‹ Cent ans d'apostolat dans les deux hémisphèresChapitre 37 sur 131 · MARSEILLE. MAISON DU CALVAIRE · texte numérisé non relu

MARSEILLE. MAISON DU CALVAIRE

villes de France se déclarer catholique aAec une énergie de sentiment jusque-là sans exemple.

Son attention se dirigeait principalement vers les quartiers échus aux Missionnaires de Provence. Dans le retour de ces multitudes d'hommes aux pratiques religieuses, elle constatait avec satisfaction un gage de tranquilUté publique pour le présent et pour l'avenir. Il n'est pas inutile de le remarquer ici, car les dépositaires du pouvoir

Le P. de Mazenod.

n'ont pas ^toujours compris, dans Ui suite, quel secours immense ils auraient trouvé dans leur entente avec l'Eglise pour l'accomplissement de leur tâche, souvent si difficile. L'Evangile seul peut résoudre la question sociale, et détourner d'une nation ces conllits redoutables qui naissent de la rivalité des classes et de la diversité des intérêts.

A la paroisse Saint-Laureul. prêchaient les Pères de Mazenod, Mie

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et Maunier; aux Carmes, les Pères Tcinpier et Deblieu; à Saint- Victor, les Pères Marins Aubert et Moreau.

Plusieurs fois par jour, le P. de Mazenod prenait la parole, se transportant dans les trois églises, suivant les besoins, et, cela pendant près de deux mois.

— Sur ce vaste champ, nous rapporte un contemporain, son talent oratoire resplendit dans tout son éclat. Il remua les cœurs. Il fut grand, simple, touchant, ])atliétique (i).

Ses collaborateurs, animés par son zèle, le secondaient valeureusement, et contribuèrent aussi pour une large part à ce merveilleux succès qui, de très bonne heure, couronna leurs efforts.

— Nos confrères de Paris ont fait du bien, remarquait le P. Tempier ; mais la langue provençale a été l'objet d'une bénédiction particulière. Nos églises étaient déjà en combustion, et nous ne pouvions pas suffire aux confessions dès la première huitaine ; tandis que, dans les autres, on a été contraint d'attendre trois semaines et même un mois, avant de confesser... comme on doit confesser en mission.

Si, d'ordinaire, les cérémonies sont émouvantes, elles le furent, à Marseille, plus que n'importe où.

— Celui qui n'a pas vu l'élan universel de toute la population de cette immense cité, nous raconte l'un des témoins de ces scènes inoubliables ; celui qui ne l'a pas suivie dans la marche triomphale où elle emportait, sur le bras de ses enfants, le symbole sacré de sa foi ; celui qui n'a pas entendu les chants indescriptibles et majestueux de ces masses, et qui n'y a pas mêlé les siens, celui-là n'a pas connu le plus beau spectacle accordé à l'homme ici-bas (li).

La consécration à la Très Sainte Vierge fut une de ces solennités dont les assistants conservèrent le souvenir impérissable jus([u"à leur dernier soupii-. Toutes les paroisses se rendirent ensemble vers la montagne qui domine la ville, et sur laquelle se dressait le sanctuaire, si petit, alors, de Notre-Dame de la Garde. Cette foule si noml)reuse n'ayant pu y entrer, s'échelonna sur les flancs de la colline pour écouter le discours d'un des prédicateurs à la voix puissante. Les membres du clergé montèrent ensuite sur la terrasse la plus élevée du loil (pii entourait l'antitpuî chapelle. De celte plate-forme lut donn<e la béiiédiclion du Saint Sacrement.

ilésumanl ses impressions, le P. de Ma/cnod écrivait, le •> février, au P. Sii/.aiine :

(i) r;i\ <iiiicr, 0(/('///ncs soiimiirs sur Mi^r ('.h.-Eni;<-iie de Mazcnoil. |). 8.5. {•I) 'l'.i\ fiiiicr, o/». cit., p. S"i.

