompense sur la terre que beaucoup de peines et de fatigues. Par la grâce de Dieu, je sens en moi ce désir ; ou, si je ne lai pas, je souhaite ardemment l'avoir. Avec vous, tout me deviendra plus facile. Ainsi comptez entièrement sur moi.
Cette lettre, si pleine de foi, d'humilité et de zèle apostolique, combla de joie l'abbé de Mazenod. Il avait donc, enfin, trouvé un autre lui-même... quelqu'un qui serait le confident de ses pensées pour le bien à accomplir.
De son côté, l'abbé Tempier avait, depuis longtemps, une estime très marquée pour l'abbé de Mazenod, qu'il vénérait comme un saint. Aux prêtres de son entourage il parlait de lui avec admiration, exaltant ce qu'il y avait de noble, de grand et de surnaturel, dans ce gentilhomme renonçant aux avantages de sa naissance, pour se dévouer avec tant de désintéressement à l'évangélisation des pauvres.
Des difficultés administratives le retinrent à son poste jusqu'à la fête de la Xoël ; mais, dès le lendemain, il laissait Arles. Le 2; décembre, il arrivait à Aix.
A partir de cette date, il passa toutes ses journées auprès de l'abbé de Mazenod, s'occupant, avec lui, de l'aménagement des appartements destinés à leurs futurs compagnons. A eux deux, ils formaient déjà un embryon de communauté, récitant leur office ensemble, et faisant ensemble leurs exercices de piété. La maison n'étant pas encore suffisamment prête, ils se séparaient, le soir : l'abbé de Mazenod rentrait chez sa mère, et l'abbé Tempier chez des parents qu'il avait à Aix.
Le 2S Janvier 18 j 6.
Leur intention était de coinntiencei' officiellement, le 2.5 janvier, fête de la Conversion de saint Paul, apôtre des Gentils et modèle des missionnaires. Dans ce but, ils pressaient les prêtres qui avaient promis leur concours, de hâter leur voyage. Les obstacles à surmonter imposaient à ceux-ci din volontaires retards. M. Deblieu était curé : une cure ne s'abandonne pas aussi facilement qu'un vicariat. Le P. Mie, ravi de voir une maison de ce genre se constituer sur des bases solides, avait acquiescé avec enthousiasme ; mais des travaux entrepris le retinrent encore quelques semaines.
Malgré ces atermoiements inévitables, l'abbé de Mazenod et l'abbé Tempier convinrent de ne pas dilTérer leur entrée en communauté. Le 25 janvier 1816, ils quittèrent donc, lun la maison de sa mère, l'autre celle de ses parents, et prirent possession du couvent des Carmélites. Ils célébrèrent la messe dans l'ancien chœur suffisamment restauré. Dès lors, le monastère fut leur habitation du jour et de la nuit. Ils ne se possédaient pas de joie.
Pour ces murs, autrefois sanctifiés par les austérités et l'angélique vie des vierges du Carmel, finissait la désolation. Les vertus religieuses y refleurirent.
La pauvreté monastique, avant qu'on en prononçât le vœu. fut. dès le principe, rigoureusement observée. Le mobilier comprenait à peine le strict nécessaire. Au réfectoire, la table consistait en une planche posée sur deux tonneaux. Le luminaire, à l'avenant. L'unique lampe dont il se composait, était successivement transportée d'une pièce dans une autre. Le soir, avant le moment du coucher, on la mettait sur le seuil de la porte de communication des deux cellules, afin qu'elle servît à les éclairer toutes deux. La cheminée de la cuisine fumait tellement que l'intérieur de la maison en était obscurci. On se serait cru dans un épais brouillard. Que pouvait être, dans ces conditions, le régime alimentaire?... aussi confortable que le logement.
La mère de l'abbé de Mazenod en était navrée. Elle eût voulu recevoir, chaque jour, à sa table, son fils et l'abbé Tempier. afin de les traiter, comme sait le faire une dame du moiulo ayant de la fortune.
Toutes ses instances furent vaines.
