‹ Cent ans de république aux États-UnisChapitre 24 sur 166 · LA SOUVERAINETÉ POPULAIRE ET LA LOI DU NOMBRE · texte numérisé non relu

LA SOUVERAINETÉ POPULAIRE ET LA LOI DU NOMBRE

Inlerprélé dans le sens rigoureux des termes, le principe de la souveraineté populaire signifierail que chacun des membres de la collectivité nationale exerce une part d'action sur les affaires de l'Élat : c'est ce que l'on a coutume d'appeler le gouvernement de tous partons. Il Tant en rabattre. La réalité se borne à ceci : on vote, on se compte, le nombre fait loi. C'est la domination exclusive des majorités.

Les habiles en politique, ceux qui se donnent la mission de parler au nom du peuple, de lui enseigner la nature et l'étendue de ses prérogatives, laissent planer à dessein sur les origines et les manifestations de son pouvoir certaine ombre mysté-

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rieuse, à la faveur de laquelle la diversité des volontés contraires des citoyens s'efface et se confond dans l'unité supposée de la volonté nationale, fiction exorbitante, servant à légitimer le droit dont dispose la majorité de parler et de gouverner seule au nom de la totalité du pays. Que devient le prestige de cette unité prétendue lorsqu'on tire au clair les questions de chiffres ? C'est pourtant ce que n'hésitent pas à faire les publicistes américains. La crainte de € profaner le mystère constitutionnel > ne les empêche pas c de lever le voile qui devrait toujours couvrir, au gré du cardinal de Retz, tout ce que l'on peut dire et tout ce que l'on peu t croire du droit des peuples et du droit des rois > . Dédaignant dans leurs ouvrages les sous-entendus et les équivoques, ils procèdent aux investigations les plus minutieuses sur les règles, la valeur et les résultats de l'arithmétique électorale appliquée au gouvernement.

< C'est un fait positif de notre histoire, écrit Story, que nos institutions ont été fondées sans l'assentiment exprimé ou implicite de la nation entière, et qu'elles doivent leur autorité comme leur existence au consentement d'une simple majorité de votants qualifiés * . > En effet, à part les mi-

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