‹ Cent ans d'apostolat dans les deux hémisphèresChapitre 88 sur 131 · DI · texte numérisé non relu

DI

J'ai consenti à ton voyage, mais je tremble en te sentant seul sur les grandes routes, et traversant les mers. C'est que mon cœur se repose sur ton existence... La vieillesse s'avance vers moi à pas redoublés. Xous touchons au jour qui complétera ma soixantaine ! Que i-este-t-il de l'homme après cet âge?.. Et Dieu exige de moi le sacrifice de celui de mes enfants qui ne s'est jamais démenti dans son allection envers moi, et qui me présente toutes les garanties pour continuer de mériter ma confiance et mon amour!... Dans quel Ordre, dans quelle Congrégation, est-il interdit au supérieur de s'entourer de ceux qui peuvent lui faciliter l'accomplissement de sa tâche?... Xe fais donc pas de projets définitifs qui tendent à te séparer de moi, à tout jamais. Vois, examine, calcule ; mais réserve-toi toujours une porte de sortie.

Lettre charmante d'abandon, d'esprit de foi et de tendresse paternelle.

Le P. Casimir Aubert était digne d'entendre un tel langage. De Lyon, il répondit, le 24 juillet 1842, avec une admirable simplicité :

— J'espère que le Bon Dieu veillera sur moi, et que la Sainte Vierge aura soin de son enfant... Autant qu'il m'est possible, je m'efforce de me tenir recueilli, quoique la curiosité se mette, parfois, à la traverse. Jusqu'à présent, j'ai eu le bonheur de célébrer la sainte messe, chaque jour. Cette laveur m'est chère. En cela encore, je suis de votre école. J'ai dû me gêner pour la dire, liier et aujourd'hui ; mais, n'importe : j'irais jusqu'au bout du monde, et j'attendrais à jeun jusqu'au soir, si c'était nécessaire...

Cette persévérance confinait à l'héroisme, au cours d'un voyage en bateau sur le Rhône, puis dans ces lentes et si incommodes diligences, en usage avant la construction des chemins de fer.

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