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— Il m'a semblé voir des yeux du corps Notre-Seigneur Jésus- Christ, quand, du sommet de la citadelle, nous l'avons présenté à l'adoration de cinquante mille personnes prosternées sur les pentes de la colline... Jamais coup d'œil plus mag-nifique 1 Rarement j'ai ressenti de plus douces émotions !... Le Soleil de Justice éclipsait l'astre du jour !...

La clôture et la plantation de la croix furent d'un grandiose indescriptible.

Plus de quarante mille personnes des deux sexes composaient la procession. Toutes avaient à la main une oriflamme et ostensiblement un crucifix attaché à la boutonnière ou suspendu à la poitrine par un ruban. La couleur des rubans et des oriflammes variait, selon les paroisses. Le cortège partit de la plaine Saint-Michel et j)arcourut les principales rues, en chantant des cantiques, au milieu d'une multitude innombrable accourue des divers points de la Provence.

Procession immense, triomphale, extraordinaire ! et, comme le dit un historien, « telle qu'on n'en avait jamais vu sous le soleil de Marseille » (i).

L'archevêque d'Aix, Mgr de Bausset-Roquefort, présidait, ayant à ses côtés les deux supérieurs des Missionnaires : le P. de Mazenod et l'abbé de Forbin-Janson. Toutes les autorités civiles et militaires, en grande tenue, venaient ensuite, avec les magistrats et les hauts fonctionnaires.

Outre ces quarante mille personnes, trois milliers de volontaires s'étaient fait inscrire pour porter la croix étendue sur un riche brancard superbement décoré. On les avait divisés en compagnies de cent vingt hommes, désignées pour se succéder tour à tour. Deux bataillons de la garde nationale et de l'infanterie, disposés sur une double ligne, lui constituaient une escorte permanente.

Après la rue d'Aix, le cours Belsunce et la Gannebière, on arriva au port. Là. un régiment de marins, parmi lesquels plus de cent capitaines au long cours, entoura la croix, et l'embarqua sur un très vaste radeau, où prirent place l'archevêque, les prêtres et les autorités.

Spectacle saisissant. Sur le quai du Sud, dit aujourd'hui de la Rive Neuve, s'étaient massés les nombreux marins que le radeau, malgré ses dimensions considérables, n'avait pu recevoir. Sur le quai du Nord, ou quai de la Loge, se déroulait, en rangs serrés, la procession qui débordait au fond, par delà le quai de La Fraternité. Au milieu de ces deux foules séparées par le large bassin du port, le radeau portant

(i) Aug. Fabrc, Les Hues de Marseille, 4 iii-8\ Marseille. 18G7-1S69, t. II. p. ~!^.

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la croix s'avançait majestueusement sur les flots, entre les navires magnifiquement pavoises. Les équipages, groupés sur les ponts des bateaux, ou perchés sur les vergues jusqu'à la cime des mâts, saluaient par des hurrahs retentissants le signe auguste de la Rédemption qui passait devant eux.

Au-dessus des acclamations, des chants, de la musique et des roulements de tambours, le fort Saint-Jean et celui de Saint-Nicolas lançaient le grondement sourd de leur artillerie.

L'émotion était intense, et. sous ce ciel de lumière et d'azur, le spectacle ravissant (i).

Cent mille cœurs vibraient à l'unisson. De bien des yeux coulaient de douces larmes.

Au quai de la Loge, en face de l'Hôtel de Ville, la croix fut débarquée. Là. une estrade était préparée, et le P. de Mazenod y monta.

A lui incombait la charge de parler devant cet auditoire.

De toute sa taille, il dominait ces vagues humaines se pressant à ses pieds.

Le silence se fit comme par enchantement. L'attitude de la foule et le mouvement des physionomies montrèrent que, dès les premiers mots, l'orateur avait captivé l'attention. Sa vive foi lui inspira des accents d'une irrésistible éloquence, exprimant de la façon la plus simple, mais aussi la plus noble et la plus pénétrante, les enseignements qui se dégageaient de cette incomparable manifestation des sentiments religieux de tout un peuple.

