Bftncroft, Histoire de$ États-Unit, t. VIII, p
court à la force. Le général Gage, décidé à réduire l'opposition dans son foyer même, avise le gouverneur du Massachusetts qu'il est prêt à lui envoyer des troupes, sur réquisition. Le Conseil de la colonie, tout en renouvelant l'assurance de son respect envers le pouvoir royal, allègue qu'une réquisition semblable n'est utile « ni pour le bien de Sa Majesté, ni pour la tranquillité du pays ». Néanmoins les troupes sont appelées, et le gouverneur veut les loger chez l'habitant; le Conseil rédige d'urgence une protestation par écrit, et refuse de fournir des cantonnements en ville, tant que les casernes du fort ne seront pas insuffisantes. Cette résolution catégorique, publiée par ia Gazette de Boston, produisit d'autant plus d'effet, que l'inspirateur du vole, James Bowdoin, président du Conseil provincial, était connu pour la fidélité notoire de ses sentiments monarchiques et loyalistes. Jamais jusqu'alors, de l'aveu même du gouverneur, la domination britannique n'avait subi d'aussi grave échec.
Loin d'abuser de sa victoire morale pour pousser les choses à l'extrême, le Conseil se prêtait sagement à toutes les transactions compatibles avec les intérêts de l'Amérique. Ainsi consent-il à ne pas mettre en discussion les pouvoirs du parlement