‹ Cent ans de république aux États-UnisChapitre 17 sur 166 · L INTRODUCTION · texte numérisé non relu

L INTRODUCTION

est inutile de raisonner avec eux*? i Ce serait trop de pessimisme et de sévérité. N'avons-nous pas du reste sous les yeux, de ce côté-ci de TAtlantique, le spectacle d'une grande nation qui se dégrise ? Mais il est permis de s'inquiéter au sujet des garanties démocratiques. Si l'on ne veut pas fonder le royaume des borgnes où les aveugles sont rois, le dernier mot du régime populaire ne saurait être un ordre de choses proclamant que la science est tout, et attribuant à l'ignorance universelle, sous le nom de « sagesse collective », la mission de gouverner le gouvernement.

Beaucoup de bonnes âmes se complaisaient à dire avec Voltaire : c Dieu mit la fièvre en nos climats et le remède en Amérique. > Les États-Unis ont leurs fièvres politiques et sociales, aussi intenses que les nôtres, et se trouvent en face de problèmes tout aussi redoutables, qu'ils ont fort mal résolus pour la plupart, comme l'a remarqué l'un des plus fins observateurs des mœurs du nouveau monde '. Malgré des avantages exceptionnels et des qualités précieuses, les Américains

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