— Durant ces semaines de bénédiction, dit-il, les grâces de régénération ont coulé abondantes, et le pardon est descendu sur des milliers de fronts repentants. La cérémonie de ce jour est la continuation du triomphe du Sauveur, à travers les siècles. Que vers le Christ Rédempteur s'élève riiymne de la reconnaissance et de l'amour. C'est à Lui qu'on doit jurer fidélité.

Pendant que le P. de Mazenod, développant ces pensées, glorifiait magistralement les miséricordes divines, tous les yeux étaient fixés sur lui, et le silence le plus absolu, imposé par l'admiration et le respect, régnait sur l'innombrable assemblée. Toutes les poitrines, nous raconte un témoin, étaient haletantes et semblaient s'ellorcer de retenir leur souffle.

Mais, à peine l'orateur eut-il fini, (|uo l'enthousiasme éclata.

De tous côtés, on criait :

— \i\e Jésus ! vive sa croix !

(i) Cf. An^tistiii Kabi-c, Les Riiea de Marseille, l. II, p. 77 sq.

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Puis, après cette première explosion du sentiment universel, la puissante voix de la l'oule reprit :

— Vivent les Missionnaires ! Vive le P. de Mazenod !

Ces dernières acclamations, non prévues par le cérémonial, n'étaient pas évidemment suivant les rubriques ; mais, à ce moment, aucune force humaine n'aurait pu les empêcher. Il en est des multitudes comme des grandes eaux. Aqiice niultœ, popiili rniilti. Quand elles sont déchaînées, aucun obstacle ne les retient. Souvent, la voix du peuple est la voix même de Dieu, surtout quand elle est inspirée par les pensées de la foi : Vox popiili, vox Dei !

Le vaillant apôtre s'était cependant exprimé en provençal. Nul mieux que lui n'en connaissait les ressources et ne savait en tirer parti, à tel point que, même les moins familiarisés avec cet idiome, n'échappaient pas à l'influence captivante de son éloquence.

Non seulement elle plaisait aux gens du peuple, aux ignorants, aux ouvriers ; mais l'aristocratie la plus raffinée et les lettrés les plus difficiles en subissaient aussi les charmes.

Au soir de ce jour mémorable, le général baron de Damas, commandant la place, et, plus tard, ministre des Affaires étrangères, avouait au comte de Villeneuve-Bargemont, préfet des Bouches-du-llhône, l'impression extraordinaire qu'il avait éprouvée :

— Je ne sais pas le provençal, et néanmoins j'ai tout compris. J'ai été empoigné comme jamais je ne le fus, et je sens que ce qui a été dit a été très éloquent.

— Assurément, répondit le préfet, c'était très éloquent. Originaire de la Provence, et littérateur distingué, il ajouta, non

sans une certaine fierté patriotique :

— Notre langue, d'ailleurs, n'est pas un informe patois, comme d'aucuns l'ont prétendu. C'est une langue régulière et parfaite : une belle langue, se prêtant merveilleusement aux efl'ets de la grande éloquence. Vous venez d'en avoir la preuve !

Pourquoi ne le remarquerions-nous pas? En choisissant le provençal pour lui et ses collaborateurs, le P. de Mazenod fut un devancier de ce mouvement littéraire qui se dessina bientôt après, et s'accentua avec tant d'intensité et de persévérance.

De là, ces créations gracieuses et si touchantes de Roumanille ; de là, cette Mireille, poème sublime de Mistral, atteignant les hauteurs de l'épopée ; de là, pour un idiome que l'on croyait mort, ce vif éclat qui a forcé l'admiration des classes cultivées, en étonnant la France entière et plusieurs autres nations si éprises, pourtant, d'elles-mêmes.

