PREFACE IX
populations qui n'y sont pas par leur libre choix, qui auraient préféré se rattacher à un autre groupement national. Ils leur doivent une bonne administration, tolérante et éclairée, qui se fasse accepter de tous en procurant les biens essentiels qui leur ont fait défaut sous la domination turque.
Je crois en avoir dit assez pour montrer l'intérêt que présente le recueil de M. Djuvara, les réflexions qu'il peut suggérer, les renseignements qu'on peut en tirer. Tous ceux que préoccupent, au point de vue historique ou politique, les problèmes soulevés par la question d'Orient, doivent lui être reconnaissants du travail énorme auquel il s'est livré pour rassembler ces projets épars dans de nombreux ouvrages, dans les bibliothèques de divers pays. Il ne s'agissait pas seulement d'une compilation, d'une réunion matérielle de ces projets ; il fallait les encadrer dans le milieu où ils se sont produits, les compléter par des références permettant au lecteur de se livrer à des recherches personnelles sur tel point qui l'intéresserait particulièrement. Ce travail a été fait avec un soin, une compétence, un tact, dignes de tous les éloges.
M. Djuvara ne s'est pas contenté de l'exposé de la situation territoriale de la Turquie à diverses époques telle qu'elle existait réellement ou telle que la concevaient les auteurs de projets; il a voulu traduire aux yeux cet exposé en nous donnant seize cartes qui vont de 1570 à 1913 et qui font ressortir nettement les changements projetés ou opérés. C'est un complément très utile des documents écrits.