Zinkeisen, V, p
4. Hurmuzaki, Vil, p. 157-161. — Cf. la lettre du 6 janvier 1775 de Kaunitz à Thugut sur l'annexion de la Bukovine à l'Autriche et sur la politique à suivre concernant les Principautés danubiennes, et la réponse de Thugut, datée de Constantinople, 18 janvier 1775 {Ib., p. 118-126).
écrit que sur celle surnommée la Sémiramis du Nord. Voltaire, qui fit sur elle le vers fameux :
C'est du Nord aujourd'hui que nous vient la lumière1
Diderot, d'Alembert et autres grands penseurs ont beaucoup contribué à la rendre universellement célèbre. « Il faut voir Catherine II de haut et de loin, comme toutes les grandes renommées et tous les grands monuments », a dit Arsène Houssaye2.
On reconnaît universellement que la Russie lui doit, en grande partie, son développement. Tout en étant allemande d'origine, elle sut s'assimiler les aspirations du peuple russe et continuer glorieusement l'œuvre de Pierre-le-Grand. Pour rappeler constamment le but qu'elle poursuivait, Catherine II avait pris l'habitude de ne pas donner de fruits après diner et de dire : « J'en suis fâchée, mais vous n'aurez de beaux fruits que quand j'aurai ma saison à Constantinople \ » Hélas! le soleil d'Orient, aux mirages décevants, n'a pas encore mûri ces fruits-là !
L'Empereur Joseph II \ fils de François Ier et de Marie-
i. On connaît moins la suite de cette Epître à V Impératrice de Russie :
On m'a trop accusé d'aimer peu Moustapha, Ses visirs, ses divans, son muphti, ses fetfa... Oui, je les hais, Madame, il faut que je l'avoue, Je ne veux point qu'un Turc à son plaisir se joue Des droits de la nature et des jours des humains. .. Tu venges l'univers en vengeant la Russie... Achève, Catherine, et rends tes ennemis, Le grand Turc, et les sots, éclairés et soumis.
Voltaire écrivait à Frédéric le Grand de Prusse, en novembre 1772 : « J'aimerais mieux que vous l'aidassiez (Catherine) à chasser du Bosphore ces vilains Turcs... Je voulais vous voir partager la Turquie avec vos deux associés. » {Œuvres de Fr. le Gr., t. XXIII.. p. 224.)
2. Les héroïnes de l'histoire : Catherine U (Le Journal du 19 octobre 1893).
3. Elle écrivait encore à Potemkin : « Je n'ai à ajouter aucune considération à tout cela, puisque je suis fermement résolue de faire seule tout ce qu'il faudra; quand le gâteau sera cuit, chacun prendra de l'appétit ».
4. Né en 1741, mort en 1790. — Cf. Rioust, Joseph II peint par lui-même, Paris, 1817, 2 vol.; Lettres de Joseph U, Leipzig, 1822, tr. en fr.. Paris,
Thérèse, prit Frédéric-le-Grand de Prusse comme modèle, sans toutefois l'égaler. Sentimental, idéaliste, volontaire et remuant, il était imbu des idées humanitaires des philosophes français, qu'il tâcha d'appliquer dans son Empire; il ne put, d'ailleurs, régner effectivement qu'après la mort de sa mère (1780), avec laquelle il ne s'entendait guère. Sous son règne des révolutions éclatèrent en Transylvanie, en Hongrie et en Belgique. 11 mourut attristé et découragé, en rédigeant luimême son épitaphe : « Ci-gît Joseph II, qui fut malheureux dans toutes ses entreprises. »
Sur Joseph II on cite deux opinions intéressantes. Frédéric de Prusse écrivait : « Ce jeune Prince affectait une franchise qui lui semblait naturelle; son caractère aimable marquait de la gaieté à beaucoup de vivacité; mais avec le désir d'apprendre, il n'avait pas la patience de s'instruire1. » Catherine II, de son côté, écrivait à Grimm, le 24 juillet 1780 : « Je ne finirais point si je me mettais à faire son éloge; c'est la tête la plus solide, la plus profonde, la plus instruite que je connaisse : morgue ! qui le devancera se lèvera de grand matin ! l » Comme commentaire à cet éloge, il faut
1822; Fr. de Smitt, Frédéric II, Catherine et le partage de la Pologne, Paris, 1861; Th. Juste, Joseph II, Verviers, 1883; Joseph H, Augsbourg, 1772; Lippe- Weissenfeld, Joseph Il geschildert, Leipzig, 1775; Versuch. ilber die Regierung Joseph H, 1788; Jos. II, Frankfurt, 1790; J.-G. Mensel, Ueber Kaiser Jos. H, Leipzig, 1790; Caraccioli, Vie de Joseph II, Amsterdam, 1790; Die Regierung Kaiser Joseph's II, Leipzig, 1790; Vita et fatti di Giuseppe II, Lugano, 1790, 2 vol. ; J.-L. Huber, Gesch. Kaiser Jos. Il, Wien, 1795,2 vol.; P.-P. Wolf. Geschichte Josephs II, Zurich, 1793; Ramshorn, Kaiser Jos. II und seine Zeit., Leipzig, 1845; C.-J. Heyne, Gesch. K. Jos. II, Leipzig, 1848, 2 vol.; G. 111e, K. Jos. II, Mùnchen, 1850; Rec. des lett. orig. de Jos. II au Gén. Alton, Paris. 1790; Corr. de Mercy-Argenteau avec Marie-Thérèse ; Arneth, Maria Th. und Jos. II, Wien, 1867, 3 vol.; Id., Jos. II und Katharina von Russland, Wien, 1869; G. Paganel, Hist. de Jos. 11, 1853; Arneth, Jos. II und Leopold II, Wien, 1872; Id., Gesch. Maria Theresas, Wien, 1863-1879, 10 vol.; Deer, Jos. Il, Wien, 1873; Id., Die Orient. Pol. Œsterreichs, Prag, 1883; A. Sorel, La question d'Or, au XV1I1* siècle.