A ses invitations réitérées, son fils réijondiiil invariablement :
— Ma demeure actuelle est petite, incoinmoiU' «>t ])auvn'. l'anl mieux 1 Elle ne ressemblera jamais assez à la maison de Nazan-lh cl à l'étable de Hcthlécun.
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Cette sublime parole de leur Fondateur et de leur Père, combien d'Oblats l'ont répétée, dans la suite, sous les chaleurs torrides de l'équateur et dans les g-laces éternelles du pôle!
Les autres membres de la naissante Société arrivèrent quinze jours plus tard, vers la mi-février. Néanmoins, ils assistèrent par l'esprit et par le cœur à cette inauguration. Si elle ne causa pas beaucoup de bruit dans le monde, elle dut réjouir, dans le ciel, les anges de Dieu. Les absents ne s'étaient pas contentés d'adhérer simplement par la pensée à l'acte accompli. Ils avaient signé, eux aussi, de leur main, la supplique datée de ce jour et adressée aux vicaires généraux capitulaires, pour obtenir dans le diocèse l'institution canonique.
Ce document authentique, que nous avons sous les yeux en écrivant ces pages, est comme la première ébauche des Règles, qui, après la sanction du Souverain Pontife, devinrent le code familial des Oblats de Marie. Lacceptation de la vie commune par les signataires était un acheminement vers un état plus parfait.
Le temps, y était-il dit, serait divisé en deux parties. L'une, dans l'intérieur de leur retraite, serait consacrée à la prière, à la méditation, à l'étude, à la pratique des vertus religieuses, pour lesquelles, ajoutaient-ils, leur attrait était si marqué, qu'ils se seraient agrégés à un Ordre déjà existant, s'ils n'avaient conçu l'espérance de trouver dans la communauté nouvelle les mêmes avantages sous ce rapport. La seconde partie serait pour le ministère extérieur, principalement la prédication des missions populaires. En entrant dans la Société, ils promettaient d'y persévérer, jusqu'à la mort, dans l'obéissance au supérieur élu à vie par les membres eux-mêmes, et dans l'observance des Statuts. De son côté, la Société s'engageait, envers eux, à les conserver, nonobstant les infirmités qui résulteraient de l'âge ou des travaux apostoliques. Les postulants, avant leur admission, seraient éprouvés deux ans dans un noviciat. A la demande des évêques, le supérieur aurait le droit d'envoyer les sujets prêcher, même en dehors du diocèse. La maison de la Société serait totalement exempte de la juridiction du curé de la paroisse, et ne dépendrait que de l'Ordinaire. Elle jouirait, à cet égard, des privilèges des anciennes maisons religieuses. Il en serait de même de l'église ou chapelle desservie par les Missionnaires.
Déjà législateur, le Fondateur avait tout jirévu. Se souvenant que l'œuvre des missions diocésaines créée par Mgr de Cicé, dix ans auparavant, n'avait eu qu'une durée très éphémère, parce que ses membres n'avaient eu entre eux aucun lien bien déterminé, il avait
LA FO.N'DATIOX
voulu écarter cette difficulté et assurer l'avenir. Le mot vœu n'avait pas été prononcé, ni écrit ; mais la chose y était équivalemment par la promesse de stabilité dans la Société jusqu'à la mort et par l'engagement d'obéir au supérieur. Dans les anciens Ordres monastiques, on n'émettait pas d'autre vœu que celui d'obéissance selon la Règle : Proniitto ohedientiam seciindiini Regulam. Tout est là.
Après avoir pris connaissance de cette supplique et l'avoir examinée en conseil, les vicaires généraux capitulaires l'approuvèrent, en termes très élogieux, le 29 janvier 181O.
La Société des Missionnaires était fondée.
Qui, alors, se doutait qu'elle était le germe d'un grand arbre dont le développement serait si rapide et si merveilleux?... Ses rameaux s'étendraient bientôt jusqu'aux extrémités de la terre, et, à leur ombre, des multitudes, appartenant à des nations diverses, s'abriteraient !