‹ Cent ans de république aux États-UnisChapitre 47 sur 166 · Vaa Buren, Poliiical parties, p · texte numérisé non relu

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être infectée ^ i Aucune analogie n'existe entre les procédés suivis par les deux nations. C'est au dogmatisme que les constituants français de 1791 empruntent leur méthode. L'édifice qu'ils construisent, d'apparence pompeuse et symétrique, repose sur le sol artificiel des idées spéculatives, non sur le terrain solide des faits et des traditions. A peine élevé, on le voit tomber en poussière. Les constituants des États-Unis s'inspirent des coutumes du pays et des nécessités du moment. Au lieu de n'être plus qu'un c chiffon de papier philosophique i, comme Governor Morris quali» fiait notre Constitution de 1791, leur œuvre, bien que vieillie et modifiée, subsiste encore aujourd'hui.

L'Amérique elle-même trouvait dans sa propre histoire, longtemps avant la Séparation, un frappant exemple de la fragilité des institutions édifiées sur la pure théorie. En 1669, les colons de la Caroline réel ament une Constitution nouvelle. Ils la reçoivent toute faite d'Angleterre. C'était un système savant et compliqué, fruit des méditations de l'illustre philosophe John Locke. Dans leur naïf enthousiasme, les propriétaires souverains de la

1. Jared Sparks, Mémorial de Govêmor Morris, traductioa firançaise. Paris, iUt. Lettre à Washington, du 31 juiUet 1789.

colonie se flattent d'apposer leur sceau à un document de la plus haute valeur, auquel ils présagent déjà une durée éternelle. Cette éternité fut de quelques années à peine. Dès 1693,1a fameuse Constitution périt, sans même avoir jamais pu être complètement appliquée.

f Ce n'est pas à de puissants génies que nous sommes redevables de nos libertés, remarque à ce sujet rbistorien Bancroft;... les législateurs vraiment éminents de nos colonies marchèrent d'abord à tâtons comme de petits enfants ^ i On pourrait en dire à peu près autant des constituants de 1787, qui ne se piquaient nullement d'être des métaphysiciens politiques. Loin de s'étudier à jeter les bases d'une cité idéale, ils agirent en hommes pratiques, cherchant à tirer le meilleur parti des événements pour combiner la moins mauvaise forme de gouvernement qu'ils purent, c'est-à-dire un État libéral, honnête, protecteur des intérêts légitimes, et ressemblant assez à la direction d'une grande famille laborieuse. Herbert Spencer les accuse d'avoir fait œuvre de théoriciens. Cette critique parait se tromper de date. Les subtilités de doctrine ne furent guère imaginées que plus tard, pour

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