REPRÉSENTATION AU NATUREL DE HENRI IV TOUCHANT A PARIS LES ÉCROUELLES
De mirabili strumas sanandi vi, solis Galliœ Regibils christianissimis divinitus concessa . Liber unus. Et de strumarum naiura. differentiis rausis, curatione, quæ fit arte et industriel medica. Liber alter. Auctore Andrea Laurentio , Regis consiliario et Medico primario , MDCIX. Parisiis, apud Marcum Orry.
de nous arrêter ; j’espère vous convaincre qu’elle intéresse vivement les phtisiologues.
La chronologie des sacres, avec le rituel du toucher royal, ne nous
1. Macbeth est composée en 1606. La tragédie de Shakespeare, par comparaison avec ce qui se fait en France, et ce qu’enseigne du Laurens, nous permet de montrer, à propos des écrouelles, à la fin du xvr siècle, l’uniformité des idées régnantes des deux côtés du détroit).
a-t-elle pas permis de reconstituer tout un chapitre de Nosographie concernant la scrofule?
N’est-ce pas, dans l’étude des textes, comme dans la contemplation des Représentations au naturel du cérémonial du toucher , que nous avons appris ce qu’était, au xvic déjà, comme au xvne siècle, l’importance des endémies strumeuses d’au delà et d’en deçà de la Manche? Par ces études, nous sommes expressément renseignés sur les milliers de scrofuleux bénéficiant du royal gift of healing ; par elles, nous savons combien, des Espagnes et des provinces de France, les écrouelleux accourent en la Ville) du sacre, pour que, « le Roy les touchant , Dieu les guérit ».
C’est par André du Laurens 1 — qu’on a si mal lu — que nous apprenons que « les écrouelles constituent une affection fréquente, commençant à s’éspandre comme une maladie populaire parmy nous, encore qu’elle soit familière, et comme particulière à quelques contrées, comme à certaines régions d’Espagne.
« Les écrouelles comptent au nombre des maladies « endémiennes » produites par l’air, l'alimentation, les eaux. Ces eaux crues, croupissantes et corrompues, que l’on voit en Espagne, engendrent quantité de pituites, et font la voix rauque. C’est ainsi qu’il vient, chaque année, plus de 5oo Espagnols se faire toucher par le Roy. Chez nous, à la faveur des privations et de la mauvaise alimentation que nous ont amenées les guerres civiles, la fréquence des écrouelles a augmenté ces dernières années.
« C’est une maladie héréditaire et contagieuse : les écrouelles malignes (celles qui suppurent) sont susceptibles surtout de contaminer les sujets sains. La guérison en est difficile. Elles provoquent de la fièvre, quoiqu’elles arrivent rarement à suppuration. Rares après quarante ans, se font surtout aux enfants ja grandelets. »
Dans l’Ile-de-France, et en Champagne, règne si fort la croyance à la contagiosité des écrouelles ouvertes , que, dès le milieu du xvne siècle, exactement en i645, dans la Ville du sacre des Rois de France, une pieuse demoiselle2 fonde, sous le vocable de saint Marcoul, un
1. Paraissant en 1609, la première édition du livre de du Laurens, reflétant la Pathologie du siècle précédent, autant que les opinions personnelles à l’archiatre de Henri IV, donne bien l’impression des idées médicales du xvie siècle.
2. Voir in Le Toucher des Ecrouelles , L'Hôpital Saint-Marcoul, Le Mal du Roi , L. Landouzy, 1907, Masson et Cie, Paris.
hôpital rémois d 'isolement, réservé au mal des écrouelles « qui se communique ».
L’hôpital est, par Lettres Patentes de Louis XIV, doté d’une consti-