CHAPITRE II
L'Enfance
Dons Je la JNature et de la Grâce.
Après son riche mariage avec M"^ Eugénie de Joannis, 3 février i-;8, le président Charles-Antoine de Mazenod, seigneur de Saint-Laurent, organisa sa maison sur un grand pied. Une douzaine de domestiques y furent attachés, soit pour le service des maîtres, soit pour celui des nombreux amis qu'ils invitaient souvent à leur table, et retenaient sous leur toit, largement hospitalier.
L'hôtel de Mazenod, situé sur le Cours, ne le cédait à aucun autre, ni pour la magnificencç. ni pour le bon goût qui s'y révélait en toutes choses, ni pour la distinction aristocratique de ses habitants.
A. Hôtel de ^lazenod. — B. Emplacement de lancienne :Madeleiiie. — C. Eglise paroissiale de Saiiit-Jeaii-de-Malte. — D. Ancien couvent des Carmélites, première maison des Oblats et chapelle de la Mission.
On ne saurait donc s'étonner qu'il devint le rendez- vous de ce que la société d'Aix et des environs renfermait de meilleur : noblesse, magistrature, finance, armée (i).
(i) Le U. P. Rainl)erl, op. cit.. p. 2, place l'iiôlcl de Mazeuod à la rue Papassaudi; mais cet hôtel était iueoulestahlcmcut situé sur le Cours, aujourd'hui cours Mirabeau. Bâti au coninienccincnt du xyii^ siècle, il avait eu précédemment une entrée
Les pauvres aussi en connurent vite le chemin, car si, pour les hautes classes d'alors, le pi-csident et sa jeune femme étaient des modèles d'inflexible orthodoxie et de piété [)ro('ondc. ils étaient également pour les malheureux île la terre une source dinépuisables charités.
La famille de Mazenod, après son alliance à celle de Joannis, semblait avoir atteint le comble de la prospérité. Les vertus qui resplendissaient en elle et la sainte manière dont elle usait de sa fortune, lui méritèrent du ciel une nouvelle et plus précieuse faveur.
A ce moment. Dieu jeta sur elle un regard de complaisance et lui donna plus qu'un héritier de son nom et de ses richesses, comme elle le désirait. L'enfant qu'il accorda à ses pi-ières la ferait connaître et bénir, non seulement en Provence, mais dans la France entière el jus([u'au\ extrémités du monde, par les œuvres innond)rables d'ajjostolat et d'héroïque dévouement que la Congrégation religieuse issue de lui établirait, en moins d'un siècle, dans tous les pays et sous tous les climats.
Le i*^'' août 1^82, Gharles-Joseph-Eugène de Mazenod venait au monde. Le bonheur fut immense dans ce foyer chrétien déjà réjoui par la naissance d'une fille, Charlotte-Elisabeth.
Heureux parents ! leurs vœux étaient satisfaits.
Sans tarder, ils procurèrent à leur enfant bien-aimé le bienfait de la régénération spirituelle. Dès le lendemain, ils le présentaient aux fonts baptismaux de l'église paroissiale de Sainte-Madeleine (i).
sur la rue de la Miséricorde. (Voir le plan ci-joint.) I/édifiec se prolonjjeail dans l'îlot compris entre cette rue et le Cours, par un jardin (jui lui était attenant, et sur lequel furent élevées, dans la suite, diverses constructions. Acquis, vers i^'io, par .\nloine de Lauj^ier, chevalier de l'ordre royal de Saint-Micliel. et sulKlélrjfué jj^éncral de l'intendance de Provence, il passa à la famille de Mazenod par le mariajre de la lillc unique de celui-ci, Fclicitc-lrsulc de Laui,der île Saint-Aiulrc. avec le président Charles-Alexandre de Mazenod. aïeul tle notre vénéré P'ondatcur. Cf. Uoux Alphérau, Les Rues d'Aix, 2 in-l'J Aix, i84()-i.S4eS, t. H. p. iTi.") sij. Moulin. La vente des biens nationaux dans les Tiouches-dn-Hlione pendant la Révolution, ouvrage public par les soins du ministre de l'Instruction imMicpu-, '^ in-iS'% Marseille. K.irt^iOio. t. I, p. TiOlS. — L'immeuhle de la rue I*a|)assa»idi, n" 21, jjrès de la place .Saintllonorc (isle 5(>), ('tait la maison des .hmnnis. C'est là (|u'à son retour de l'exil. Eu},'ène (je Mazenod. adolescent, a iiit résider avec sa mère. Ihiitel de ses ancêtres ayant été conlis<]né pcn<lant la Hcvoluti et vendu comme lii<'ii d'i'inij,M-c.
(i) Malgré notre respect pour le 11. I*. Hambert. nous sommes encore obligé de noiis éloigner de son sentiment. Il afiirmc. o/i. cit., 1. 1, p. 2, cpie le baptême fut conféré à Kugène dans l'église d<- Saint-.lean-dc-Mallc. Nul doute cependant «pie ce fut dans celle de la Madeleine, comme le déinonirc. entre autres pi-euves irréfutables, l'extr.iit au(lieidi<|Me dis registres pjiroissi.iiix. eoidresigne par Mgr de Hnisgelin. alois archevêque d'Aix. et conservé aux \rchi\es. Cet cxlrail de I acte du baplême est ijjilé- du II) octobre 171(0. Il fut délivré' à la fannlle, à locciision du dcparl pour l'é-migiation. I,a Madeleine, église |)aroissiale des Mazenod. était bâtie ;i l'endroit iléterminé pjir la rue el la j)lace dites de rAneienuc Madeleine. (\'<iir le plan.) Klle fut renversée pendant la Itévoiiili.in. Mais celle île Sainl-.Ic.in-de-Malle, antique commanderie rie !'( )rilre des religieux militaires de ce nom. beau monument gothique dn xiir siècle, fut éq)argnie. ain^i (pie le couvent adjaeeid. t lansfoiiné. depuis, «-n niusée. Après la ilestriictii)n de la Madeleine, la paroisse de S.tint-.Ican-ile-Maite s'étendit jusqu'iiu cours Mir.dicau et a la rue l'apass.nidi inelusi\ cment. Ce eliaugemenl des limites paroissiales ,1 prnbablemenl donne lieu à la eonfusiiui faite par le IC I*. Itandiert. minrise d'autant jibis singulière que l'auteur avait habité, plusieurs années, j.i \\\\,- d \i\.