‹ Cent ans de république aux États-UnisChapitre 12 sur 166 · XXXIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXXIV INTRODUCTION

ment d'Angleterre, à ia plus belle époque de son histoire. Que ne reportent-ils leurs regards sur les Assemblées contemporaines, où fonctionne le parlementarisme sans l'appui monarchique? Ils y verraient des cabinets asservis par des majorités à la fois despotiques et irrésolues ; l'initiative gouvernementale attendant l'impulsion qu'elle devrait donner; le contrôle légitime des représentants remplacé par une ingérence tracassière dans les plus infimes détails administratirs, surtout dans les nominations aux emplois publics et les destitutions qui deviennent l'affaire capitale; les discussions sérieuses ajournées; le budget même laissé en souffrance; les crises continuelles réduisant à quelques mois la vie moyenne des ministères, dont le maintien ou le renversement sont presque toujours des manœuvres stériles, subordonnées aux intérêts de partis, de groupes, ou de personnes, et aux combinaisons électorales les moins avouables. Les difficultés du régime parlementaire s'aggravent singulièrement dans les démocraties, qui semblent osciller sans cesse entre l'anarchie législative et la tyrannie conventionnelle ou césarienne.

Jusqu'ici, l'Amérique possède un préservatif efficace contre la transformation du Congrès en Gon-

INTRODUCTION, xxxv

vention unique et omnipolenle. Le sénat fédéral n'a rien des institutions factices, condamnées à végéter obscurément. Il est le représentant naturel des États particuliers ; cette situation spéciale lui 'assure une vitalité et un crédit dont les Chambres hautes sont trop souvent dépourvues. Certains pouvoirs, d'ordre exécutif, élargissent son domaine, et accroissent encore son influence en face de TAssemblée démocratique.

Quant au président des États-Unis, quelle est sa valeur exacte dans Tensemble gouvernementar? Se voit-il réduit à un rôle eflacé et presque nul, au point de n^élre que c leconstable du Congrès i>*? Doit-on penser au contraire, avec quelques écrivains, qu'il est plus puissant qu'un roi constitutionnel? L'Amérique contemporaine Ibrme-t-elle une république parlementaire et congressionnelle^j d'après le terme nouveau, ou une république t présidentielle î, suivant l'opinion de M. Bagehot?

A considérer seulement dans le texte écrit les

1. Tarole de M. Boutwcll, commissaire de la Chambre des représentants dans le procès du président Johnson, réfutée par M. Groesbeck, avocat de Taccusé. Supplément to ihe Congressional Globe, 1868. Trial of Andrew Johison, p. 313.

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