‹ Cent ans de république aux États-UnisChapitre 84 sur 166 · Voir Benton, Thirty yearsTiew, t. I, p. ±25 et tiZ · texte numérisé non relu

Voir Benton, Thirty yearsTiew, t. I, p. ±25 et tiZ

3. L'argument de la nécessité a suggéré plusieurs interprétations constitutionnelles des plus importantes, dont quelques-unes furent même confirmées par des arrôls judiciaires, k La Cour Suprême notamment, dans son jugement qui consacrait la légitimité de la Banque nationale des États-Unis, s*appuya sur cette raison que la création de la Banque était nécessaire à Texercice des pouvoirs dévolus au Congrès. » Benton, Thirty years*VieWt t. I, p. 229.

permanence une porte dérobée afin d'éluder les limites écrites, trop étroites, assure-l-on, pour leur génie vigoureux. Maintes fois, ils se sont montrés supérieurs dans Fart de passer lestement au travers des institutions sans les détruire.

La loi suprême, interprétée au gré du parti dominant, n'est souvent ainsi, en pratique, que la volonté variable des majorités changeantes du Congrès, sauf recours aux élections prochaines, qui légitiment ou annulent tout. Cette manière d*agir avec la Constitution explique le mot de M" Trollope : « Chacun contribue à faire les lois en Amérique, mais personne n'est tourmenté pour s'y conformer strictement*, i

On a même soutenu que le pacte de 1787 n'était depuis longtemps déjà qu'un monument décoratif, vénérable par son antiquité, tandis qu'en dépit des prohibitions diverses le pouvoir législatif restait le seul et vrai souverain des États-Unis^ Assurément des limites idéales, tracées sur un parche-

1. M" Trollope, Domestic manners of ihe Americans, Paris, 1832, t. Il, p. 284.

2. Voir The Norlh American Review, octobre 1879, p. 407 et suivantes ; et Woodrow Wilson, Congretsional Government, p. 6 et suivantes.

min constilutionnei, sont des garanties fort précaires contre les empiétements des Assemblées. Les membres de la Convention de Philadelphie n'entretenaient à cet égard ancune illusion. Aussi ne se contentèrent-ils pas d'assigner aux différents pouvoirs une sphère d'action spéciale, avec injonction de n'en point sortir. Ils remirent à chacun d'eux les moyens de faire la police sur son propre domaine et sur ses frontières, de façon à s'opposer aux envahissements des autres. C'est donc en fortifiant les pouvoirs exécutif et judiciaire qu'ils travaillèrent à modérer la puissance législative.

Le veto présidentiel ne saurait passer pour une simple abstraction, sans effet réel sur la marche du gouvernement. Cette prérogative est une arme, non de parade mais de défense, dont l'emploi, très fréquent d'ailleurs, a permis en temps ordinaire d'arrêter les usurpations du Congrès. Peu importe que dans l'exercice du vélo le président agisse en qualité de chef du pouvoir exécutif, ou même, comme on l'a dit, à titre de c troisième branche de la législature^ ». Ces distinctions subtiles sont le fin du fin de la métaphysique politique. Le résultat obtenu n'en subsiste pas moins : la domi-

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