‹ Cent ans de république aux États-UnisChapitre 112 sur 166 · Voir Bigelow, les États-Unis en 1863, p · texte numérisé non relu

Voir Bigelow, les États-Unis en 1863, p

2. Voir Windthrop, Adresses and Speeches, t. 1II| p. 398. — Même après les premières batailles, bon nombre de colons Déconsidéraient pas la séparation c«mme définitive. « Malgré l*acte du Parlement qui ordonne la saisie de nos biens, et mille autres preuves d*une politique générale implacable et ennemie de toute conciliation, beaucoup d'habitants éprouvent une répugnance étrange à briser le lien qui nous unit à la Grande-Bretagne. Ces sentiments éclatent surtout dans cette colonie (la Virginie), et dans le Sud. Avant de se déclarer, les Américains veulent attendre que les commissaires aient apporté les propositions d'accomodement. Et cependant, pas un homme de sens n*en espère d*heureux résultau. » Lettre du colonel Reed à Washington, 3 mars 1776. Jared Spnrki,Correspondance et Écrits de Washington, t. III, p. 140, note.

la colonie, ou pour les deux à la fois. Mais ce n'est pas la révolution dans le sens ordinaire du mot, ni surtout le parricide national qui arrache au corps même de la patrie un lambeau du territoire héréditaire.

Parmi les divers impôts frappés sur l'Amérique, celui de trois pence par livre de thé avait seul été maintenu, le parlement britannique voulant marquer ainsi son autorité. Or c'était justement le principe de l'impôt qui faisait le nœud du litige. Les plus modérées des Chambres coloniales posèrent la question en termes très nets. Hutchinson, le nouveau gouverneur du Massachusetts, s'efforçant de prouver la validité des taxes récentes, affirma que les colonies formaient un fief immédiat de la couronne. Le Conseil soutint que toute taxe non votée par les Américains était inconstitutionnelle d'après les lois et la Constitution anglaises, aussi bien qu'en vertu de la charte provinciale. Washington disait familièrement dans une lettre intime : * Le parlement de la Grande-Bretagne n'a pas plus le droit de prendre dans ma poche, sans mon consentement, que je n'ai le droit de prendre dans la vôtre*. »

1. Lettre de Washington à Bryan Fairfax, 20 juillet 177i. Jared Sparks, Correspondance et Écrits de Washington, t. III| p. 55.

A ce même Conseil du Massachusetts, sommé de reconnaître la suprématie universelle du parlement britannique, revient l'honneur d'avoir déclaré qu'aucun gouvernement humain ne possède la souveraineté absolue. Quinze ans plus tard, les Américains se souvinrent du principe qui avait dicté leur réponse. La théorie des pouvoirs limités, et les combinaisons essayées pour fixer des limites réelles à chaque département de la puissance publique, devinrent les traits originaux de la Constitution des États-Unis.

Contre les prétentions de la métropole, se retournaient les maximes du vieux droit anglo-saxon. La révolution de l'Indépendance restait ainsi sur le terrain légal, et s'accomplissait avec une sorte de maturité aristocratique, à laquelle plusieurs membres éminents des Chambres anglaises ne pouvaient s'empêcher de rendre justice, c Je me réjouis de la résistance des colons, disait Pitt; se soumettre, c'était pour eux se réduire volontairement à l'esclavage ^ i Et le célèbre orateur, tout pénétré de souvenirs classiques, affirmait que ni Thucydide ni les historiens des grands États, ses auteurs de prédilection, n'offraient aucun exemple

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