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tacles à la marche du gouvernement et à la conduite de la guerre. . Tourmenté, harcelé par les rivalités, les obsessions et le mauvais vouloir des treize États confédérés, Washington ne savait comment répondre à leurs exigences et concilier leurs réclamations contradictoires. L'intérêt commun était sans cesse mis en péril par Texplosion des égoîsmes et des petites passions locales. La nomination des officiers de l'armée, divisée elle aussi, et recrutée parmi les milices coloniales, jalouses de se disputer Tinfluence et les commandements, suscitait mille tracas au général en chef. Quant au Congrès, tiraillé en tous sens par les Etats, il semblait frappé d'impuissance, et ce manque de direction politiques, paralysant l'action militaire, arrachait à Washington des plaintes trop justifiées. « Je vois une tête disloquée en treize morceaux, écrivait-il à Joseph Jones, le 31 mai 1780; je vois une armée se fractionner en treize tronçons qui, loin de regarder le Congrès comme le pouvoir suprême, prétendent ne dépendre que de leurs gouvernements respectifs. »
Les bons esprits s'efforçaient en vain de réagir
Uared Sparks, Correspondance et Écrits de Washingtonf l. IV, p. 130. — Washington écrivait de même après la paix: « Il n*est peut-être personne qui ait éprouvé d'une manière plus
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contre ces .leodances dissolvantes, et d'éveiller dans les cœurs un sentiment national, c La tyrannie britannique a effacé les limites qui séparaient les colonies les unes des autres, s'était écrié Patrick Henry dès le début du conflit avec TÂnglelerre; les distinctions entre Yirginiens, Pensylvaniens, New-Yorkais, n'existent plus. Je ne suis pas Yirginien, je suis Américain*. » Ce langage, inspiré du plus pur patriotisme, n'exprimait qu'une généreuse illusion. L'exemple de Patrick Henry rencontrait peu d'imitateurs, et le colon restait avant tout le citoyen de son État natal, auquel de longues et vivaces traditions l'attachaient invinciblement.
Encore la guerre formait-elle un lien forcé qui rapprochait les colonies par les impérieuses nécessités de la défense commune. Après la paix, ce lien fragile fut rompu, et le Congrès se retrouva en face de treize États souverains, sans aflinités suf-
seasible que moi les mauvais eifets de notre Confédération. La prolongation des hostilités et les dépenses qui en furent la conséquence, peuvent être avec justice attribuées à ses défauts. C*est là Torigine de plus de la moitié dos embarras qui ont pesé sur moi durant le cours de mon commandement, et de tous les maux que l'armée a supportés. » Lettre à Hamilton, du 31 mars 1783. Jbid., t. IV, p. 418.
i. Bigelow, Les Etat9-UnU en 1863, p. 40.
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fisanies d'origine, divisés d'inlérêls, cl presque ennemis. La luUe récente conlre la supicmalie de la métropole avail laissé dans lésâmes un levain d'opposilion à Fcgard de toute aulorilé exlérieure, et une méfiance incurable envers toule loi qui n'é» raanait pas directement des assemblées locales. Aussi chaque colonie, une fois émancipée, se montrait-elle résolue à ne rien sacrifier de sa puissance. Bientôt la vie politique se concentra dans les États particuliers, à ce point qu'ils négligèrent môme d'élire des représentants au Congres. Le gouvernement national, sorte de création artificielle, n'ayant guère de national que le nom, et ne subsistant que grâce au consentement de ses rivaux, semblait fatalement destiné à périr de consomption. Avec lui disparaissait rapidement tout ce qui avait un caractère général, et jusqu'aux institutions que le souci de l'indépendance à peine conquise aurait dû préserver. En 1784, un an après la cessation des hostilités, alors que les .anglais occupaient encore une partie du territoire, l'armée des Étals-Unis était réduite au chiffre dérisoire de qualre-vingls combattants*.
Ce relâchement du pouvoir central ne profilait