‹ Cent fleurs de mon herbierChapitre 4 sur 62 · EXTRAITS DE LA PRÉFACE · texte numérisé non relu

EXTRAITS DE LA PRÉFACE

ments et de patience nous réussîmes à composer un modeste herbier et la joie que nous goûtâmes à ce travail, nous récompensa amplement de nos petites peines. Avec le temps nous sommes parvenu à nous tirer à peu près d'afTaire et, bien que notre science soit très restreinte, nous croyons pouvoir être utile à nos compatriotes en leur faisant part de nos humbles travaux.^^-*

» Nous avons recueiUi pour chaque plante tous les renseignements que nous avons pu obtenir, de manière et d'autre ; nous les avons groupés et nous avons essayé de les consigner dans une langue sans prétention, de façon à être compris par tous. Chaque monographie comprend la description, l'histoire, l'utihté, les propriétés, l'anthologie et les emblèmes de la plante prise pour sujet.

» Nous ne nous adressons pas aux savants ; nous offrons ces pages à ceux qui n'ont ni les moyens, ni le loisir de consulter les ouvrages scientifiques qui leur permettraient de reconnaître, lorsqu'ils les foulent au pied, les mignonnes créatures qui peuplent nos prés et nos bois ; nous offrons notre livre à tous les gens de bonne volonté qui ont besoin d'acquérir quelques connaissances sur la flore de leur pays. Et quels sont ceux qui n'en ont pas besoin ?

» Le cultivateur, l'homme de profession, l'artiste, le marchand, l'écrivain, la femme économe, pour ne nommer que ceux-là, ont tous besoin de se renseigner sur les plantes qui croissent dans leur contrée.

» Est-ce que cela sera admis ? nous ne le croyons pas. Il répugne, dirait-on, aux Canadiens-Français d'accorder quelques minutes de leur temps précieux pour une étude qui ne saurait les payer tout de suite, en argent ! Il leur répugne encore de troubler leur doux far niente pour courir les champs et cueillir des fleurettes. Nos hommes ont bien d'autres choses à penser.

» Ils sont de leur siècle, le siècle d'argent I

» D'ailleurs il en est de même pour la peinture, la littérature, la musique, l'astronomie, la chimie et les diverses branches de l'histoire naturelle.

» On ne doit rien faire sans l'espoir d'une rémunération immédiate et palpable. C'est parce que l'on est parvenu à ancrer cette idée dans le cerveau de la plupart desgens, qu'ils en sont arrivés à dédaigner les arts et les sciences. Nous aurons donc du bonheur si nous rencontrons une centaine de lecteurs désireux d'augmenter leur bagage de connaissances.

» Par le moyen de ce petit livre, avec l'aide des illustrations, le premier venu peut reconnaître les plantes dont nous parlons et, si le cœur lui en dit, s'il prend goût à cette étude, il n'aura qu'à se familiariser avec les éléments de la botanique et à herboriser.

» L'herborisation est nécessaire pour retirer quelques bénéfices

de cette étude et, comme elle est très agréable, on n'a pas de mal à s'y habituer.

» Pour aider les débutants et les empêcher de s'égarer dans les clefs analytiques qui sont d'un abord assez difficile, nous avons dressé un calendrier de la flore canadienne, basé sur les œuvres des abbés Provancher, Moyen et Orban, et sur nos propres observations. Le botaniste amateur trouvera peut-être, comme nous, qu'en diminuant le champ des recherches, ce calendrier permet d'arriver au but plus promptement.

» Pour terminer, nous prévenons le lecteur que la plupart de nos monographies ont paru, au complet ou par fragments, dans divers journaux et revues de cette province et de l'étranger, quelquefois sous notre signature, d'autres fois sous un pseudonyme ou même sans nom d'auteur. Nous en réclamons la paternité et nous désirons la conserver pour l'avenir. Tant pis pour nous si leur valeur n'est pas considérable. Nous les avons revus et corrigés dans la mesure de nos faibles connaissances et maintenant nous les laissons prendre leur vol définitif.

» Nous leur souhaitons, amis lecteurs, d'éveiller votre sympathie...

Page 1