‹ Cent ans d'histoire intérieure, 1789-1895Chapitre 20 sur 29 · Voir plus haut, p · texte numérisé non relu

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Parlement lorsqu'il s'agissait de réprimer le désordre et de ne l'avoir jamais été quand il voulait améliorer le sort des populations. Cette campagne déplut au cabinet du 11 avril; il se retira le 14 octobre, et fut remplacé le 27 par un ministère composé de personnages tout à fait effacés, mais où Louis-Napoléon avait fait entrer un homme dont il était absolument sûr, le nouveau ministre de la guerre, général Saint- Arnaud. Il ne lui manquait plus que de trouver un bon terrain de lutte contre l'Assemblée : son message du 4 novembre fut consacré à le délimiter. Le princeprésident annonçait à l'Assemblée un vaste complot démagogique, qui devait troubler les élections législatives et le scrutin présidentiel de 1852 ; il affirmait en même temps l'urgence d'abroger la loi du 31 mai. Il y avait contradiction entre les deux parties du message : la première avait pour but d'effrayer la bourgeoisie, la seconde de rallier les masses. A la fois représentant de l'ordre et défenseur du suffrage universel, le prince-président pouvait désormais affronter sans péril le combat.

La proposition d'abroger la loi du 31 mai fut rejetée par l'Assemblée; rejetée aussi la demande faite par les questeurs ^ qui commençaient à craindre le coup d'État, de faire afficher dans les casernes le

1. Les questeurs sont des membres des Chambres, élus par leurs collègues et chargés de veiller à l'administration comme à la sécurité du Parlement.

décret du 6 mai 1848 sur le droit de réquisition des troupes (14 et 17 novembre). Il ny avait plus en somme de majorité d'aucune sorte : tantôt les monarchistes étaient les maîtres et donnaient libre cours à leur haine contre le suffrage universel; tantôt les républicains et les amis de Louis-Napoléon se vengeaient sur eux, en leur refusant les moyens de se défendre contre les entreprises éventuelles de Texécutif. La suspicion et l'impuissance étaient dans l'Assemblée, le discrédit régnait sur elle au dehors. Louis-Napoléon n'avait plus qu'un geste à faire pour devenir le maître. Dans la nuit du i^^ au 2 décembre, il confia le ministère de l'intérieur à son fidèle ami Morny. Le 2 au matin, après qu'on eut jeté en prison les députés les plus marquants, une proclamation affichée sur les murs de Paris annonça la dissolution de l'Assemblée, l'abrogation de la loi du 31 mai 1850, et l'appel au peuple réuni dans ses comices pour ratifier l'initiative du prince-président et la Constitution, imitée de celle de l'an VIII, qu'il se proposait de donner à la France.

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