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Lhomme qui assumera, un jour, la tâche d'écrire Thistoire de la résurrection de la lang-ue provençale, devra, pour n'être pas injuste, commencer par un exposé des prédications de celui qui, le premier au xw" siècle, et à la face de populeuses cités, en a fait une arme si puissante pour entraîner les masses.

Empruntant un coloris inimitable à celte langue sonore, si expressive, et, selon Pétrarque, sœur aînée et rivale de l'italien, il a peint aux foules palpitantes la beauté surnaturelle de la vertu, les joies austères du sacrifice, les magnificences ravissantes du ciel. Les effets produits attestent qu'il a su donner à cette langue l'ampleur de la véritable éloquence.

D'autres l'ont employée à bercer leurs contemporains par d'agréables fictions, à les surprendre par des traits nouveaux, à les fasciner presque par la douceur de leurs chants ; lui s'en est servi, du haut de la chaire chrétienne, pour revendiquer avec une indomptable énergie les droits souverains de Dieu, et rappeler aux âmes égarées les lois impéineuses de la conscience.

Dans l'ordre de l'utilité et de la grandeur morale, non moins que dans l'ordre des temps, il est digne de marcher à la tète de ces esprits qui, divers par leurs aptitudes et illustres parleurs travaux, ont honoré le sol natal par leurs talents, et l'ont glorifié par leurs œuvres, mais qui, tous, furent surpassés par l'étendue de son ministère et la sainteté de son apostolat (i).

Le président de Mazenod, revenu de l'exil, vers la fin de 1818, s'était fixé à Marseille, où il habitait avec son frère, le contre-amiral. Quoique plein de santé en apparence, il n'avait plus que quelques mois à vivre. Avant de l'appeler à Lui, Dieu lui réservait la joie, si consolante pour un père, d'assister ici-bas au triomphe de son fils.

Quand les acclamations eurent cessé, la procession se remit en marche, en s'avançant le long du quai de la Loge, dans la direction du fort Saint-Jean. Elle contourna l'église Saint-T^aurent, alla jus(|u'à la cathédrale, et gravit la pente rude des Accoulos.

Cette colline, située au centre de la vieille ville, avait son histoire. Deux mille ans auparavant, elle était la roche tarpéienne de l'anliciue Massilia. au temps des Phocéens, puis des Romains. Du sommet, le regard embrassait un vaste horizon. Avec le temps, son aspect changea. Peu à peu, ses flancs se couvrirent de constructions de tout genre, séparées par des rues étroites et tortueuses. On y hàtil unt" petite

(i) Cf. l'.ivnnif'r, (Jncliiues souvenirs sur Mi^'r (!li.-lùii,'rfn' ilr Mazcnnd, \\. N),

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chapelle ; ensuite, une église, qui, complétée par un cloître, devint, à la fois, paroisse et collégiale. Son Chapitre se composait de huit chanoines. La Révolution renversa l'église, mais ne put entamer le clocher qui résista victorieusement à la pioche des démolisseurs.

De sa plate-forme la plus élevée, Mgr de Belsunce, juste un siècle avant cette mission, en 1720, bénit la ville et le diocèse, suppliant Dieu d'arrêter les traits de sa colère, et d'accorder, aux prières de tout un peuple en larmes, la cessation de la terrible peste, dont les victimes se comptaient par milliers.

Ce lieu était donc vénérable. Aucun autre n'aurait mieux été choisi pour l'érection de la croix de mission, soit à cause de sa situation spéciale, soit à cause des souvenirs qu'il rappelait.

Une quête faite durant la dernière semaine, produisit une soixantaine de mille francs. On s'en servit pour déblayer le site de l'ancienne église des Accoules. Avec des rochers apportés à grands frais, on construisit un monticule figurant le Calvaire. Au-dessous s'étendait la grotte du Saint-Sépulcre. L'abbé de Forbin-Janson qui revenait de Palestine, en inspira le plan. Une grille de fer entourait le tout.

