‹ Cent ans de république aux États-UnisChapitre 91 sur 166 · The Nation^ de New-York, 20 mai 1875, p. 341. —Voici une · texte numérisé non relu

The Nation^ de New-York, 20 mai 1875, p. 341. —Voici une

Ce mouvement d'idées ouverlement hostiles au parlementarisme s'explique par les écarts de certaines Assemblées qui ont trop fait parler d'elles, depuis quelques années surtout. Loin de nous la pensée d'en reproduire l'édifiante histoire. Encore moins y a-t-il place ici pour les épithèles malsonnantes dont les représentants du peuple souverain sont qualifiés publiquement par la presse la plus modérée des États-Unis '. L'équité veut, d'aflleurs, qu'une large part soit faite aux exagérations dictées' par l'esprit de parti, toujours à l'affût des scandales qu'il exploite contre des

manifestation récente, des plus significatives à cet égard. En 1883, pendant les derniers jours de la session législative de l'État de New-York, les citoyens de la ville se réunirent en meeting, et, avec rappui de la presse locale, demandèrent à la législature d'ajourner le vote de Vaqueduct biU, qui pourvoyait pourtant à un besoin urgent de la cité. On eut ainsi le singulier spectacle d'une ville entière suppliant ses représentants de la laisser souffrir encore pendant un an de Tinsuffisance des eaux potables, parce qu'elle craignait de voir les travaux livrés aux politiciens. Naturellement le bill fut voté quand même; les intrigants ne pouvaient laisser échapper une si bonne occasion de pécher en eau trouble. Yoir ihe North American Review, août 1883, p. 159.

1. La citation suivante, choisie entre mille, et non parmi les plus violents articles, ne donnera qu'un faible aperçu du ton général de la presse américaine : c Que voit-on autre chose actuellement dans les divers palais législatifs des États-Unis, sinon des joueurs, des ivrognes, des libertins, et toute une séquelle qui est bien forcée de se vendre à prix d'argent pour pouvoir subvenir

adversaires, fût-ce au détriment de la bonne renommée nationale. Mais ces infirmités législatives, dont la réalité reste établie par des preuves accablantes, a-t-on le droit de les considérer seulement comme un incident passager? Lorsque, suivant la pente fatale des doctrines d'égalité absolue, le choix des électeurs tend sans cesse à descendre d'un degré, rabaissement progressif du niveau parlementaire n'est-il pas le fruit naturel des institutions? A ces parlements de décadence, auxquels semblent condamnées les démocraties, il est prudent de n'accorder qu'une confiance restreinte, de sorte que le parlementarisme finit par porter la peine des procédés républicains qui l'ont déprécié. L'opinion s'accrédite qu'il ne s'agit pas seulement de corriger les défauts de tel ou tel système législatif. On s'habitue à tenir pour suspectes l'honnêteté et la capacité collectives de toute Assemblée politique. L*idéal même du gouvernement représentatif se réduit à des proportions mesquines

aux frais d*une existence licencieuse. C'est une coterie d'infimes cabare tiers qui régente la ville de New- York. Toute la politique est aux mains de ruffians et de criminels, que les gens décents ne sauraient fréquenter sans déshonneur. Toutes les questions sont résolues, non pas selon leur importance ou leurs avantages généraux, mais selon la somme d'argent que les politiciens espèrent en tirer. » The Norlh American Review^ avril 1883, p. 351.

dans les esprits atteints de découragement; et les Assemblées de Favenir n'apparaissent plus que sous les traits de monotones et languissantes réunions, bornant leur rôle modeste à l'exacte expédition des affaires courantes, sans espoir de retour à des prérogatives plus hautes, héritage périlleux d'une époque où les Chambres formaient de vrais parlements. La conclusion logique, tirée par les Américains, c'est qu'il importe avant tout de diminuer la puissance des Assemblées actuelles, au nom de la liberté et de la moralité publiques, autant que dans l'intérêt d'une sage économie et d'une honnête gestion des finances *.

Dès l'origine, les différentes législatures locales se sont vu imposer des limites. Leurs actes doivent être conformes à la Constitution des États-Unis, aux lois du Congrès, et à la Constitution spéciale de l'État. Elles ont de plus à compter avec le pouvoir judiciaire, local et fédéral, dans le cas où elles dépassent les bornes prescrites. Enfin et surtout, le vélo du gouverneur leur sert de frein. Ces

1. D*aprë8 le témoignage de M. Hoffman, ancien gouverneur de l'État de New-York, témoignage confirmé par plusieurs autres, c ce sont les Chambres qui poussent au gaspillage des deniers publics ». Lettre au Cobden Club, citée par Paul Leroy-Beaulieu, Traité de la science des finances, Paris, 1883, t. II, p. 179.

procédés ont paru insuflisants ou inefQcaces. Déjà, en 1846, la Constitution revisée de TÉtat de New- York, la plus démocratique parmi celles dePUnion à cette époque, avait multiplié les restrictions à l'exercice de la puissance législative ^ L'exemple a été suivi. Presque toutes les Conventions d'États, réunies depuis ces trente dernières années pour amender les Constitutions particulières ou en créer de toutes pièces, se sont ingéniées à découvrir les moyens de réduire les prérogatives parlementaires. C*est principalement de l'énergie du pouvoir exécutif et du pouvoir judiciaire que les réformateurs attendaient le remède aux intempérances des Assemblées*.

Jadis, à la Convention 4e Philadelphie, il avait été question de faire participer la magistrature

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