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CENT ANS DE RÉPUBL IQUE

d'Angleterre, le gouverneur, Francis Bernard, ayant promis d'appuyer la pétition relative aux griefs de la colonie. Quoique cette promesse ne soit pas tenue, le Conseil persiste à user des moyens pacifiques, et fait remettre directement, en 1769, au ministre anglais Hillsborough, une lettre pour se justifier et plaider la cause de la province. On sait, par des témoignages irrécusables, que le désir de conciliation était général. La plupart des hommes éminents de l'Amérique, Washington, Franklin, John Adams, Madison, Jay, et Jefferson lui-même, se défendent d'avoir prémédité la séparation, c J'ai toujours pensé, écrit Madison, que le rétablissement des relations coloniales avec la mère patrie, telles qu'elles existaient avant le différend, fut le vœu sincère de toutes les classes de la société, jusqu'au moment où le désespoir de le réaliser, joint à l'exaspération résultant des malheurs de la guerre et de la manière dont elle était conduite, eut préparé tous les esprits à la déclaration de l'Indépendance \ »

I. Lettre de Madison, 8 janvier 1828. Jared Sparks, Corret* pondance et Ecrits de Washington, t. VI, p. 218-219. — John Jay écrivait de môme à Otis, le 13 janvier 1821, à propos du livre de Botta sur la révolution d'Amérique : « Durant le cours de ma vie et jusqu'à la seconde pétition du Congrès de 1775, je n'ai jamais entendu un Américain, quels que fussent son caractère ou

AU plus fort de la crise, les sentiments de modération et d'attachement à l'égard de la métropole prévalaient dans les colonies. Le premier Congrès, réuni à Philadelphie le 5 septembre l??^, et connu sous le nom de < vieux Congrès continental », rédigea une adresse au peuple de la Grande-Bretagne; les projets de séparation attribués aux Américains y sont traités de pures calomnies*. En 1775, c'est au roi Georges lui-même

sa condition, exprimer un vœu pour Tindépendance des colonies. J*ai toujours cru et je crois encore que notre pays a été entraîné et poussé à la séparation par nécessité et non par choix.» Ibid., p. 223. — Quant à Washington, il écrivait au milieu môme des événements : «c Permettez-moi d'ajouter que ce n*est ni le désir ni l'intérêt de ce gouvernement (le Massachusetts) non plus que de tout autre, séparément ou collectivement, de conquérir Tindépendance. Mais vous pouvez être en même temps assuré qu'aucun d'eux ne se résignera jamais à perdre les droits et les privilèges précieux qui sont essentiels au bonheur de tout État libre, et sans lesquels on n'a plus aucune sécurité pour sa propriété, sa liberté et sa vie. » Lettre au capitaine anglais Mackenzie, 1774. Ibid,, 1. 1, p. 158>159. ~ « Avant le 19 avril 1775, raconte Jelferson, je n'avais pas entendu le moindre murmure annonçant une disposition quelconque à la séparation d'avec la Grande-Bretagne... John Adams avait déclaré peu auparavant, à Boston, que c'était calomnier la province de dire qu'il s'y rencontrait quelqu'un qui aspirât à l'indépendance.» Bigelow, LM^<ate-irni««n 1863, p. 43. — Voir également Van Buren, Political parties, p. 25 et suivantes; Cur- Us, HUtory, 1. 1, p. 18, etc..

1. Voir Jared Sparks, Correspondance et écrits de Washington, t. I, p. 159.

que le second Congrès continental envoya une pétition nouvelle pour répudier toute idée d'indépendance, et exposer les griefs légitimes dont les colons demandaient le redressement en leur qualité de citoyens anglais ^ Franklin, qui n'était pas d'une nature larmoyante, pleura, dit-on, au moment de quitter l'Angleterre, où il se trouvait en mission; et plus d'un patriote, apprenant la rupture définitive, revêtit des habits de deuil, comme s'il se sentait atteint par un malheur de famille ^ Pourtant, lorsqu'une lointaine colonie d'outremer, recourt aux armes afin de secouer le joug du pays d'origine, cette guerre mérile-t-elle, à proprement parler, le nom de guerre civile? On peut y voir un malheur pour la métropole, pour

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