Bigelow» les États-Unis en 1863, p
d'une réunion d'hommes surpassant en raison et en sagesse le Congrès général de Philadelphie ^ « Les insurgents d'Amérique ont le droit pour eux, 1 répétaient également fiurke. Fox, Lord Cambden, en s'adressant aux ministres. Ces révoltés du droit peuvent donc soutenir que c leur rébellion ne fut qu'un hommage aux doctrines et à la foi politique de l'Angleterre ^ *.
Assurément la crise ne se termina pas sans excès. Lés révolutions en entraînent toujours, si légitimes qu'elles se prétendent; et les désordres matériels sont les préludes inévitables de la lutte armée ^ Il n'est pas facile d'arrêter net, à la limite exacte du droit, un peuple lancé sur la pente révolutionnaire. La correction d'attitude et de procédés, que doivent conserver les classes éclairées du pays, pour mériter de rester dirigeantes, ne saurait être attendue des foules. C'est à leurs chefs de ne pas les suivre sous prétexte de les com-
i. Voir Benton, Thirty years' View, t. I, Préface, p. iii-iv; et Bigelow, les États-Unis en 1863, p. 4t. c Le premier ministre, lord North, désapprouvait lui-même [au fond du cœur les mesures prises contre rAmérique. »
2. Windtbrop, Discours prononcé à Boston pour le centenaire du 4t juillet 1776. Adresses and Speeches^ t. HT, p. 396.
3. Voir Wentworth Higginson, Histoire des États-Unis, p. 158 et suivantes.
mander. Les porte-parole de la démocratie américaine ne donnèrent pas cette marque d'insigne faiblesse. Bien loin de surexciter Topinion publique par de violentes déclamations, ils ne négligèrent aucun effort pour modérer ses emportements et la rappeler au respect des lois, même à regard de l'ennemi. La voix de la raison se Gt parfois écouter.
Une rixe éclate, le 5 mars 1770, entre des citoyens de Boston- et des « habits rouges i». Sur Tordre du capitaine anglais Preston, la troupe fait feu. Trois hommes tombent morts; huit sont blessés. La ville entière s'agite à cette nouvelle; l'officier est traduit en jugement sous la prévention de meurtre. Aussitôt, quelques-uns des meilleurs légistes et des plus ardents patriotes prennent en mains la cause de l'accusé, et prouvent qu'il a obéi à son devoir militaire*. Comment éviter ici un rapprochement qui s'impose? Certes, ces avocats de Boston, obtenant de jurés américains l'acquittement d'un capitaine anglais convaincu d'avoir fait onze victimes, n'auraient pas laissé massacrer les innocents défenseurs de la Bastille, fidèles à l'honneur et au devoir professionnels. Les États-
1. Voir Wentworth Higginson, Histoire des Élats^Unis, p. 156-
Unis ont préservé leur 89 de tout ce qui annonce et prépare un 93. Ils s^ sont acquis le droit de célébrer le centenaire de l'Indépendance sans repentir, avec le juste orgueil de n'avoir pas déshonoré leur révolution.
 partir du commencement de la guerre, la rapidité des événements ne permet pas de démêler l'histoire particulière des Conseils, dont les actes se confondent avec ceux des autres Assemblées coloniales. Ils subirent naturellement des modifications dans le sens démocratique; l'élection par le peuple ou par les pouvoirs provinciaux remplaça l'investiture royale. Mais les Américains ne profitèrent pas des changements accomplis pout* supprimer les Conseils, qui furent maintenus dans les États où ils existaient précédemment, c'està-dire presque partout*. A ce sujet même, l'une des provinces d'où partit le signal delà résistance à l'Angleterre, formula une déclaration de principe. La Convention spéciale, convoquée en 1778 pour examiner la nouvelle Constitution du Massachusetts, affirma expressément qu'il fallait éviter de confier lepouvoir législatif â une seule Chambre, et sanc-
1. En Pensylvanie, il n'y avait qu'une seule Chambre depuis 1701; le Conseil formait simplement une branche du pouvoir exé-
tionna le système de la double représentation, déjà en vigueur au teiAps de l'administralion britannique ^
Non seulement le dualisme parlementaire est antérieur à rétablissement de la Constitution fédé* raie, mais encore plusieurs caractères distinctifs du sénat des États-Unis se découvrent en germe dans l'organisation traditionnelle et les attributions multiples des anciens Conseils coloniaux. Leurs membres, moins nombreux que les députés, exerçaient un mandat qui se prolongeait davantage. Parfois l'analogie devient frappante. Ainsi, d'après la Constitution primitive de la Pensylvanie, le Conseil, élu pour trois ans, se renouvelait par tiei*s chaque année.
En règle générale, le Conseil coopérait à la discussion et au vote des lois, dont l'adoption définitive nécessitait son concours. Si, par suite de circonstances déterminées, la Chambre démocratique accapare presqu'eh totalité la puissance législative, comme elle le fait en 4754 dans le Maryland, ne laissant à l'autre Assemblée qu'une sorte de droit de veto, en voit au contraire, pour des causes
cutif. La législature de la Géorgie n*était pas non plus dÎTisée en deux Chambres.