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LES VŒUX DE RELIGION

Le détachement absolu, si utile à la sainteté personnelle, était moins indispensable à la prospérité de l'Œuvre. Dans bien des Associations ecclésiastiques très respectables, ce vœu n'était pas en usage, surtout depuis que les lois civiles en entravaient tant la pratique. Pour assurer la continuation des missions populaires, les vœux d'obéissance et de persévérance suffisaient; celui de chasteté, contenu déjà dans le sous-diaconat, n'imposait aucun lien nouveau. Le P. de Mazenod préféra donc attendre, avant d'inviter ses collaborateurs à consommer le sacrifice, persuadé que ses Missionnaires, à mesure qu'ils grandiraient dans la vertu par la fidélité aux premiers engagements, sentiraient s'allumer en eux le désir d'une perfection plus haute.

Ses espérances ne furent pas déçues. Une fois de plus, il avait vu juste. Beaucoup lui demandèrent de faire, en particulier, le vœu de pauvreté. Les novices lui adressèrent, en 18-20, une lettre collective j)our obtenir l'autorisation de l'ajouter publiquement dans la formule de leur prochaine profession. Les anciens rivalisaient de zèle. Un souffle de ferveur les poussait tous vers le renoncement.

Quand le second Chapitre général se réunit à Aix, au mois d'octobre 1821, d'une voix unanime et par acclamation fut pris le décret obligeant, désormais, tous les Missionnaires de Provence à joindre aux trois vœux d'obéissance, de chasteté et de persévérance dans l'Institut, un quatrième vœu : celui de pauvreté.

A ce moment, la Société possédait trois établissements déjà, et ne tarderait point à en avoir d'autres. Cette extension rapide était une preuve palpable des bénédictions de Dieu sur son berceau. Ses membres, en entrant résolument dans la voie du dépouillement personnel, attestaient leur reconnaissance envers le Seigneur. A Lui surtout ils voulaient s'attacher, car ils avaient compris la parole du Sage : L'union à Dieu est la plus enviable des richesses : Adhœrere Deo boniim est (i).

(l) Ps. LXXII, 28.

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