Voir chapitre x, p. 296 et saivanles
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la ^roporlionnalilé avait réglé dans les deux Chambres le chilTre de la représeotalion.
Ce compromis oblige souleva d'abord de part et d'autre les plus vives récriminations. Personne ne prévoyait que le sénat fédéral deviendrait l'un des maîtres moteurs de la Conslilution, en môme temps que le gardien vigilant des libertés provinciales. Sa prépondérance avérée * tient surtout à ce qu'il est non pas un mécanisme artificiel, mais un rouage naturel du gouvernement, ou mieux encore un organe vivant du corps social. Sa création et sa forme furent déterminées par les conditions du régime antérieur à son existence. Il émane de la première réalité apolitique qui ait apparu sur le sol américain, les Etats coloniaux. Il est soutenu
1. < On peut dire du Sénat des États-Unis qu'il n'y a probablement pas sur la terre d'Assemblée législative dont la mission loit plus variée, plus intéressante, et plus essentielle au salut public. > Story, Commenîaries, t. I, p. 507. -- « Le Sénat est Tun des organes les plus puissants et les plus actifs du gouvernement américain. » Discours de Clay, pasiiniy cité par Benton, Tkirttj years*VieWf t. II, p. 399. — « Il est rancre de salut de la Constitution américaine. » Walker, American LaWt p. 03. — I On doit se mettre dans Tesprit que le Sénat des Êtais-Uiiis est aujourd'hui le pouvoir prépondérant. » The Nation^ 6 avril 1876, p. 222. — Les critiques mêmes des rares adversaires du Sénat témoignent de sa force. M. Moncure Conway le trouve trop puissant. Voir Republican Supentiiionst p. 10 et suivantes ; 53 et suivantes.
par le premier sentiment qui ait fait battre le cœur du colon, Tamour ineffaçable de son État natal, c Mon État particulier, voilà ma patrie, > s*écriait Fisher Ames, six ans après Tadoption du pacte constitutionnel ^ Le sénat est comme le faisceau de ces traditions; là doit être cherché le secret de sa force.
En thèse générale, on pourrait craindre qu'une assemblée si puissante et si peu nombreuse ne se transformât en oligarchie tyrannique. Mais, par essence et par origine, le sénat américain est le représentant des immunités et des intérêts provinciaux. C'est lui qui, dans le gouvernement central , personnifie les doctrines décenltalisatrices. Comment le défenseur attitré des États menacerait-il leur autonomie, absolument solidaire de sa propre cause, la véritable raison d'être de son existence et de sa mission ?
L'Amérique est partiellement aussi redevable au fédéralisme de l'organisation définitive de son pouvoir judiciaire national. Les tribunaux des États particuliers possédaient une large faculté d'interprétation. Ils exerçaient le droit d'examiner, avant
t. Cité par Von HoUt, Verfassung und DemokraUe, !'• partie, p. 24, note. 2.
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d'appliquer les lois, si elles étaient conroimes à la Constitution locale, faute de quoi ils les tenaient pour non avenues. Le juge, devenant ainsi l'arbitre de la validité des actes législatifs ayant trait aux affaires portées devant lui, pouvait dans une certaine mesure arrêter les empiétements des Chambres sur les autres départements de la puissance publique bu sur les libertés individuelles, et rappeler chacun au respect des limites prescrites.
La Constitution fédérale superposa aux gouvernements d'États un gouvernement national, muni de tous ses organes, législatif, exécutif et judiciaire. Elle créa de la sorte toute une hiérarchie gouvernementale, et détermina des limites nouvelles qui devaient séparer les deux catégories de gouvernements plus encore que les divers pouvoirs du gouvernement supérieur. Cette complication contenait en germe des conflits dangereux que la prudence conseillait de prévoir, surtout entre les deux autorités rivales, celle des États particuliers et celle de l'Union.
f Notre loi constitutionnelle, dit Curtis, confère des prérogatives peu nombreuses mais positives au gouvernement central, afin que celui-ci puisse garantir au peuple de chaque État les avantages