La croix fut plantée. Puis, Mgr de Bausset-Roquefort, imitant l'acte de son prédécesseur, monta, avec quelques prêtres, au sommet du clocher. De là, revêtu de la chape et mitre en tête, d'un geste imposant et majestueux, il donna la bénédiction pontificale à cette immense foule agenouillée sur la place et dans les rues avoisinantes.

La procession avait duré huit heures ; mais nul ne songeait à s'en plaindre. Les cœurs étaient à la joie et au ravissement causés par cette inoubliable cérémonie, clôturant si dignement la plus belle mission donnée en France, depuis le rétablissement du culte catholique (i).

Retourné de Rome où il avait séjourné quelque temps, un ecclésiastique ne se lassait pas de répéter dans son enthousiasme :

— Non ! même dans la Ville éternelle, je n'ai jamais rien vu de si magnifique !

Le mouvement religieux créé par cette mission mémorable fut si intense que les chefs de la cité voulurent que le souvenir en fût conservé aux générations futures par les procès- verbaux officiels de la Mairie (2).

(i) Cf. Augustin Fabre, Les Rues de Marseille, t. II, p. ;8.

(2) Archives de la Ville de Marseille. Nouvelle série. Séances du Conseil municipal du 26 janvier et du 4 février 1820. Uegislre XYII, p. 23, 44'

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§3 Tondation de la Maison du Calvaire, 6 mai 182/ .

Longtemps les fruits de la mission se maintinrent. Plusieurs mois après, il semblait qu'elle durait encore, tant l'impulsion avait été forte. Les églises autrefois presque désertes, ne désemplissaient plus.

Les pèlerinages vers le Calvaire se multipliaient aussi. Individus et associations y affluaient, des parties les plus éloignées de la ville. Dans la grotte du Saint-Sépulcre, transformée en chapelle, il fallait, pour satisfaire à la piété des fidèles, célébrer plusieurs messes chaque jour.

Ce sanctuaire réclamait des chapelains. Un certain nombre de curés de Marseille ne tardèrent pas à exprimer le désir de voir les Missionnaires de Provence s'y fixer. Dans leurs paroisses dominait encore presque exclusivement l'usage du provençal. Ils auraient éprouvé une grande consolation, si ceux qui avaient évangélisé leurs ouailles en cette langue, fussent restés pour continuer l'œuvre si heureusement commencée.

Ils s'adressèrent donc au P. de Mazenod. Cet appel à son zèle, au nom des âmes les plus abandonnées, ne pouvait pas le laisser indifférent. Il hésitait, néanmoins, par un sentiment de délicatesse à l'égard des Missionnaires de France, qui, de leur côté, avaient manifesté l'intention de s'établir à Marseille.

S'inspirant des pensées de la foi qui réglaient invariablement sa conduite, il s'en remit, comme émanant du Ciel, à la décision de l'archevêque d'Aix, Ordinaire du lieu, et il écrivit à M. Rauzan, supérieur général des Missionnaires de France :

— Nous travaillons les uns et les autres pour la gloire de Dieu. Que Dieu soit glorifié, voilà tout ce que je désire. Que ce soit par notre ministère, ou par le vôtre, peu importe. Je me réjouirai toujours du bien que vous ferez, et de tout le bien qui vous arrivera... C'est à celui qui représente le Père de famille à déterminer la portion de la vigne à tel ou tel... Je ne cesserai jamais de vous être dévoué, et d'attacher le plus grand prix à l'amitié que vous m'avez accordée...

Cela fait, il partit avec (piehjues-uns de ses confrt-res, pour ])rêcher la mission de Hrignoles, dans le \nv.

Pendant son absence, rai-chov('(]ue d'Aix. aliii de se foniuM- une opinion sur TtHat des esprits, consulta ollicielIcMuenl les curés de Marseille. Ceux-ci furent d'avis que les Missioiniaires de Provence, connaissant la langue de la contrée, étaient plus à même d'être utiles à l'ensemblt! de la population.

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