FRÉJUS
Ce port militaire, autrefois défendu par un mur d'enceinte savamment construit par les ingénieurs officiels, et dans lequel s'abritaient des flottes entières, est maintenant ensablé, car la mer s'est retirée de deux kilomètres environ.
Fréjus est la patrie du poète latin Cornélius Gallus, ami de Virgile, et que la faveur d'Octave éleva à une riche situation dans la politique et dans l'armée. Là aussi, naquit le général romain Agricola, beaupère de Tacite.
Dans les temps modernes, Fréjus a produit le fameux abbé Sieyès (i74^-i83G). Habile publiciste et député de Paris aux Etats généraux, il rédigea, en 1789, le serment du Jeu de paume. Dans les comités de l'Assemblée Constituante et de la Convention nationale, il eut un rôle capital. Il devint président du Conseil des Cinq Cents ; puis, l'un des trois consuls, avec Napoléon Bonaparte, en 1799; enfin, membre de l'Institut de France, sénateur et comte de l'Empire.
Ce qui frappe le voyageur, à Fréjus, c'est l'aspect encore majestueux des ruines romaines, dont une partie est assez bien conservée : les arènes, ellipse de pierre, dont l'axe a plus de cent mètres de longueur ; les remparts aux belles proportions ; de vastes celliers ; le môle du vieux port et son phare ; des thermes ; un aqueduc qui amenait de quarante kilomètres les eaux de la Siagnole, et dont certaines arcades, encore debout, ont jusqu'à dix-huit mèlres de hauteur.
La position admirable de Fréjus, sa population, son importance stratégique et son port militaire lui valurent d'être l'une des premières églises de la province gallo-romaine.
L'évêché de Fréjus existait déjà au commencement du iv* siècle. L'île de Lérins, si rapprochée, et son monastère si fameux, pépinière d'évêques pendant tout le moyen âge, le mirent, de très bonne heure, en relief, aux yeux du monde chrétien. Plusieurs de ses pontifes sont canonisés. L'un d'eux, même, s'assit sur la chaire de saint Pierre : Jean XXII. Il eut l'honneur de placer sur les autels le roi saint Louis et l'angélique Docteur, saint Thomas d'Aquin (i).
Au milieu du xix' siècle, le diocèse de Fréjus embrassait tout le département du Var, tel qu'il était avant que l'arrondissement de
(i) Cf. {rAnlhclnii, De iniliift Ecclesiœ Forojulicnsis, dissertatio, historica, cliroiiologicd. critica, iii-''|i\ .Vix, iGSo. — Denis de Sainte-lNrarthc. (lallia cliristiana, i3 in-tbl.. l'aiis, 1710-178,"), t. I, p. jiS-',45. — Martèiie et Durand. Thcf^iiiiruii iiovus (inerdolorum, ."> in-tbl., Paris, 1717, t. IV, col. 57 sq. — Félix (lirardin. Histoire de Véiflise et de la ville de Fréjus, 2 in-8", Paris, 1729. — Expilly, Dictioinuiire iiéograplLi([iie, historique et politique des Gaules et de la Franee, (> in-fol., Paris. i702-i7()9, t. III, p. 517 scf. — Gains, Séries episeoporuin eeclesid' catliolieic, -2 u\-(o\.. liaiishonnc 1873-1886, l. I, [). ôôi sf[. — X..., L'Episeoput français depuis le (^oneordat jusqu'à la Séparation, in-4'\ Paris, 1907, p. 2'|2 S([.
450 l'extension en FRANCE
Grasse en fût détaché, en 1860, pour constituer avec le comté de Nice le département des Alpes-Maritimes. Celui du Xav occupait, alors, en France, le quinzième rang-, au point de vue de la superficie. Sous le rapport de la juridiction ecclésiastique, l'arrondissement de Grasse resta, jusqu'en 1886, uni au diocèse de Fréjus qui possédait, avec la ville de Toulon, premier port militaire de la France, les principales stations hivernales de la Côte d'Azur : Hyères, Cannes, Anlibes, etc.
(]es détails rétrospectifs indiquent quelle importance avait le grand séminaire de Fréjus à l'époque où les Oblats y arrivèrent.
Le contrat qui leur en confiait la direction à perpétuité, fut signé par Mgr de Mazenod et Mgr Wicart, en triple exemplaire, le i5 août i85i.
— L'évêque de Fréjus a été parfait à tous égards, disait le vénéré Fondateur.
Mgr Wicart ne cessa de s'applaudir du choix des Oblats pour la formation des lévites de son vaste diocèse. En les voyant à l'œuvre, en constatant le bien qu'ils y opérèrent, aussitôt après leur installation, et qui alla toujours croissant, le prélat qui a, pourtant, laissé à Fréjus une réputation de sévérité, témoigna, chaque fois que l'occasion s'en présenta, son extrême satisfaction de vive voix ou par écrit.
Le clergé les accueillit cordialement. Ce sentiment s'étendit à mesure que les nouveaux directeurs furent de plus en [)lus connus. Beaucoup de prêtres leur montraient une entière confiance, et venaient s'éclairer de leurs lumières, en leur demandant fréquemment conseil. Pendant la première année scolaire, i85i-i852, les Pères renvoyèrent six élèves. L'année suivante, i852-i853, ils durent encore en rendre quatre à leurs familles. Ces mesures, loin de leur aliéner les esprits, comme on aurait pu humainement le craindre, obtinrent un effet opposé. On les en estima davantage.
Après ces retranchements d'éléments peu utiles, ou même nuisibles, une amélioration notable s'accusa dans la maison. Les éludes se fortifièrent, la discipline fut plus vigoureuse, et la piété se développa. L'union des coeurs se cimentait dans la paix et la charité.
Outre leurs classes, les directeurs donnaient, à tour de rôle, ti-ois ou quatre fois la semaine, le sujet d'oraison.
Par leurs vertus et leui- r(\^-iilarilt'' ils édifiaient les x'iiiiiiari^tes. en même temps que pai- leurs manières alfables ils gagnaient leurs e<i'Ui's, (Iv, commerce aimable i-endail plus facile et plus eilieaee leur mission auprès de ceux (|u"ils devaient prépai-ei- an service des autels.
Vm i85'j, le 1'. N'incens pi-êeha la relraitt^ pastorale au clergé du diocèse, dans les liàlinienls du grand séminaire, duiant le mois de