‹ Cent ans d'apostolat dans les deux hémisphèresChapitre 64 sur 131 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

Nancy

Jlffluence de novices à l'Osier.

Dieu bénissait visiblement la Congrégation et l'invitait à se dilater de plus en plus, en lui envoyant de nom])reux et dignes sujets. Il y avait, alors, à Notre-Dame de l'Osier, quarante-cinq novices, parmi lesquels six prêtres, des diacres et des sous-diacres, etc. Ils arrivaient de divers séminaires de France, bien préparés et désireux de se consacrer aux missions. Beaucoup d'autres s'annonçaient.

Quoique vaste, la maison de l'CJsier en aurait difficilement contenu davantage. Allait-on repousser ces recrues, à cause du défaut de place pour les loger ?

Une telle pensée n'arrêta pas un instant Mgr de Mazenod. Accoutumé à se conformer à la volonté de Dieu, comme elle lui était révélée par les circonstances, il se serait cru coupable, en apportant le moindre o])stacle à sa réalisation.

— Elle se manifeste avec trop d'évidence, écrivait-il au P. Yincens, le i-i août i^^47' pour que nous ne devions pas la seconder avec une confiance aveugle... Oui, sans doute, il y a de quoi s'elïrayer en considérant les charges énormes qui pèsent sur nous. Mais qui aura le courage de fixer la mesure des desseins miséricordieux du Seigneur ? Au moment où il appelle notre Institut à étendre son zèle sur tant de pays immenses, il inspire en même temps à une légion d'àmes de s'ollrir à nous pour accomplir ses vues ! l^t nous nous refuserions à accepter leur dévouement qui nous met à même d'obéir à notre Maître? Je ne puis m'y résoudre, quoi qu'en dise la prudence humaine... L'essentiel, c'est de bien choisir : il ne nous convient pas d'accueillir tout venant. Nous avons encore plus besoin de bons sujets que de sujets.

Sa confiance sans borne en la divine Providence avait sa source dans son inébranlable esprit de foi :

— Quand la grâce passe, il faut en profiter. Que de bien il nous

4o4 l'extension en FRANf:E

reste à l'aire ! Ayons courage ! Ne nous laissons pas al)attre par les difficulti'S. Dieu assiste ceux qui vont en avant pour sa i^loirc. Ne redoutons pas les obstacles des commencements. Avec le temps, ils s'aplanissent, et l'expérience nous prouve que ce temps ne se fait pas attendre.

Cette affluence de novices excellents tenait, en partie, à une tournée couronnée de succès, entreprise dans les g-rands séminaires de France par le P. Léonard retourné momentanément du (lanada, et dont nous aurons à parler, dans la suite, d'une manière plus détaillée.

Au moment de se mettre en campagne, il avait dit, en plaisantant, au P. Tempier, économe général :

— Je vous en amènerai tellement que vous n'aurez pas assez d'argent pour les nourrir. Tant pis, si je vous ruine !

— Oh !... avait répondu vivement le P. Tempier. un peu ellrayé, et avec un geste de protestation.

L'éloquence ardente, imagée, persuasive du P. Léonard avait enthousiasmé la jeunesse cléricale, et la prophétie était en voie tle s'accomplir.

Mgr de Mazenod applaudissait au résultat, et remerciait Dieu.

— Je ne suis pas épouvanté de votre pèche miraculeuse, écrivait-il à l'irrésistible entraîneur : continuez à jeter vos lilets.

De son côté, le P. Tempier n'était pas fâché, non plus ; seulement, ayant en main les cordons de la bourse, il s'apercevait qu'il devait plus souvent l'ouvrir, et, chaque fois, y puiser ])lus largement.

Cela le rendait quelque peu soucieux.

Avec une pointe d'humour, le Fondateur racontait ces faits au P. Léonard, dans une lettre du lojuin iMjj :

— \()us courez de conquêtes en conquêtes, et il laut agrandir, de toutes parts, les maisons ([ui doivent recevoir les recrues. .l'avoue cpie l'embarras <jue nous ilonne le succès de votre mission, ne me lait pas verser des lai-mes... Je me console des inquiétudes de notre bon P. Tempier, qui ne cesse de me répéter : « .Vrrétez donc ce fH'r-à-bras qui nous met aux abois el va consommer notre ruine ! » \'ous pense/. bien (|ue je lui ris au nez, (piand il se frappe le front ;... el il finit par rire lui-même...

"Erection d'un second noviciat, à J^ancy.

Le noviciat <le l'C )sier, malgré ses dimensions, ne suffisant i»Ius. il fallait, d(> toute; nécessité, en ci'éer un autre. I. intention du \ l'iif'ré l''oii(lalein- liait de le placer là on il serait le plus accessible aux poslu-

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