CENT AMS DE RÉPUBLIQUE
lectivement le droit d'être oppresseur? Singulière antithèse à rémancipation de l'individu par la proclamation des droits de Thomme et du citoyen !
Quel que soit le régime politique, cette notion de souveraineté reste toujours un peu confuse, et finit invariablement, si l'on veut la serrer de trop près, par se perdre dans les nuages de l'empyrée ou dans les brouillards terrestres. Le peuple est souverain en Amérique; remplaçant la monarchie, il en a exagéré les prérogatives et conservé les formes traditionnelles de langage. Le roi dit € nous voulons », suivant la vieille formule monarchique. € Nous, le Peuple des États-Unis, décrétons et établissons > ; ainsi débute le préambule de la Constitution américaine*. N'est-ce pas, en effet, le droit divin du peuple substitué à l'antique droit divin des rois? Il n'y manque même pas
1. « Mous» le Peuple des États-Unis, en vue de former une Union plus parfaite» do faire régner la justice, do garantir la tranquillité intérieure, de pourvoir à la défense commune, d*accroître le bien-être général, d'assurer les bienfaits de la liberté à nous-mêmes et à notre postérité, décrétons et établissons la présente Constitution pour les États-Unis d'Amérique. ï» — «Ce préambule est constamment invoqué par les jurisconsultes et les hommes d'État de rAmérique, comme point de départ des interprétations qu'ils donnent aux stipulations constitutionnelles. • Frederick C. Brightiy, An analitical Digest of the Laws of the United Slate$, Philadelphia; 1865. T. I, p. 1, note c.
certaine teinte de mysticisme, répandue çà et ià au milieu des écrits où les docteurs de la loi nouvelle nous parlent < des pouvoirs latents qui résident virtuellement dans le sein de chaque nation, qui sont illimités en étendue, et qui échappent à toute définition rigoureuse »*.
f. Gooley, Constitutional Limitations, p. 36-37.