‹ Cent ans de république aux États-UnisChapitre 66 sur 166 · Voir Ben ton, Thirty yeart*View, t. I, p · texte numérisé non relu

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LE SYSTEMS FÊDÉRATIF. 167

délégués des Élats libres à la Convenlion de Phila* delphie qualifiaient déjà d'iniquité révoltante*. Le privilège politique attaché à t Tinstitution particulière »> euphémisme décent imaginé pour désigner Tesclavage % devint ainsi Tun des Terments de discorde qui préparèrent de loin la guerre civile de la Sécession.

Au sujet de la question économique, les deux partis opposés ne conclurent également qu'une paix mal assise. Le règlement du commerce et des tarifs avait été la pierre d'achoppement de la première Confédération, parce que chaque État légiférait en maître sur ce chapitre, et sacrifiait le bien général à ses propres avantages. Pour faire cesser ce désordre, la Convention de Philadelphie décida que les lois relatives aux douanes seraient votées par le Congrès fédéral, à la majorité simple des voix. Mais l'uniformité de législation ne créait

1. Voir Story, Ccmmentarieê, t. I, p. 451. Les propriétaTcs d'esclaves prétendaient, d*aulro part, que les oscIuvlm dcvaieat être représentés à titre de propriété.

2. Ce fut, dit-on, sur la demande des délégués du Nord que les termes scabreux d'esclaves et d^esclavage furent rayés du projet de Constitution, et remplacés par des périphrases inventées pour rassurer la pudeur nationale, mais « cachant mal les hontes de la république». Qnincy Adams, cité par Von ILilst, Yerfas^ 9vng»ge»chickte der Vereinigten Staaten, t. I, p. iiX

pas Tunité d'intérêts. A l'anarchie commerciale on ne faisait que substituer l'oppression douanière. Qu'étail-ce, en effet, que cette majorité du Congrès, investie désormais du droit de réglementer souverainement le commerce des États-Unis?

Non pas une majorité représentative vraiment nationale, comme dans une république homogène, mais la majorité des mandataires d'un groupe d'États, coalisés par leurs intérêts égoïstes pour opprimer légalement les États rivaux. Cette fois, c'était le Sud qui risquait d'être à la merci du Nord et de l'Est. Le conflit latent ne pouvait manquer de se réveiller à la première occasion.

Sur d'autres points, le système fédératif a produit des résultats plus heureux. Il permet aux minorités de prendre une solide position défensive, ce qui est la condition du libéralisme loyalement pratiqué. Non seulement rien n'empêche le parti battu aux élections nationales de disposer delà majorité locale dans certains États; il peut encore, à la faveur des diverses échéances électorales, avoir pour lui Tune des deux Chambres du Congrès ^ Là se trouve une garantie contre

i. Ainsi, tandis que le pouvoir exécutif et le Sénat apparletenaient aux fédéralistes, les républicains (appelés plus lard démocrates) avaient la majorité à la Chambre des représentants

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Fécrasement du petit nombre par le plus grand. Ces combinaisons ne sauraient d'ailleurs porter de bons fruits que s'il n'existe entre les partis rivaux aucun désaccord essentiel sur les principes fondamentaux des institutions ^

Un des plus notables services rendus par le fédéralisme aux Américains consiste dans les facilités qu'il leur a offertes pour la création d'un sénat à la fois puissant et populaire. Car le problème de constituer un sénat valide semble à peu près insoluble dans les démocraties où l'assemblée la plus démocratique, étant de beaucoup la plus forte, rompt tout équilibre, et annule les autres pouvoirs par sa prépondérance excessive. Les névers la fin de radministration de John Adams. Au président républicain (démocrate) Jeflerson, s^appuyant sur une Chambre de même opinion, s'opposait un Sénat dans lequel les fédéralistes dominaient encore. Sous Jackson, chef du parti démocrate, Topposition whig fut d'abord maîtresse du Sénat. Aujourd'hui, le président, M. Cleveland, est démocrate, tandis que le Sénat est républicain, fiien plus, il y a quelques années, la majorité dans les deux Chambres du Congrès était démocrate, pendant qu'au fauteuil présidentiel siégeait un républicain, M. Hayes. Mais cela tenait anx combinaisons électorales défectueuses par suite desquelles la présidence peut échoir au candidat de la minorité nationale.

1. Dès que cette condition cesse d'être remplie, l'avantage des États fédératifs se retourne aussitôt contre eux ; la minorité d'opposition est alors traitée avec la dernière rigueur, témoin la guerre de la Sécession et l'oppression du Sud qui en fut la suite.

cesbilcs, \ùs préjugés mêmes du fédéralisme préétabli ménagèrent aux républicains d'Amérique celte chance favorable qu'une Chambre haute se forma spontanément chez eux et conquit bientôt une place plus importante que l'assemblée issue du suffrage direct.

Antérieurement à la Convention de 1787, et longtemps avant la Séparation, chaque colonie possédait bien un Conseil, ou sénat particulier, composé de manière à contre-balancer plus ou moins la puissance de la Chambre représentative ^ Fidèles à la méthode expérimentale, les constituants de Philadelphie s'inspirèrent des modèles qu'ils avaient sous les yeux. Mais l'originalité du sénat fédéral réside en ceci, que tous les États sans exception y sont représentés sur le même pied, et ne nomment chacun que deux sénateurs. Les conditions du système fédératif et les traditions de la souveraineté locale exigeaient qu'il en fût ainsi, les petits États réclamant une compensation à la perle de Tégalité absolue dont ils bénéficiaient dans le Congrès de la Confédération primilive. Leur indépendance et leurs droits eussent couru trop de risques, si le principe de

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