‹ Cent ans de république aux États-UnisChapitre 64 sur 166 · Vnir Kent, Commen taries, t. 1, p · texte numérisé non relu

Vnir Kent, Commen taries, t. 1, p

LE SYSTÈME FÉDÉRATIF. t63

pns à la cause des libertés individuelles. Chaque État particulier, s'arrogeant le droit d'é Jicter des lois commerciales et des tarifs de douane, ne consultait que ses intérêts égoïstes, et traitait TÉtat voisin en étranger. Les immunités des citoyens américains se trouvaient donc constamment entravées, faute d'une autorité supérieure assez puissante pour prescrire une règle fixe et la maintenir envers et contre tous.

La première Confédération s'effondra d'ellemême parce que ses fondateurs, poursuivant la réalisation d'une chimère, avaient cru possible de concilier l'unité du gouvernement fédéral avec la souveraineté complète des gouvernements locaux. Dans leur fatuité juvénile, c les Américains rêvaient de surpasser le divin mystère de la sainte Trinité, et de faire que treize fut un, et qu'un restât treize* ».

€ Établir l'union plus parfaite » devint donc •le vœu des bons patriotes et le mot d'ordre* de la Convention qui se réunit à Philadelphie en 1787. Ce desideratum convenait si bien aux exigences de la situation, que l'on prit soin de Tinscrire dans le préambule de la Constitution nouvelle. Il s'agis-

i. Von Holst, Verfassung uml Demokratie, !'• partie, p. H,

sait, sans supprimer la forme fédérative, de remplacer la Confédération existante par un système plus fortement combiné, où le pouvoir central, cessant d'être réduit à gouverner par l'intermédiaire des États et selon leur bon plaisir, fût armé des moyens effectifs d'imposer directement l'obéissance aux citoyens, et possédât des agents à lui, capables d'assurer l'exécution de ses volontés. En même temps, l'État particulier devait conserver ses prérogatives dans la mesure compatible avec les intérêts généraux du pays. Le problème se compliquait donc encore davantage. Quelle serait la juridiction distincte de chacune des deux puissances rivales? Comment déterminer les frontières de leur domaine respectif assez exactement pour empêcher leurs empiétements réciproques? Par quel procédé pratique réaliser pacifiquement sur un aussi vaste territoire la donnée spéculative des États libres dans l'Union libre ?

La tâche était si épineuse, que les plus habiles hésitaient à l'entreprendre. Madison la croyait presque au-dessus des forces humaines*. Et, en effet, la Convention de Philadelphie se partagea aussitôt en deux groupes à peu près égaux : d'un

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