CHAPITRE III La chapelle de la Mission à Aix
Le culte du Sacré-Cœur.
Suffisamment restaurée après plusieurs mois de travaux poussés activement, l'église extérieure de l'ancien couvent des Carmélites s'ouvrit au public, le dimanche des Rameaux, j avril 1816. Elle compta, dès lors, parmi les plus fréquentées de la ville.
Chaque jour, à la messe de six heures, on récitait en commun la prière du matin ; de même, à la tombée de la nuit, celle du soir, avec une courte instruction, sujet d'oraison pour le lendemain. On y prêchait plusieurs fois chaque dimanche. Il y avait, en outre, des réunions hebdomadaires pour les jeunes gens, et mensuelles pour diverses catégories de personnes.
Par les œuvres variées qui, les unes après les autres, y prirent naissance, ce temple, si longtemps profané, devint bientôt la source d'un mouvement religieux très intense, qui se propagea dans toute la cité. Il fut aussi l'un des premiers centres du culte du Sacré-Cœur, en France, après la Révolution.
Le 12 juillet 18 14, l'abbé de Mazenod avait déjà demandé la faculté d'établir, à Aix, une confrérie du Sacré-Cœur, affiliée à celle de Rome. Il l'érigea, le 8 février i8i6, dans l'ancien chamr des Carmélites, alors chapelle provisoire. Le chiffre des associéss'augmenta rapidement. Par leurs prières, leurs actes de vertu et même leurs mortifications, ils aidaient les INlissionnaircs dans l'évangélisation des âmes. Au premier vendredi de chaque mois, une messe leur était ilile, précédée d'une méditation et suivie de la bénédiction du Saint Sacrement. Le soir, nouvelle instruction, amende honorable cl bénédiction. Tous communiaient souvent, et devant le Tabernacle les ador.iteurs se succédaient sans interruption.
I06 LA lO.NDATION
Uno anni'e seulement après son institution, cette eonrn'rie s'tHail assez mulli[)lit''e, [)Our constituer une représentation pei'inanente de la ville entière. L'Ordinaire autorisa donc le 1*. de Mazenod à oi'ganiser, le jour de la lete du Sacré-Cœur, 17 juin I^^I7, une procession très solennelle, en y convoquant les prêtres et les fidèles de toutes les paroisses.
Les hommes les plus distingués par leur fortune ou leur rang ambitionnèrent de porter le dais ou d'accompagner le divin Roi, un cierge à la main. Une compagnie de canonniers se réserva le privilège de former l'escorte ; la musique militaire prêta généreusement son concours.
Cette manifestation se renouvela, chaque année, avec une magnificence toujours croissante. Le cortège sortant de l'église de la Mission, longeait le cours Mirabeau, remontait par les allées latérales, et s'engageait sur les boulevards. Le retour, au crépuscule, présentait un spectacle ravissant. On se serrait en foule autour d'un superbe reposoir, avec les témoignages de la plus vive piété, dans le recueillement et le respect, pour recevoir, en plein air, la dernière bénédiction du Saint Sacrement. Toute la population était là.
L'octave de cette fête attirait dans la chapelle les diverses classes de la société, qui s'y rendaient avec un égal empressement.
A ce zèle infatigable du P. de Mazenod pour la gloire du Sacré- Cœur, il faut attribuer l'abondance des grâces répandues, dès l'origine, sur sa famille d'apôtres. N'est-ce pas aussi pour ce motif que, cinquante ans plus tard, après des désastres et des excès surpassant ceux de la Terreur, ses (Ils furent choisis par Dieu, pour faire rayonner, du sommet de Montmartre, à travers la France et le monde, ce culte si consolant? La Providence voulut qu'à cette époque, l'un il'cux. le P. Guibert. cardinal et archevêque de Paris, leur confiât la charge tlêlre les bâtisseurs et les chapelains de la basili»[ui' du \'(i'u National.
Dévotion à saint Jllphonsc Je Liguori.
iJuranl 1 Cxil. à Xaph-s surtout. Iviigèni' de Ma/cnod avait a[)pi'is à aimei" saint Alphonse (h- Liguori. Appelé à un g«*nre de vie analogue, il s'appli(piait à nian-licr sui- ses ti'aees.
Aussitôt après sa béaliliration. i.') septembre |S|("). il lui «lédia un aulrl, le premier ('•hîv»'- en l'rance en smi iMinncur. cl lui consacra une des chapelles de lé-glise de la Mission. | )i'pni'-. cli;icpic ;innc«'. Ii' •.» amil , il céh'bra sa jV-tc avec pompe. IMIe lui la iiriMiipa le pour les Mis^inn-