PROFESSEUR AU VAL -DE-GRACE ET A LA FACULTÉ DE MÉDECINE DE PARIS
Né, en 1172, à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine). Mort, en 1838, à Paris.
au dire ironique de Broussais, « l’inventeur de la Stéthoscopie prétend à trancher du devin ».
Devin, Laënnec le fut assurément; et, par l’ampleur de sa synthèse anatomique, comme par la certitude de sa Sémiotique, il illumina d’un coup toute la Phtisiologie.
Le Traité de /’ Auscultation Médiate marque tout un épisode glorieux de l’histoire de la Tuberculose, dont, cinquante et soixante ans plus tard, les découvertes de J. -A. Villemin et de Robert Koch viendront encore grandir l’importance.
Laënnec fait école, et. rapidement, les élèves venus des deux Mondes apprendre le maniement du Stéthoscope répandront, avec ses doctrines, sa méthode d’exploration de la poitrine.
Pourtant, en dépit « qu’il écoutât la voix des organes souffrants et « débrouillât leurs cris confus avec une patience, une sagacité et une « subtilité qui rappellent la puissance d’analyse de Bordeu, établissant « la théorie du pouls dans les maladies de tout ordre1 », Laënnec ne trouve pas grâce devant les attaques de Broussais, véritable tribun médical2, au tempérament aussi ardent que celui de Laënnec était calme!
De complexion frêle, de taille petite, de physionomie maigre et osseuse, d’aspect timide et réfléchi, l’inventeur de T Auscultation Médiate contrastait de toute sa personne avec le médecin militaire, qui avait fait les rudes campagnes de l'Empire.
L’auteur des Phlegmasies chroniques ne devait pas tolérer une doctrine qui venait faire échec à son système.
Le tubercule, produit de nouvelle formation! Tout comme Minerve était sortie armée du cerveau de Jupiter, le tubercule, sponte sua , solliciterait le parenchyme pulmonaire à se tuberculiser? Concevoir et enseigner que la Phtisie soit autre chose qu’une pneumonie chronique! Voilà bien de quoi nourrir la polémique de Broussais qui, en matière de phlegmasies pulmonaires, comme en matière de phlegmasies gastriques et entéritiques, s’entête à prendre l'inflammation, effet réactionnel des maladies, pour leur cause.
Malgré sa popularité inouïe dans nos Ecoles, malgré son éloquence entraînante et la force de sa dialectique, le tribun du Val-de-Grâce, en dépit du potentat que vraiment il exerce sur la Médecine, mord, mais n’entame pas l’Œuvre de Laënnec. Celle-ci se trouve, au